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Jusqu’au 30 octobre 2010, Colin Painter, « identité (s) » à l'Abbaye-école de Sorèze (81)

Colin Painter propose au public sa vision de l’école. Regard à la fois tendre et amusé, interrogatif et critique, il pose, au travers de l’histoire qu’il parcourt, des interrogations sur l’avenir.
Le travail de Colin Painter est à la fois un hommage et un témoignage. Il cherche à retrouver les traces ténues de destins particuliers, de vies héroïques ou d’existences anonymes au travers de photographies, d’archives, de déambulations intimes.


Colin Painter « Une idée du lieu »

Car ici, tout est signe. Une pierre, une fenêtre, un couloir, une phrase sur un mur. Sorèze a la peau sensible des vieilles architectures. Elle porte en elle la trace des enfants qui ont vécu dans les dortoirs, qui ont pleuré leur solitude, qui ont ri dans les salles de classe des fanfaronnades de potaches, toutes périodes confondues. En témoignent les caricatures sur les cahiers d’écoliers, les regards sur les photographies de classe, les carnets de notes où se dévoilent les personnalités. Tel était bon élève, tel était timide, chacun suivant la voie qui lui avait été assignée. Ainsi Colin Painter compose-t-il un panthéon sensible, en écho à celui qu’offre la salle des Illustres.
Hommage et témoignage disions-nous, car le regard de Colin Painter est résolument ancré dans notre présent. Artiste anglais, il observe cette éducation dans la tradition anglo-saxonne du pensionnat. Il est aussi frappé par les destins des généraux d’Empire formés à Sorèze qui furent les ennemis de l’Albion. En artiste d’aujourd’hui, il rapproche les genres et les contrastes des éducations, passées et présentes, dans une mise en espace toute personnelle.
Beaucoup de Soréziens furent militaires, carrière de prestige plutôt passée de mode de nos jours. Mais quant est-il de notre société qui continue de proposer aux enfants mâles des jouets de guerre au travers de l’objet et des jeux vidéo ? Impossible donc de ne pas évoquer les conflits où meurent des enfants-soldats dans des divertissements qui n’en sont pas. Impossible de ne pas revenir, ne serait-ce qu’un instant, sur toutes les guerres dont les silhouettes figurent au panthéon des gloires de Sorèze.
Mais il y a aussi le regard tendre du professeur que fut Colin Painter, qui continue de s’interroger sur ce lieu qui fonde la personnalité : la première demeure. Pour beaucoup d’élèves de Sorèze, du XVIIIe au XXe siècles, l’école fut la maison où ils passèrent le plus clair de leur enfance. Certains y vécurent toute leur scolarité en revenant rarement chez leurs parents. Professeurs et camarades furent leur famille véritable. C’est sans doute ici que réside la raison de l’attachement si profond des anciens élèves de Sorèze pour leur école.
En prenant ce parti pris, Colin Painter prolonge celui qui a sous-tendu la philosophie du parcours d’interprétation de l’abbaye-école de Sorèze : rendre la sensibilité des lieux. Le travail de Colin Painter en sublime l’approche avec intelligence. Avec l’intelligence de la mémoire revisitée.
Brigitte Benneteu Conservateur départemental –Tarn

Abbaye-école
Rue St Martin
81540 SOREZE
05 63 50 86 38
Colin Painter, Détail d’une installation dans la première salle d’exposition
Colin Painter, Détail d’une installation dans la première salle d’exposition


pierre aimar
Jeudi 8 Juillet 2010
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