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« Murmure des murs » au Toursky : « Une passe-muraille des temps modernes », par Pascale Robyn

Le public ne s’attendait certainement pas à vivre un tel moment d’enchantement en ce soir du mois de décembre au théâtre Toursky. Et pourtant….. C’est bien ce qu’il a vécu !


@ Richard Haughton
@ Richard Haughton
Le rideau se lève sur une scène parsemée d’objets hétéroclites : papiers plastic qui jonchent le sol, escabeau, parapluie, bottes, chaise, cartons …. signes que l’hôte de ces lieux est sur le départ.
Le décor est planté, ou presque…
Commence alors pour le spectateur un conte fantasmagorique mené tambours battants. Les cartons facétieux décident de faire disparaître tout ce que l’héroïne y entasse. Des escarpins rouges refusent de quitter les pieds de la dame qui s’évertue à les ôter. De la poussière tombe mystérieusement du plafond.
Le ton est donné ! Le public va entrer dans une quatrième dimension féérique et poétique lorsque des murs d’immeuble tombent du ciel pour créer un quartier provincial. L’actrice, gracile et aérienne se balade d’un immeuble à un autre, de la cave au grenier, traversant des murailles indicibles pour entrer par effraction dans l’intimité de personnages étranges qu’elle manipule jusqu’à en perdre le contrôle…
Elle pénètre partout : les portes, les fenêtres, les escaliers…..la solitude, la dépendance, l’addiction, la dépression dans laquelle elle flirte avec l’apesanteur lorsqu’elle danse dans le vide. Elle danse, elle danse…la danse d’une certaine réalité (sans plagier Alexandro Jodorowski) où elle manque de se noyer.
Un drame couve. Mais un compère veille, qui n’aura de cesse de la sauver de la noyade et de sa folie, provoquant les rires d’enfants grâce aux gags dont il ponctue le spectacle. Va-t-elle s’y perdre irrémédiablement.
Le final, grandiose, se termine dans un souffle,……le souffle d’un murmure.
C’est Aurélia Thierrée, accompagnée de ses comparses Jaime Martinez,Magnus Jakobsson et Antonin Maurel qui nous a gratifié d’un si beau moment de cirque poétique sur des envolées musicales et romantiques de Philip Glass. La conception et la mise en scène sont de Victoria Thierrée-Chaplin, la maman d’Aurélia et oui, la fille de Charlie Chaplin. Bon sang ne saurait mentir…..
Mais la ressemblance s’arrête là.
Le reste est une histoire de talents individuels au service d’une réussite collective époustouflante qui eut le don de ressusciter mon cœur d’enfant planqué depuis des lustres derrière l’adulte sage et discipliné. Merci.
Pascale Robyn

Prochain spectacle au Théâtre Toursky : Je reviens me chercher avec Smaïn le Samedi 9 janvier 2016 à 21 heures
www.toursky.fr


Pierre Aimar
Mardi 5 Janvier 2016
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