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Émouvante Mireille de Gounod dans la cité des papes. Une reprise qui tombe à pic. Par Serge Alexandre

Dans le cadre du 150e anniversaire de la création de l’un des chefs d’œuvre de Charles Gounod, l’opéra du Grand Avignon sous la houlette de Raymond Duffaut a eu la belle idée de retrouver la production de Mireille déjà vue à Marseille en mai 2009.


Quel plaisir de redécouvrir la très belle mise en scène de Robert Fortune : véritable invitation au voyage dans la Provence de Gounod et de Mireille ! Il s’appuie sur les lumières réussies de Jean-Michel Bauer évoquant à merveille les couleurs de la Provence en plein été. La mise en scène fonctionne toujours aussi bien sur un plateau plus exigu pour parvenir à son caractère magique dans l’ultime tableau avec ses centaines de bougies se baladant dans les cieux. Cette production bénéficie des sublimes décors de Dominique Pichou et très réussis costumes traditionnels de Rosalie Varda sous les yeux de la magnifique miss Avignon et sa dauphine parées d’habits provençaux dans la salle.

Une distribution de rêve

© Cedric Delestrade/ACM Studio
© Cedric Delestrade/ACM Studio
La distribution homogène d’excellents chanteurs français concoctée ici peut évoquer celle des chorégies d’Orange en 2010.
Le chef d’orchestre Avignonnais Alain Guingal donne une vision aboutie de l’œuvre qu’il connaît parfaitement. L’orchestre d’Avignon et l’excellence des choeurs font sonner à merveille cette musique mettant en lumière couleurs et contrastes désirés par le compositeur.

Dans le rôle-titre écrasant de Mireille, on redécouvre la soprano Nathalie Manfrino émouvante à souhait et en pleine possession de ses moyens. Elle est Mireille tant scéniquement que vocalement par une diction parfaite et un timbre de velours. Elle chante sans difficulté « Trahir Vincent… Mon cœur ne peut changer » et la terrible « scène de la Crau », véritable sommet lyrique de l’ouvrage. On ne voit pas qui en ce moment peut rivaliser sur le plan international avec la cantatrice.

À ses côtés, le Vincent du ténor Florian Laconi convainc sur le plan vocal : diction exemplaire et aigus faciles et ensoleillés d’une justesse irréprochable. Scéniquement, il apparaît un peu en retrait.
Le baryton Marc Barrard au sommet de sa forme compose un Ourrias de grande classe. Sylvie Brunet –Grupposo pourvu d’un timbre rare est une excellente Taven à la présence magnétique. Le Ramon sans faiblesses de Nicolas Cavalier et l’Ambroise exemplaire de Philippe Ermelier sont de belles satisfactions. La prometteuse Ludivine Gombert sait aussi tirer son épingle du jeu dans Vincenette qui sert de messagère à Taven après que Vincent ait été blessé par Ourrias, jaloux au Val d’enfer. Signalons enfin les belles prestations d’Aurélie Ligerot ( Andrelown), Clémence Olivier (Clémence) et Jean-Marie Delpas ( Le passeur).
Un fort bel anniversaire d’une Mireille décidément éternelle retrouvée dans ses terres à en oublier les représentations récentes de l’opéra de Marseille et surtout à l’Opéra Garnier sous l’ère de Nicolas Joel…
Serge Alexandre

Opéra d’Avignon
www.operadavignon.fr
Téléphone : 04 90 82 81 40.
Simon Boccanegra de Verdi les 20 et 22 mars à ne pas rater.


Pierre Aimar
Mardi 17 Février 2015
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