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Sam Szafran, 50 ans de peinture, Fondation Pierre Gianadda, Martigny, du 8 mars au 16 juin 2013


Chou, Atelier, Imprimerie, Escalier, Feuillage, ou la récurrence d’une thématique

Au départ, Sam Szafran s’essaie dans l’abstraction influencé par Nicolas de Staël et Jean-Paul Riopelle. La matière insolite et dense de Dubuffet l’intéresse aussi pour un temps. Pas à l’aise dans cette expression, il se tourne vers la figuration et connaît une période de grande misère jusqu’en 1965. Ses premiers pastels vers 1960 sont des « Choux » qui lui rappellent la cuisine du pays de son enfance, ses racines polonaises. Ce légume devient le prétexte de dégradés subtils, une métamorphose continue, une véritable activité organique.

Dès la fin du XIXe s. l’Atelier devient un lieu de création personnelle, on s’éloigne de l’Atelier du maître du XVIIe s. avec un foisonnement d’élèves et d’apprentis, chez Matisse et Picasso l’Atelier prend forme du peintre et son modèle. Les « Ateliers » de Szafran relèvent d’une grande théâtralité, meubles, tréteaux, cadres, s’enchevêtrent dans un intense désordre. Ils ont un goût d’Apocalypse, l’espace est bousculé, les encombrements surréalistes changent la perspective. Certains Ateliers semblent le lieu d’un drame passionnel auquel Szafran répond par ses alignements presque obsessionnels de bâtons de pastel. Les Ateliers de l’artiste entraînent le regard dans un décor labyrinthique qui apparaît comme la métaphore d’une enfance chaotique et dramatique.

L’aventure de l’Imprimerie Bellini, nommée ainsi par Szafran en hommage au peintre italien, débute en 1972 à la rue du Faubourg St-Denis. Il s’agit d’un atelier de lithographie créé par Szafran avec deux associés. Avec le fusain ou le pastel, Szafran détaille la grande verrière pyramidale, la haute machinerie de la presse avec ses engrenages et ses rouleaux encreurs, inlassablement, il reprend le sujet, épuisant un angle nouveau et une lumière différente.
Ces premières leçons d’abîme, Szafran les reçoit de cet oncle sévère, dans une cage d’escalier.
Il choisit ce thème « ..parce que c’était un problème à résoudre… », mais très vite l’Escalier devient un terrain d’expérimentation, une construction mentale.
Tout en courbes sinueuse avec une rampe comme une volute, des effets de plongée, des zooms avant, l’artiste se joue de la perspective jusqu’au vertige. Dans certains tableaux, ce vertige se traduit par un jaillissement de couleurs éclatantes en teintes pures. Des appels du vide traduits par des visions panoramiques délirantes.

Enfin le dernier thème : les « Feuillages ». La passion de Sam Szafran pour les plantes date de l’époque où il travaille quelque temps dans l’atelier de Zao Wou-Ki « j’étais fasciné par un magnifique philodendron qui resplendissait sous la verrière… ».
Jusqu’à l’obsession, Szafran dessine des serres envahies par des feuillages, un foisonnement de végétaux où apparaît en contrepoint Lilette en kimono assise sur une chaise ou un banc Gaudi.
Antoinette de Wolff-Simonetta

Pierre Aimar
Mis en ligne le Mercredi 26 Septembre 2012 à 04:04 | Lu 2264 fois
Pierre Aimar

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