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L'Opéra au Village, Pourrières - Var : Don Quichotte à l’Opéra au Village les 16, 18, 20, 22, et 24 juillet 2013


Pour en savoir plus

POURRIERES 2013
Après avoir exploré, l’an passé, les origines de l’opéra comique, l’Opéra au village vous emmène cette année aux sources de l’opérette. Une plongée dans le passé, mais avec un regard d’aujourd’hui. Ce faisant nous allons redécouvrir une œuvre qui a eu une certaine importance dans l’histoire de l’art lyrique, quoique bien oubliée : « Don Quichotte et Sancho » de Florimond Ronger dit Hervé. Mais ce ne sera pas la seule découverte de cette soirée.

HERVÉ (1825 – 1892)
Malgré un catalogue d’une bonne centaine d’opérettes ce « compositeur toqué », comme il se définissait lui même, n’eut jamais la notoriété de son collègue Offenbach, plus en vue à la cour impériale. C’est pourtant à lui qu’on doit l’invention du genre opérette et accessoirement de la musicothérapie, d’après nombre de musicologues.
Tout jeune organiste titulaire (à 14 ans) de l’église de Bicêtre, il avait sa chambre qui donnait au-dessus de la cour des aliénés de l’hospice. Quand le musicien jouait de l’harmonium, le directeur de l’établissement s’aperçut que ses patients étaient plus calmes. Florimond Ronger lui proposa d’animer un atelier. Ce qu’il fit avec succès. Ainsi naquit la musicothérapie. Avec les malades en 1842, il monta un spectacle qui plût beaucoup : « L’ours et le Pacha » vaudeville de Scribe pour lequel il composa une musique originale.
Comme le traitement de son emploi d’organiste ne suffisait pas aux besoins d’un jeune couple (il s’est marié à 19 ans), le jeune Florimond allait s ‘embaucher le soir comme figurant, chanteur ou musicien, dans les théâtres des grands boulevards dont le Montmartre (futur théâtre de Charles Dullin). Par discrétion il prit le surnom d’Hervé, du nom d’un jeune marquis de ses élèves. Plus tard il reprendra le thème de cette double vie de Maître de Chapelle le jour, artiste léger le soir, dans « Mamzelle Nitouche », sans doute son œuvre la plus connue. C’est au Montmartre qu’il fit la connaissance d’Aimable Désiré Courtecuisse, la vedette du théâtre à ce moment.

DON QUICHOTTE
Un jour de 1847, le chanteur vint demander à Hervé une saynète musicale pour une soirée donnée en son honneur. Courtecuisse était gros et court, Hervé grand et mince, Hervé choisit Don Quichotte et Sancho comme sujet. Un sujet plein de bouffonnerie qu’il nomma « tableau grotesque ». Au lieu de choisir des airs à la mode comme c’était le cas jusqu’à présent il composa une musique nouvelle qui s‘adaptait spirituellement aux paroles. A l’hôpital il avait pu tester cette idée nouvelle avec un pièce montée avec les médecins et les malades, « l’opéra de Bicêtre ». Les représentations de Don Quichotte au Montmartre connurent un joli succès qui attira l’attention d’Adolphe Adam, directeur de l’Opéra National. Il embaucha Hervé avec un nouveau Sancho qui deviendra son compère pendant de nombreuses années : Joseph Kelm. La première représentation eut lieu le 5 mars 1848 avec un orchestre de 85 musiciens. Puis, en pleine révolution, le spectacle quitte la banlieue en ébullition. Il reprend au Théâtre de l’Odéon. L’opérette était née.
Mais nous n’en resterons pas là.
Parmi les documents du fonds Hervé de la bibliothèque de l’Opéra se trouve, entre autres, un livret d’Hervé, complet, mais jamais mis en musique. Or il s’agit également d’un Don Quichotte : « Don Quichotte, berger, ou la nouvelle Arcadie », une pastorale comique en un acte.

LE SPECTACLE
Bien sûr nous n’avons pas pu résister au défi de présenter ces deux œuvres. Nous avons donc confié le livret posthume à Jean Michel BOSSINI, un talentueux compositeur contemporain qui accepta de relever le chalenge : écrire une partition originale, moderne, respectueuse de l’esprit du texte, des codes d’un genre tombé un peu en désuétude, une partition qui ne soit pas une parodie ou une imitation, ni opérette traditionnelle, ni comédie musicale, une écriture d’aujourd’hui sur un texte du XIXème. Et la « première opérette », comme un flash back, prendra tout naturellement sa place au cœur de cette création. En écho à cette modernité, la scénographie de Jean de Gaspary est conçue à partir de cette affirmation : Don Quichotte est passé par Pourrières.
Bernard Grimonet

Pierre Aimar
Mis en ligne le Dimanche 9 Juin 2013 à 21:57 | Lu 688 fois
Pierre Aimar

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