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frac franche-comté, expositions La répétition et Juste retour (des choses et des mots), du 15 février au 17 mai 2015

Sachiko Abe, Marina Abramovic, Francis Alÿs, Claude Closky, Jimmie Durham, Esther Ferrer, Augustin Lesage, Steve Mcqueen, Bruce Nauman, Roman Opalka, Régis Perray, Magali Sanheira, Alain Séchas, Pierrick Sorin, Jana Sterbak et Bernard Piffaretti


Jana Sterbak, Sisyphus, 1998, Collection Frac Haute-Normandie © Jana Sterbak, photo : Marc Domage
Jana Sterbak, Sisyphus, 1998, Collection Frac Haute-Normandie © Jana Sterbak, photo : Marc Domage
Le temps est une grandeur physique que l’on mesure en utilisant notamment la répétition de phénomènes naturels périodiques dont on connait la durée, ainsi, l’alternance du jour et de la nuit, le cycle des saisons ou les phases de la lune. Mais, comme chacun le sait, la perception du temps est aussi affaire de vécu. Dans son appréhension, convergent des données complexes d’ordre psychologique, physiologique ou culturel. Les notions de fréquence et de périodicité n’échappent pas à cette règle.
C’est pourquoi le Frac Franche-Comté, qui depuis 2006 construit sa collection et sa programmation autour de la question du Temps, consacre aujourd’hui deux expositions à la répétition.

La première, thématique, s’intitule tout simplement La Répétition, la seconde monographique, intitulée Juste Retour (des choses et des mots), est dédiée au peintre Bernard Piffaretti dont le Frac possède plusieurs œuvres.

Dans le champ culturel, la répétition est un terme polysémique évoquant tout à la fois une séance de travail précédant la représentation publique d’un concert ou d’une pièce de théâtre mais aussi une technique de composition employée dans de nombreux courants musicaux contemporains marqués peu ou prou par l’œuvre de Satie. Dans le domaine des arts plastiques qui nous occupe ici, la répétition évoque la citation, la copie, le double ou la sérialité. Les deux expositions proposées au Frac privilégient quant à elles ce phénomène dans sa dimension gestuelle et performative pour la première, et sous l’angle de la duplication pour la seconde.

La Répétition

La répétition fait l’objet d’appréciations contradictoires voire ambivalentes et c’est sans doute la raison pour laquelle elle fascine et passionne autant. Outre les chercheurs en médecine, physique, psychologie, neurologie, elle passionne les philosophes comme les écrivains ou les chorégraphes et naturellement les artistes visuels qui s’en sont emparés avec une « fréquence croissante » depuis le début du XXe siècle.
Dans les œuvres présentées au sein de cette exposition – produites pour l’occasion ou issues pour la plupart de collections publiques – la répétition se manifeste dans une fréquence quasi mécanique. Le geste est fastidieux, laborieux, saccadé et monotone. Il semble souvent inutile, voire absurde… Pour autant, ces œuvres relèvent autant de la tragédie que du rituel voire du jeu d’enfant, du burlesque que de l’implacable discipline des arts martiaux. Elles sont révélatrices de la façon dont aujourd’hui dans notre société, nous considérons notre propre corps. Elles nous renvoient à notre propre condition. Elles disent enfin beaucoup de la fonction de l’art et du positionnement de l’artiste qui, faisant le choix de cette méthode, oscille entre autodérision, dépassement de soi et distanciation. Ici réside en somme la beauté du geste.

Bernard Piffaretti, Juste Retour (des choses et des mots)

S’il est un peintre de la répétition, il s’agit sans conteste de Bernard Piffaretti. Sa méthode se résume en quelques mots : depuis le milieu des années 80, il duplique un même motif de part et d’autre d’un trait de partition central tracé au préalable sur le tableau. Ce faisant, l’artiste s’impose une contrainte, une règle du jeu qui lui confère la distance nécessaire pour se consacrer à son véritable objet : la peinture en elle-même.
Pour cette exposition, Bernard Piffaretti a choisi de regrouper pour la première fois un important ensemble de peintures réalisées entre 1986 et 2014. Toutes « thématisent la procédure du redoublement à l’aide, exclusive ou presque, de mots et de signes linguistiques »1. Ces peintures l’artiste les nomme « Métapeintures », autrement dit des peintures sur la peinture, des peintures « parlant » de la peinture.

Pratique

Frac Franche-Comté
Cité des arts / 2, passage des arts
25000 Besançon
+33 (0)3 81 87 87 00
www.frac-franche-comte.fr

du mercredi au vendredi de 14h à 18h
samedi et dimanche de 14h à 19h
fermeture le 1er mai, les 24, 25 et 31 décembre, le 1er janvier



Pierre Aimar
Jeudi 18 Décembre 2014
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