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Lyon, Fondation Bullukian : « Arménie, les temps du sacré », un projet de Pascal Convert. Mars - Août 2024

Au centre des projets de Pascal Convert en Afghanistan ou en Arménie se pose la question de la destruction d’œuvres du patrimoine mondial, et leur place dans la mémoire collective


© DR
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Commissaire de l’exposition : Fanny Robin

Entre 2002 et 2006, les autorités azerbaïdjanaises ont détruit les trois mille khatchkars du cimetière chrétien arménien de Djoulfa. Les khatchkars, pierres dressées à croix réalisées entre le XIIe et le XVIIIe siècle avaient des fonctions votives, apotropaïques ou commémoratives.
Ne pouvant se rendre à Djoulfa, situé en zone de conflit armé, Pascal Convert, secondé par la société Iconem, a réalisé des empreintes de khatchkars dans des monastères arméniens majeurs, en particulier ceux de Geghard, Haghpat et Sanahin.

Poursuivant sa réflexion sur la temporalité de l’image dans des sites marqués par une présence spirituelle, Pascal Convert a mis en œuvre lors de son séjour une hybridation des techniques de relevé, des plus primitives - empreinte, photographie à la chambre - aux plus technologiquement avancées - comme la photogrammétrie.

La présence temporaire de bâches microperforées sur la totalité des murs de la cour d’honneur de la Fondation Bullukian, 26 place Bellecour à Lyon, a permis à l’artiste d’imaginer une installation immersive.

Il a choisi d’utiliser un ensemble de khatchkars se trouvant, inaccessibles, à flanc de montagne, sur le site du monastère de Geghard (Patrimoine mondial Unesco, https://whc.unesco.org/fr/list/960/). Grâce à la technique de la photogrammétrie, des images en haute définition reproduisant cet ensemble de khatchkars sont imprimées sur ces bâches et installées sur toute la hauteur de l’échafaudage (11 m de haut).

Au moment où la Panthéonisation de Missak Manouchian, et finalement de ses camarades de « l’Affiche Rouge », nous rappelle l’apport des résistants étrangers dans la libération de la France, pour quelques mois la place Bellecour accueillera une part du patrimoine arménien, rappelant sa richesse mais aussi sa fragilité au moment où s’installe une paix précaire entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan.

Pascal Convert

Portrait de Pascal Convert © Ale Ruaro
Portrait de Pascal Convert © Ale Ruaro
Fils d’une écrivaine et d’un peintre, Pascal Convert naît en 1957 à Mont-de-Marsan.
Il est à la fois plasticien, écrivain et réalisateur, et qualifie son travail d’archéologie de l’architecture, de l’enfance, de l’histoire, du corps et des temps.
L’artiste a placé les questions de la mémoire et de l’oubli au cœur de son œuvre. Au travers de ses œuvres plastiques ou de ses publications, il s’interroge sur ce qui survit à la destruction dans notre histoire récente.

Dans une présentation non exhaustive, nous pouvons notamment citer les projets suivants. En 1997, il est invité par Georges Didi-Huberman à participer à l’exposition L’Empreinte au Centre Pompidou. Le philosophe et historien de l’art lui consacrera plusieurs ouvrages et l’associera à de nombreuses expositions. En 2002 à Suresnes, sur commande du Ministère de la Défense, l’artiste inaugure un Monument à la mémoire des résistants et otages fusillés au Mont Valérien entre 1941 et 1944. Dans la continuité de ce travail, il réalise le documentaire Mont Valérien, aux noms des fusillés.

En 2007, il publie une biographie de Joseph Epstein, chef de file de la résistance communiste à Paris, fusillé au Mont Valérien en 1944.

En 2016, il est invité par l’ambassade de France en Afghanistan à commémorer le 15ème anniversaire de la destruction des Bouddhas de Bâmiyân par les talibans. L’artiste monte une mission avec le concours d’Iconem (spécialistes dans l’archéologie des zones de conflit) et laisse les images en libre accès à la communauté scientifique mondiale. Avec un appareil photographique robotisé, il réalise une «empreinte» de la falaise de Bâmiyân, lieu où les statues monumentales ont été sculptées il y a environ 1 600 ans.

En 2019, il présente Trois arbres à la Galerie Éric Dupont. Projet conçu à partir des écorces de bouleau du crématoire V d’Auschwitz-Birkenau, d’un cerisier atomisé d’Hiroshima et des arbres de vie en pierre des khatchkars arméniens.

En 2024, « année exceptionnelle pour l’Arménie en France »*, Pascal Convert propose à la Fondation Bullukian une œuvre inédite et monumentale réalisée à partir de ses photographies de khatchkars arméniens.
Il est représenté par la galerie RX&SLAG, Paris.

* Rima Abdul Malak, ancienne ministre de la Culture, en déplacement à Erevan en 2023.

Info+

Fondation Bullukian
26, place Bellecour
69002 LYON
www.bullukian.com
Informations & réservations : publics@bullukian.com
En accès libre dans la cour d’honneur

Pierre Aimar
Mis en ligne le Lundi 11 Mars 2024 à 23:52 | Lu 144 fois

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