Un public fidèle et des décors parlants
On ne peut comprendre un spectacle ici sans regarder la salle. Les Marseillais possèdent leur opéra : le public y est connaisseur, passionné et d’une fidélité indéfectible. Venus pour vibrer et souffrir avec les personnages, ils insufflent une électricité dramatique que les artistes ressentent immédiatement.
Pour leur répondre, les décors d’Emmanuelle Favre ont fait le choix de l’épuration. Pas de fastes superflus, mais des lignes géométriques et des noirs profonds d'une efficacité redoutable. Le palais du Duc, sombre et oppressant, matérialisait la corruption de la cour, tandis que la maison de Rigoletto apparaissait comme un fragile refuge suspendu. Ce plateau libéré a sublimé le joli jeu des acteurs, fluide et viscéral, imposé par la mise en scène de Charles Roubaud.
Un chœur excellentissime et des voix habitées
Trésor de la maison, le Chœur masculin a encore été excellentissime. Parfaitement intégré au drame, d'une homogénéité et d'une précision de nuances absolues, il a incarné cette meute de courtisans cruels avec une cohésion millimétrée. Ce chœur n'est pas une masse statique ; c'est un personnage à part entière, un monstre collectif à plusieurs visages qui harcèle le bouffon et scelle le destin de l'innocente Gilda. Une performance collective grandiose qui confirme l'excellence de la maison.
On ne peut comprendre un spectacle ici sans regarder la salle. Les Marseillais possèdent leur opéra : le public y est connaisseur, passionné et d’une fidélité indéfectible. Venus pour vibrer et souffrir avec les personnages, ils insufflent une électricité dramatique que les artistes ressentent immédiatement.
Pour leur répondre, les décors d’Emmanuelle Favre ont fait le choix de l’épuration. Pas de fastes superflus, mais des lignes géométriques et des noirs profonds d'une efficacité redoutable. Le palais du Duc, sombre et oppressant, matérialisait la corruption de la cour, tandis que la maison de Rigoletto apparaissait comme un fragile refuge suspendu. Ce plateau libéré a sublimé le joli jeu des acteurs, fluide et viscéral, imposé par la mise en scène de Charles Roubaud.
Un chœur excellentissime et des voix habitées
Trésor de la maison, le Chœur masculin a encore été excellentissime. Parfaitement intégré au drame, d'une homogénéité et d'une précision de nuances absolues, il a incarné cette meute de courtisans cruels avec une cohésion millimétrée. Ce chœur n'est pas une masse statique ; c'est un personnage à part entière, un monstre collectif à plusieurs visages qui harcèle le bouffon et scelle le destin de l'innocente Gilda. Une performance collective grandiose qui confirme l'excellence de la maison.
Le plateau vocal a brillé par sa belle cohérence :
Sebastian Catana (Rigoletto) a campé un bouffon d’une profonde humanité, au timbre sombre et déchirant.
Ruth Iniesta (Gilda) a été une révélation de délicatesse, suspendant le temps dans un « Caro nome » d'une infinie poésie.
John Osborn (Le Duc de Mantoue) a apporté sa superbe technique et son aigu insolent à ce séducteur arrogant.
Patrick Bolleire (Sparafucile) et Deniz Uzun (Maddalena) ont complété avec relief ce casting habité.
Sous la direction nerveuse et attentive du chef Paolo Arrivabeni, l’Orchestre de l’Opéra de Marseille a soutenu ce plateau avec une remarquable attention aux voix, exaltant les dynamiques verdiennes sans jamais sombrer dans le fracas.
Sebastian Catana (Rigoletto) a campé un bouffon d’une profonde humanité, au timbre sombre et déchirant.
Ruth Iniesta (Gilda) a été une révélation de délicatesse, suspendant le temps dans un « Caro nome » d'une infinie poésie.
John Osborn (Le Duc de Mantoue) a apporté sa superbe technique et son aigu insolent à ce séducteur arrogant.
Patrick Bolleire (Sparafucile) et Deniz Uzun (Maddalena) ont complété avec relief ce casting habité.
Sous la direction nerveuse et attentive du chef Paolo Arrivabeni, l’Orchestre de l’Opéra de Marseille a soutenu ce plateau avec une remarquable attention aux voix, exaltant les dynamiques verdiennes sans jamais sombrer dans le fracas.
L'éclat de Maurel Endong
Dans cette architecture, le rôle du Comte Monterone est un pivot absolu. Bien que l'intervention soit tragiquement courte, Maurel Endong y a été tout simplement magnifique. Le baryton-basse a imposé une présence scénique magnétique et une voix richement timbrée, donnant à sa malédiction des accents d'une noblesse saisissante, un instant de pure vérité théâtrale. On aimerait le revoir rapidement à Marseille dans un rôle à la mesure de son talent.
En misant sur la vérité des voix et la sobriété de l'espace, l'Opéra de Marseille a offert à son public une lecture droite et bouleversante, fidèle à l'âme d'une ville qui vibre pour l'art comme nulle autre.
Danielle Dufour-Verna
Dans cette architecture, le rôle du Comte Monterone est un pivot absolu. Bien que l'intervention soit tragiquement courte, Maurel Endong y a été tout simplement magnifique. Le baryton-basse a imposé une présence scénique magnétique et une voix richement timbrée, donnant à sa malédiction des accents d'une noblesse saisissante, un instant de pure vérité théâtrale. On aimerait le revoir rapidement à Marseille dans un rôle à la mesure de son talent.
En misant sur la vérité des voix et la sobriété de l'espace, l'Opéra de Marseille a offert à son public une lecture droite et bouleversante, fidèle à l'âme d'une ville qui vibre pour l'art comme nulle autre.
Danielle Dufour-Verna


Un Rigoletto sobre et bien calibré à l’Opéra de Marseille
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