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Paris, Institut suédois : « France, Suède et Empire ottoman : alliances artistiques » - 12 juin - 1er novembre 2026

L'Institut suédois présente une exposition consacrée aux alliances artistiques entre la France, la Suède et l'Empire ottoman


Du 12 juin au 1er novembre, l’Institut suédois présentera une exposition consacrée aux alliances artistiques entre la France, la Suède et l’Empire ottoman. Au début du 18e siècle, ces relations diplomatiques favorisent de riches échanges culturels et ouvrent la voie à l'imaginaire. À travers peintures, dessins, estampes et aquarelles, l’exposition explore ces circulations artistiques entre les trois territoires.
Louis Nicolas de Lespinasse (1734 - 1808), En europeisk ministers måltid hos Storvisiren i Divanen [Trad. Un ministre européen prenant un repas chez le grand vizir, au Divan]. Photo Nationalmuseum, Stockholm
Louis Nicolas de Lespinasse (1734 - 1808), En europeisk ministers måltid hos Storvisiren i Divanen [Trad. Un ministre européen prenant un repas chez le grand vizir, au Divan]. Photo Nationalmuseum, Stockholm

Au 18e siècle, les relations entre Occident et Orient s’apaisent après de longs siècles marqués par les conflits armés. La France, la Suède et l’Empire ottoman s’allient contre les ennemis communs que sont la Russie et l’Autriche. Les échanges diplomatiques se structurent, des ambassades permanentes sont établies et les voyages deviennent plus accessibles. Dans ce contexte nouveau, une curiosité réciproque se développe : Européens et Ottomans s’observent et s’influencent mutuellement. Les artistes et intellectuels occidentaux se passionnent pour les costumes et les intérieurs ottomans, construisant l’image d’un monde idéalisé. La figure du sultan et la vie de cour inspirent la littérature, les arts visuels et les arts de la scène, tout en suscitant des discussions irriguées par l’esprit des Lumières.

L’exposition présente une sélection d’œuvres issues des collections de l’Institut suédois et de Nationalmuseum, Stockholm, qui illustrent ces circulations.

Le parcours chronologique s’ouvre avec deux tableaux réalisés par un peintre suédois à partir des œuvres de Jean-Baptiste Vanmour, qui accompagne l’ambassadeur de France en voyage à Constantinople (aujourd’hui Istanbul) en 1699. Ses vues de la ville, des cérémonies et de la population locale en vêtements traditionnels sont diffusées en Europe sous forme de gravures dans le Recueil de cent estampes représentant différentes nations du Levant (1714), marquant profondément l’imaginaire occidental.
Cornelius Loos (1686 - 1738), Interiör av lusthus nära Istanbul, 1710, [Trad. Intérieur d’un kiosque près d’Istanbul], Photo Nationalmuseum, Stockholm
Cornelius Loos (1686 - 1738), Interiör av lusthus nära Istanbul, 1710, [Trad. Intérieur d’un kiosque près d’Istanbul], Photo Nationalmuseum, Stockholm

L’exposition compte aussi plusieurs dessins de Cornelius Loos, officier ayant participé à une expédition commandée par le roi Charles XII de Suède, exilé dans l’Empire ottoman après avoir été vaincu par la Russie. Assigné à son campement, le roi prend le parti d’envoyer ses hommes dans le monde musulman pour le documenter. Les dessins de Loos offrent un regard remarquable sur l’architecture et les paysages de Constantinople, entre panoramas urbains, mosquées, palais et vues intérieures de la basilique Sainte-Sophie.

L’exposition aborde également le rôle des marchands et des interprètes dans les échanges culturels. Asmund Palm, directeur de la Compagnie levantine suédoise (Levantiska kompaniet), créée pour favoriser le commerce avec la France et l’Empire ottoman, fait réaliser des portraits de lui et de sa fille en costumes ottomans. Ignatius Mouradgea d’Ohsson, interprète franco-arménien auprès de l’ambassade suédoise, publie dans les années 1780 le Tableau général de l’Empire ottoman, où se dessine une approche érudite et documentée de l’islam, des lois et des institutions ottomanes. Des aquarelles originales réalisées pour cet ouvrage sont montrées dans l’exposition, représentant des scènes et intérieurs de la vie officielle à Constantinople.

Outre la Turquie et la Grèce actuelles, le vaste Empire ottoman englobe au 18e siècle une grande partie de la péninsule balkanique, du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord. L’islam est la religion dominante, mais d’autres croyances sont tolérées. Constantinople (qui deviendra Istanbul au 20e siècle) est la capitale, et la ville où réside le sultan.
Louis Nicolas de Lespinasse (1734 - 1808), Ett ämbetsrum i Finansdepartementet [Trad. Un bureau officiel au ministère des Finances]. Photo Nationalmuseum, Stockholm
Louis Nicolas de Lespinasse (1734 - 1808), Ett ämbetsrum i Finansdepartementet [Trad. Un bureau officiel au ministère des Finances]. Photo Nationalmuseum, Stockholm

Info+

France, Suède et Empire ottoman : alliances artistiques
12 juin - 1er novembre 2026

Institut suédois
11 rue Payenne
75003 Paris

Entrée au 11 rue Payenne

Ouverture du mardi au dimanche, 12h - 19h
Nocturne le jeudi jusqu'à 21h

Pierre Aimar
Mis en ligne le Mercredi 27 Mai 2026 à 04:55 | Lu 43 fois

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