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6 au 9 mars. Du pain plein les poches. Création 2010 TNG / CDN de Lyon au Théâtre Nouvelle Génération / CDN Lyon

En septembre 2007, un chantier de réflexion autour de la notion de « théâtre intergénérationnel » s’est
amorcé au TNG/CDN de Lyon. Depuis, plusieurs rencontres ont eu lieu, réunissant notamment autour de
Nino D’Introna et Annick Bajard, des personnalités du milieu culturel (auteurs, metteurs en scène,
directeurs de compagnie, universitaires, dramaturges, journalistes).


Dialogues autour d’un « théâtre intergénérationnel »

Faisant suite aux premiers débats qui ont réuni Suzanne Lebeau, Philippe Dorin, et Stéphane Jaubertie
(auteurs), Johan De Smet (directeur et metteur en scène belge) et Pascale Platel (auteur et metteur en
scène belge), Susie Morgenstern et Sylvian Levey (auteurs), le Théâtre Nouvelle Génération poursuivra
en 2010 le dialogue entre des metteurs en scène et auteurs européens.
Pour cette nouvelle saison, le Théâtre Nouvelle Génération a souhaité renforcer les liens entre ces
dialogues et sa programmation. Chaque débat sera proposé avant la représentation, en présence de
l’auteur et du metteur en scène du spectacle. L’occasion pour les spectateurs d’une soirée où réflexion
théorique et proposition artistique se complètent et se répondent.
Deux soirées réuniront Fabrice Melquiot / Christian Duchange pour Le cabinet de curiosité
(anciennement M), et Matéï Visniec / Nino D’Introna pour Du pain plein les poches.

La pièce

Du pain plein les poches met en scène deux hommes dont l’esquisse nominale se réduit à un accessoire :
« chapeau » et « canne », et un chien invisible (mais parfois audible), puisqu’il est tombé au fond d’un puits. Le dialogue autour du puits (faut-il secourir la bête, et si oui comment et avec qui, sinon pourquoi et qu’en résultera-t-il ?), tour à tour amical, vindicatif, absurde, argumentatif, rassurant… tourne à la fable politique, sociale, humaine. La richesse symbolique de la pièce multiplie les possibilités de lecture, de l’histoire ancienne à l’actualité, et sa portée est celle d’une véritable tragi-comédie, dont la trame s’adapte à toute situation.

et son écriture…
Car c’est bien là l’un des mérites importants de l’art de Matéi Visniec : son écriture traduit à coup sûr une parfaite maîtrise du théâtre, qui plus est du théâtre moderne, utilisant les acquis du passé pour mieux en démonter les procédés, faisant intervenir des personnages en quête d’eux-mêmes, ne se berçant pas d’illusions et ne se privant pas de faire « réfléchir » le langage scénique sur lui-même, et ainsi de faire réfléchir le spectateur sur ce qu’il voit et entend. Mais surtout, c’est de la littérature, celle qui met l’homme devant lui-même, devant ses mensonges et ses vérités : de la littérature de tous les temps.
Jean-Pierre Longre (juillet 2004)

Jean-Pierre Longre, enseignant en littérature du XXème siècle à l'Université Jean Moulin Lyon effectue des recherches sur les littératures francophones (Roumanie, Belgique, Québec.)

Le mot de l’auteur

Cette pièce est née d’une petite histoire réelle…
J’étais, au début des années 80, professeur d’histoire dans un petit village de campagne, à 25 kilomètres de Bucarest. Pour aller à l’école, j’étais obligé de prendre, l’un après l’autre, le bus, le métro et le train, et les cinq derniers kilomètres, je les faisais à bicyclette. J’étais toujours terrorisé à l’idée d’arriver en retard et c’est donc pour cela que, un beau jour, passant devant le puits abandonné du village, j’ai été choqué en y découvrant un… chien vivant. Quelqu'un l'avait jeté là dedans, il aboyait en demandant de l'aide mais j'étais trop pressé pour faire tout de suite quelque chose… Je n’ai eu que le temps de voir qu’il était blanc. J’ai continué ma course pour arriver à l’école mais je me suis senti terriblement coupable toute la journée. Le soir sur le chemin du retour j’ai constaté qu’il avait été sauvé. Mais mon sentiment de culpabilité n’a cessé de grandir. Et j'ai eu, d'un coup, la révélation de la porté métaphorique de cette pièce : ce chien, c'était moi, ce chien c'était tout le peuple roumain enfermé dans la dictature et à demander inutilement de l'aide… J'ai commencé alors à écrire la pièce et en effet elle s'est écrit soimême
d'une seule traite… A quelques lignes de la fin je ne savais pas comment j'allais la finir et puis, d'un coup,
« l'étage métaphysique » de la pièce m'est apparu si clairement…
Voilà cette pièce de théâtre qui est née d’une histoire banale.
Nous vivons tous dans la cage de nos obsessions et de nos désespoirs. Qui a le temps de s’arrêter pour nous parler un peu, voici la question, une question apparemment mineure mais tellement importante.
Matéï Visniec


pierre aimar
Jeudi 14 Janvier 2010
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