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La Cenerentola, de Rossini, à l'Opéra de Lyon du 15/12/17 au 1/1/18

Cendrillon a 200 ans et pas une ride


© Erik Berg, The Norwegian National Opera & Ballet
© Erik Berg, The Norwegian National Opera & Ballet

Créée le 28 janvier 1817, La Cenerentola est toujours une des œuvres les plus populaires de Rossini, entre rire et larmes. De fait, l’intrigue de ce dramma giocoso recourt à des personnages offrant de remarquables contrastes musicaux, de la tendresse d’Angelina au caractère bouffon de son beau-père, sans négliger l’oisiveté égoïste de ses sœurs et l’élégance raffinée du Prince.

Un conte de fées sans fée
Du conte de Perrault, le livret a retiré tout le surnaturel : pas de citrouille ni de bonne fée…, pas de marâtre, mais un « parâtre », pas de pantoufle mais un bracelet.
Cenerentola prend place dans la faste période Cenerentola prend place dans la faste période napolitaine de Rossini, véritable feu d’artifice créatif. Disposant d’une équipe de chanteurs talentueux, «il peut expérimenter à volonté (et) confectionne les formes dont l’opéra italien vivra plus d’un siècle », écrit Piotr Kaminski. En quelques années, il crée à Naples des œuvres comme Otello, Mosè in Egitto, La Donna del lago, s’offrant en parallèle dans d’autres théâtres des œuvres plus rares et plusieurs chefs d’œuvre : Il Barbiere di Siviglia (Rome), La Cenerentola (Rome encore),
La Gazza ladra (Milan)… Avec une productivité qui ne fait jamais défaut et laisse tout imaginer : ne dit-on pas que la partition de Cenerentola aurait été écrite en une nuit ? Ce serait plutôt trois semaines mais tant de verve tient déjà du prodige. Tout est virtuose ici, jusqu’au rondo final. Comme pour Le Barbier, la première est un échec. Comme avec Le Barbier, la suite est un triomphe.

Stefan Herheim metteur en scène éclectique et réfléchi
La mise en scène de cette Cenerentola du bicentenaire a été confiée à Stefan Herheim. Célébré trois fois
« metteur en scène de l’année » par la revue Opernwelt, il n’est pas inconnu du public lyonnais qui a pu applaudir sa Rusalka en 2014. Il y avait montré sa capacité à mettre le kitch au service du mythe, à créer un univers d’images colorées, flashy, pour distiller une vision grinçante, traduisant parfaitement la désolation d’une sirène naïve dans un monde hostile et brutal. Est-ce la promesse d’une Cenerentola dépoussiérée et loin des clichés ?
Toujours guidé par une réflexion approfondie sur l’œuvre, Stefan Herheim est un metteur en scène éclectique, capable de proposer des transpositions modernes comme des représentations en apparence traditionnelles, avec souvent d’étonnantes friandises visuelles.
Le metteur en scène norvégien ne croit pas au mythe de la « brave fille » que serait Cendrillon et, tout en gardant en tête le conte de Perrault, promet une héroïne plus sauvage et rusée aux antipodes de celle popularisée
– aseptisée – par Walt Disney. Sans oublier la présence de Rossini lui-même…
Jean-Marc Proust



Distribution

Direction musicale : Stefano Montanari
Mise en scène : Stefan Herheim
Décors : Daniel Unger, Stefan Herheim
Costumes : Esther Bialas
Lumières : Phoenix (Andreas Hofer)
Dramaturgie : Alexander Meier-Dörzenbach
Vidéo : fettFilm (Momme Hinrichs, Torge Möller)

Don Ramiro : Cyrille Dubois
Dandini : Nikolay Borchev
Don Magnifico : Renato Girolami
Clorinda : Clara Meloni
Tisbe : Katherine Aitken
Angelina sous le nom de Cenerentola : Michèle Losier
Alidoro : Simone Alberghini

Orchestre et Chœurs de l'Opéra de Lyon

Les dates

Vendredi 15 19h30
Dimanche 17 16h
Mardi 19 19h30
Jeudi 21 19h30
Samedi 23 19h30
Mardi 26 19h30
Jeudi 28 19h30
Samedi 30 19h30

Janvier 2018
Lundi 1er 16h


Jean-Marc Proust
Mercredi 8 Novembre 2017
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