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Cyrano de Bergerac, d'Edmond Rostand, avec Philippe Torreton au Théâtre des Salins, Martigues, du 19 au 22 mars 2014

Dans une mise en scène radicalement contemporaine et très réussie de Dominique Pitoiset, Philippe Torreton interprète, avec brio, Cyrano de Bergerac. Il incarne la force brute et sensible de ce poète fou, tendre et émouvant. Entouré d'excellents comédiens, il nous donne à voir une interprétation qui fera date. Magistral !


Cyrano de Bergerac, d'Edmond Rostand, avec Philippe Torreton au Théâtre des Salins, Martigues, du 19 au 22 mars 2014
Cyrano est comme un trait de flamme traversant le ciel théâtral – un coup de foudre. Une grande histoire d’amour, bien sûr, entre ses protagonistes – mais aussi, et au premier regard, entre une oeuvre et son public.
Dès sa création, l’oeuvre est déjà considérée comme un sommet du genre ; elle si romantique, cette enfant des longues rêveries d’un poète de vingt-neuf ans, est née classique, si l’on peut dire, sans discussion ni longue attente, comme Athéna jaillissant tout armée de la cervelle de Zeus.
Pourquoi donc Cyrano est-il cette pièce en laquelle tous, tout de suite, ont voulu se reconnaître ? Peut-être parce que ce chef-d’oeuvre de pyrotechnie verbale (où l’alexandrin dramatique, soit dit en passant, jette ses tout derniers feux) est comme un autoportrait assumé – et cela, jusque dans la caricature – de ce qu’il est convenu d’appeler “l’esprit français”.
Se mesurer à Cyrano, c’est vouloir approcher cet “esprit”, que ce soit pour le célébrer ou pour l’interroger. Rostand lui-même devait s’en douter, lui qui a convoqué dans sa “comédie héroïque” quatre siècles de souvenirs littéraires : la délicate casuistique amoureuse d’Honoré d’Urfé s’y mêle à la vaillance feuilletonesque d’Alexandre Dumas, et un dernier souffle de l’élégant enjouement de Regnard y anime on ne sait quelle secrète et lunaire mélancolie héritée d’Alfred de Musset.

Sans compter, bien entendu, le fantôme du véritable Cyrano, Hercule Savinien Cyrano de Bergerac, blessé en 1640 au siège d’Arras, auteur d’une comédie, d’une tragédie, et de deux romans de quasi science-fiction, qui fut le disciple de Gassendi, le plus célèbre épicurien de son temps, avant de mourir en 1655 à trente-six ans.

Mais le drame de Rostand ne reconstitue pas une époque : il la reconstruit et la rêve, pour y intégrer la biographie exemplaire et baroque d’un martyr de la vivacité, de la galanterie et de la verve “nationales”, perdant magnifique et d’autant plus fascinant que toutes ses qualités sont le fruit d’une sublime volonté d’art.

Informations pratiques

Théâtre des Salins
19 Quai Paul Doumer
13692 Martigues
tél 04 42 49 02 00
mercredi 19, jeudi 20 & vendredi 21 mars à 20:30
samedi 22 mars à 20:00
grande salle • durée 2:30
tarif 25€ • 15€ I 30€ • 28€ • 20€


Pierre Aimar
Mardi 21 Janvier 2014
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