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La Vie Encore… exposition dans 6 musées des Vosges. Un projet labellisé « Centenaire »

Dans le cadre du Centenaire de la Grande Guerre, 6 musées des Vosges s’associent et proposent un cycle d’expositions, se succédant d’avril 2014 à août 2015, avec l’École supérieure d’art de Lorraine, Épinal et les Éditions du Pourquoi pas.


Epinal, musée départemental d’art ancien et contemporain
Epinal, musée départemental d’art ancien et contemporain
Août 1914. La France est en guerre. Guerre totale qui n’épargnera, physiquement et moralement, ni les combattants ni les gens de l’arrière pendant ces quatre années interminables.

Dans les Vosges, six Musées de France, grâce à leurs expositions ont choisi de vous emmener avec cinq personnages dans cet arrière qui souvent ne l’est plus, où des gens ordinaires doivent s’adapter, faire des choix, vivre avec la guerre.
Chacun compose : l’enfant fait comme les grands, le luthier ou le musicien continue de créer, l’artiste peint en essayant d’oublier la perte, la femme à la maison écrit son journal avec lequel elle partage ses incertitudes, ses hésitations. Le passant dans les rues lit les affiches, compatit, décide…
Chacun ne peut ignorer la guerre : elle est en tout, même dans l’ironie, l’exaspération, le dédain… Chacun fait avec, comme il le peut.
Et chacun ne peut ignorer cette guerre, encore aujourd’hui : 5 étudiants de 2ème année de l’ÉSAL se sont intéressés au projet et participent aux expositions. Un livre écrit par Thomas Scotto et illustré par Zoé Thouron est édité par les Éditions du Pourquoi pas
(juillet 2014).

Mirecourt, Musée de la Lutherie • La Musique, Malgré Tout… du 12 avril 2014 au 29 mars 2015

Être luthier ou musicien en temps de guerre ?
Partons à la rencontre d’un soldat en première ligne dans les tranchées. Pour tenir, pour survivre, il « s’accroche » à ses arrières…
Entre deux montées au front, écoutons le violoniste Luc Durosoir et le violoncelliste Maurice Maréchal. Dans un camp de prisonniers en Allemagne, observons l’ébéniste Émile Remès fabriquer des instruments. À Mirecourt, avec Victor Joseph Charotte, découvrons comment fonctionnent les ateliers en période de guerre.
À Paris, suivons le déménagement des ateliers de luthiers vers le quartier du nouveau conservatoire et évoquons les compositeurs Igor Stravinsky, Éric Satie, Darius Milhaud et leurs amis peintres, écrivains et chorégraphes. Accompagnons le luthier François Delprato et ceux qui quittent l’Europe pendant la durée du conflit.
Le parcours se termine avec cette « lutherie de fortune » qui, aujourd'hui encore, est valorisée par certains musiciens.

Epinal, au Musée de l’image. • 14-18, L’enfant Découpait des Images et Paola De Pietri, photographies. du 26 avril au 11 novembre 2014

Entre 1915 et 1918, l’Imagerie Pellerin édite sa dernière grande série d’images, comportant feuilles de soldats, pantins et constructions illustrant la vie sur le front. Images pour jouer, elles racontent aux enfants le quotidien des poilus ; images de propagande, elles soutiennent aussi l’effort de guerre et donnent ainsi une image plus édulcorée des combats.
Les maquettes de l’exposition, décrivant une géographie des combats, évoquent aussi les temps de la guerre, le front et l’arrière, la vie des combattants et racontent une guerre totale, qui n’est plus une simple « bagarre » pour les enfants qui découpent les images.

En connivence, les œuvres de la photographe Paola de Pietri montrent d’autres paysages de la guerre de 14-18, ceux de la montagne près de la frontière italo-autrichienne. La nature y redevient sauvage et originelle et les traces des folies de l’homme s’atténuent pour peu à peu disparaître.

Saint-Dié-Des-Vosges, au Musée Pierre-Noël • Galerie de Portraits. du 17 octobre 2014 au 4 janvier 2015

Différentes destinées sont évoquées par les vingt portraits de gens simples et anonymes qui, pendant cette parenthèse de guerre se sont découverts, ont écrit leur vie quotidienne, leurs histoires…
Ainsi, les sœurs Colin, Germaine Stouls ou Clémence Martin-Froment, dont le journal intime nous livre un témoignage de la période d'occupation de son village Lubine, dans les Vosges.
Grâce à ces vies documentées par des témoignages personnels précieux, l’exposition fait le portrait d’une époque tourmentée, de la vie à l’arrière.

100 ans après la fin de la Grande Guerre, alors que les derniers survivants à ce conflit sont morts, que reste-t-il de ces différentes sources, quelle utilisation peut être faite de leurs témoignages et quels sont nos liens à ces mémoires ?

Remiremont, deux Musées, deux expositions.

Waidmann 1914, 1918 & Le Peintre et l'infirmière - Musée Charles Friry - du 8 novembre 2014 au 28 février 2015
Les peintures et les œuvres graphiques de Pierre Waidmann (Remiremont 1860-Neuilly 1937) nous décrivent la vie et les préoccupations de l’artiste pendant cette guerre. Le décès fin 1914 de son épouse, infirmière volontaire, affectera beaucoup l’artiste. Entre les circonstances tragiques et l’œuvre, des rapports se dessinent, plus importants qu'on ne pourrait le croire.

1914-1918, Les Artistes et la Guerre. A travers les collections permanentes des Musées de Remiremont - Musée Charles de Bruyères du 8 novembre 2014 au 30 avril 2015
Choisies dans les collections permanentes, les œuvres des artistes, Honoré Umbricht, Fritz Bürger, Edmond Bernardin, Jules Adler, Louis Guinguot, qui ont tous côtoyé la barbarie de cette guerre, ou bien les destinées d’un archiviste ou d’un historien d'art allemand racontent des histoires. Elles dessinent un voyage pictural parmi ces collections, des batailles jusqu’à la liesse populaire de l’armistice en 1918.

Epinal, au musée départemental d’art ancien et contemporain - « Arrête-toi, passant… ». Les affiches, soutiens de la grande guerre, de mai à août 2015

Pour atteindre la paix, il faut gagner la guerre.
Fleurissent alors sur les murs des villes et des villages des affiches. Des affiches d’information qui parlent de la revanche, annoncent des « Journées » organisées pour collecter des fonds, Journées du Poilu, des orphelins des armées… ou bien pour les « éprouvés de la guerre » ou les familles nombreuses en grande détresse.
Beaucoup de ces affiches incitent les Français à donner leur or ou à souscrire aux emprunts nationaux…
Ainsi, où qu’il soit, le passant est sollicité pour aider ceux qui sont à la guerre ou qui en sont les victimes.
Et chaque affiche semble dire : « Arrête-toi, passant… », comme un poignant appel au secours.


Pierre Aimar
Vendredi 28 Mars 2014
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