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Pourrières (Var). L’Opéra au Village, un cloître, deux opéras, mille plaisirs

La Serva Padrone, Le Tableau parlant, deux opéras rarement montés qui ont la grâce d’un temps qui bruissait déjà des lourdes rumeurs qui emportèrent les privilèges


Deux opéras aux costumes éclatants et d'un goût exquis © Pierre Aimar
Deux opéras aux costumes éclatants et d'un goût exquis © Pierre Aimar
A Pourrières l’été, le cloître, sa chapelle et le couvent des minimes entrent en émoi : depuis huit années en effet, on y joue et chante l’opéra, pour le plus grand plaisir des habitants d’une région riche en festivals et concerts. Mais à Pourrières, c’est tout un village réuni autour du peintre Jean de Gaspary et dans le lieu dont il est le maître, qui fabrique chaque année ce petit morceau de gloire : un opéra au village, avec un véritable orchestre et de vrais chanteurs d’opéra.

Cette année deux œuvres au programme, la Servante maîtresse, (La Serva Padrona) composée en 1752 par Pergolèse; et le Tableau parlant de Grétry écrit en 1769 dirigés Luc Coadou. Ce qu’il faut aussi savoir c’est qu’à Pourrières et sous la houlette de Bernard Grimonet on se fait fort de dénicher des œuvres rares et peu connues et de les monter avec la complicité de Jean de Gaspary pour ces soirées d’été.

Cette servante maîtresse on le devine, fine et autoritaire mène son maître à la baguette et l’amène où elle le souhaite grâce à quelques ruses classiques. Quant aux personnages du Tableau parlant, ils pourraient venir de Molière ; la jolie Isabelle et le barbon amoureux Cassandre, Valère le neveu, le valet impertinent Pierrot et sa Colombine, si vive en rouge et blanc et petits cœurs. Bien classique histoire d’amour qui trouve son dénouement malgré ou grâce à la ruse du vieux barbon caché derrière un tableau. Les deux pièces se ressemblent et s’assemblent à merveille liées par les personnages de la comédie italienne et leur gaîté, liées surtout par l’amour trame de toutes les comédies et de tous les drames.

Sous la baguette de Luc Coadou joliment perruqué de blanc tout comme ses musiciens, sept chanteurs nous content ces histoires d’amour et de séduction, de maître et de servante, de qui mène l’autre par le bout du nez ; tout cela sur un ton léger et amusé propice aux envolées musicales, par les voix de Monique Borrelli, Catherine Bocci et Gwénaëlle Chouquet. N’oublions pas que si La Serva Padrona a donné naissance à la querelle des Bouffons, tout cela mène à la naissance de l’opéra comique et les deux pièces exécutées, par les mimiques et attitudes de Fabrice Alibert, le Pierrot amoureux de sa Colombine appartiennent incontestablement au genre naissant et demeurent tout teintés d’italianisme par le ton et les caractères des a mis Paris en émoi. Il s’y fait le défenseur de cet opéra buffa venu d’Italie face à la tragédie lyrique à la française.

A noter le raffinement des costumes créés maison, brillance des couleurs, choix de tissus tous venus de la Provence alentour, si créatrice d’étoffes colorées, brillant des soieries et taffetas à l’aspect nuancé et parfois charnu. Un véritable hommage à la création locale des tissus et aux couturières !
Gageons que la charmante petite cour du cloître des Minimes toute ravivée par la gaîté et la vivacité des musiques et des voix, par l’entrain des interprètes, l’éblouissement lumineux des couleurs, en a peut-être perdu sa gravité monacale et …son latin.
Jacqueline Aimar

Les délices d’une soirée baroque

L'église du couvent de Pourrières © Pierre Aimar
L'église du couvent de Pourrières © Pierre Aimar
La présentation à Pourrières de deux courts opéras, l’un de Pergolèse, La Servante Maîtresse et l’autre de Grétry, le Tableau Parlant, a donné lieu à une charmante soirée baroque.

D’abord sur la terrasse, sous les grands arbres, un joyeux repas d’été servi en grandes assiettes fraîches arrosées de vin frais et préparé par les organisatrices elles-mêmes, suivi d’un petit café qui annonce une longue soirée ; après une pause détente, on s’installe dans la cour du couvent des Minimes, joliment éclairée pour l’accueil des deux spectacles qui doivent s’enchaîner.
Côté jardin, l’orchestre en costume et perruque poudrée de blanc et sur scène une envolée de décor autour du haut portrait d’un homme en rouge.
La musique est là, vive et italienne ; mais c’est à un véritable ballet de costumes colorés que vont se livrer les acteurs tout d’or et d’orange vêtus, robes à corselets et paniers, jaquettes et culottes en accord, bas de soie et souliers à boucles.

La musique est au diapason, heureuse et pleine de vivacité. Les têtes bouclées et les visages mutins- ou grognons pour le barbon et le maître- alternent avec les sourires des jeunes filles, les mimiques du valet, dont les toilettes entre moire et satin luisent de tous les reflets du bonheur.
C’est une véritable soirée baroque et gaie, colorée, que nous offre cet opéra au village, qui a si bien trouvé sa place dans le cloître de ce couvent des minimes accoté à sa charmante chapelle toute ouverte sur le soleil couchant.
Pour le plus grand des plaisirs baroques.
J.A.

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Pierre Aimar
Lundi 6 Août 2012
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