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Franc succès pour le premier festival Monumental Art Récup de Morzine, Haute-Savoie

Récupérer, recycler, réutiliser, donner une seconde (une troisième ? une énième ?) chance aux objets usuels, tels sont les thèmes de la première édition de Monumental Art Récup organisé par la station de Morzine. Un événement culturel et festif qui a connu un vif succès.


Le cœur de la belle station, agréablement piétonnier, est transformé en une vaste manufacture où artisans et artistes tiennent étals et ateliers de création. Le parvis de l’Office de tourisme (maître d’œuvre) propose la plus grande variété d’animations. Le Théâtre de la Toupine qui explore depuis 1977 les multiples facettes du spectacle vivant, offre aux enfants un extraordinaire manège composé de la « vach’avion », la « vach’ange », la « vach’abeille », la fusée bidons, la vache à roulettes, la vache quatre fers en l’air, la vache danseuse, la vache skateuse, la vache musicienne, la vache nageuse. Le tout construit de bric et de broc, récup’ oblige, et actionné par … les parents ! Un franc succès.
La Toupine c’est aussi un atelier de création in vivo. Tout au long des cinq journées on élabore un étrange animal à l’aide de bois flottés. Une gueule de loup immense prend forme et doit permettre aux enfants d’entrer et de jouer dans la gueule du loup. Tout un programme pour la fertile imagination des plus jeunes.

Au fil des allées on découvre divers métiers régionaux du tailleur d’ardoise à la préparation … des pains perdus (délicieux !), en passant par l’art et la manière de traire les vaches de race Abondance.
Délicieux patchwork dans lequel parents, enfants, touristes se glissent avec plaisir et ravissement.

Vulcain, Héphaïstos, et les maîtres de forges à l’œuvre

Plus bas, sur la vaste place de la Poste, le pôle artistique regroupe une quinzaine d’artistes spécialisés dans la création de sculptures à partir de matériaux récupérés.
« Bruits, fureurs et tremblement » sont souverains dans cet espace où la meule électrique, la scie circulaire, la soudure à l’arc sont les outils de base de ces modernes Vulcain. Mais à l’inverse du dieu Romain, ce ne sont pas des bijoux qui naissent de leurs doigts mais des sculptures monumentales autour du thème de la montagne, de l’eau et de la vie.
Créateurs et créatrices travaillent les matériaux les plus divers avec un incontestable savoir-faire. Ce sont des professionnels du récup’art et, au fil des cinq journées, leurs œuvres prennent peu à peu forme pour devenir de véritables chefs-d’œuvre.

Recyclage, l’exemple du restaurant la Fruitière

Le restaurant de La Fruitière est ouvert depuis décembre 2011. Cet établissement construit récemment fait large place au bois. Ce qui est normal dans cette station où tous les bâtiments – hôtels et chalets – respectent la tradition des façades en bois. L’originalité de l’architecture de La Fruitière réside dans l’utilisation exclusive de bois récupérés : vieilles charpentes réutilisées, planches d’affinage des fromages, entre autres. La salle principale est dominée par la blondeur des bois bruts et par une cheminée monumentale. Au sous-sol, une autre salle voûtée est séparée des caves d’affinage de la fruitière (nom régional des fromageries) par de vastes vitres.
Amateurs de spécialités gastronomiques savoyardes, la halte gourmande s’impose. Ne pas oublier de terminer le repas par un verre de liqueur de génépi (Recette ? 40 brins de génépi plus 40 morceaux de sucre dans de l'alcool à 40 ° pendant 40 jours).

Morzine, hiver-été, une station cossue

Ce qui frappe le nouveau visiteur est l’aspect cossu de l’ensemble des constructions à Morzine. L’or blanc n’est pas un vain mot et a permis l’édification de très beaux hôtels et chalets dans le style du pays. De plus, les grands groupes hôteliers ne sont pas présents dans cet espace de vacances. Les propriétaires d’hôtels sont des privés et en assument quotidiennement la gestion. Ce qui génère une rare et très agréable qualité d’accueil que l’on ne trouve plus depuis des lustres dans les « usines » à vacances des bords de mers chaudes, et dans certaines stations.
Pierre Aimar


Pierre Aimar
Mercredi 18 Juillet 2012
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Commentaires articles

1.Posté par HERNU Maxence le 20/07/2012 18:56
Bravo pour cet excellent article qui révèle une grande clairvoyance des enjeux des stations encore pilotées par acteurs économiques indépendants.
Leur volonté de s'entourer d'artistes vise à questionner leur avenir commun.

Maxence hernu

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