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Accueil triomphal pour « Le Gorille », Ni homme, ni bête, au théâtre Toursky à Marseille

Le Théâtre Toursky, fidèle à son programme d’excellence, a programmé en février un spectacle adapté et mis en scène par l’immense Alejandro Jorodowsky, fabuleusement interprété par son fils Brontis Jorodowsky : « Le Gorille », adapté de la nouvelle « Compte-rendu à une académie » de Franz Kafka. L’accueil triomphal de la salle archi-comble du théâtre Toursky n’a pas démenti le succès avec lequel ce spectacle est accueilli partout où il est donné.


Accueil triomphal pour « Le Gorille », Ni homme, ni bête, au théâtre Toursky à Marseille
L’homme a-t-il oublié d’être un homme ? Par l’adaptation subtile et la sublime interprétation de l’œuvre de Kafka, les Jorodowsky père et fils questionnent l’homme. Dans la période actuelle, période charnière, folle et tourmentée, l’homme sociétal hésite, patauge, titube, oublie d’être ‘humain’. Humain ? Humaines les bombes pleuvant sur des hôpitaux ? Humain le spectacle de centaines de ‘radeaux de la Méduse’ que l’on contemple de loin ? Humain l’enfant que l’on raccompagne à la frontière, le clochard mort de froid, la petite vieille attachée sur son lit au fond d’un couloir d’hôpital ? Et si les animaux refaisaient surgir en nous une « humanité » ?
C’est l’histoire d’un gorille qui a si bien appris à devenir homme, parler comme un homme, penser comme un homme, marcher –pas tout-à-fait- comme un homme, qu’il en a oublié la liberté. Mais elle est là, enfouie dans sa mémoire. Peu à peu, la nostalgie l’envahit et cette nostalgie se propage à l’assistance. Qu’est-il devenu, « que sommes-nous devenus » ? Par le truchement de mots simples que la bête devenu homme nous adresse, Alejandro et Brontis Jorodowsky nous plaquent littéralement face à nos perversités. L’homme est perverti. Ni homme, ni bête, mais des êtres vivants à la dérive. Le chien attaché à sa chaîne ou attaché à son maître est-il plus heureux pour cela ? Est-ce cela notre conception de la liberté ? De la même façon que ce gorille sauve un peu de sa bestialité en se remémorant sa jungle natale, l’homme d’aujourd’hui devrait se souvenir de l’humanité en lui. Y réussira-t-il ?
Pas d’exagération simiesque, de l’humour, de la sobriété, une mise en scène brillante et une performance d’acteur magistrale pour une gifle monumentale donnée à l’homme par la bête.
Danielle Dufour-Verna


Danielle Dufour-Verna
Dimanche 4 Mars 2018
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