Sortir ici et ailleurs, magazine des arts et des spectacles

Membre du Syndicat de la Presse Culturelle et Scientifique (SPCS) et de la Fédération Nationale de la Presse Spécialisée (FNPS)



Exposition Les savoir-faire liés au parfum en Pays de Grasse du 14 décembre 2013 au 31 mars 2014

Le Musée International de la Parfumerie valorise à travers son exposition d’hiver, la candidature du Pays de Grasse au Patrimoine Culturel Immatériel de la France, puis de l’Humanité pour « Les savoir-faire liés au parfum » : la culture des plantes à parfum, la connaissance des matières premières et leur transformation, l’art de composer le parfum.


© DR
© DR
Pour mettre en valeur cet héritage, l’exposition se structure autour de ce triptyque, de l’alpha à l’oméga du parfum. Chaque volet présente de manière détaillée, ces savoir-faire ancestraux qui ont forgé, au fil des siècles, l’identité du Pays de Grasse, avec une mise en lumière toute particulière de ces femmes et de ces hommes détenteurs de connaissances exceptionnelles et toujours une volonté de transmission.

Un peu d'histoire

Séparé de la côte méditerranéenne par le massif de l’Estérel, le Pays de Grasse s’insère entre les Préalpes et la mer. Il bénéficie d’un microclimat exceptionnel, de sources en abondance et d’un cheptel considérable : dès le XIVème siècle, la tannerie en est l’activité principale.

Au XVIIème siècle, l’activité de la tannerie se renforce avec la mode des cuirs parfumés venue d’Italie. La corporation des gantiers-parfumeurs est ainsi créée. Les gantiers sont approvisionnés en huiles essentielles par les paysans, qui distillaient sur place les plantes aromatiques sauvages. Cette collaboration constitue l’amorce de l’interdépendance constante, vivace aujourd’hui encore, entre cultivateurs et parfumeurs.

Au milieu du XVIIIème siècle, la ganterie disparaît au profit de la parfumerie. La transformation des matières premières naturelles évolue : elles sont traitées en usine, supplantant une longue tradition de distillation sur les lieux de culture, dans des alambics familiaux servant également à la production d’alcools.

C’est dans la première moitié du XXème siècle que la culture des plantes à parfum connaît son apogée : près de 2000 hectares sont cultivés dans le Pays de Grasse (800ha de jasmin, 700ha de roses, 65ha de tubéreuses, et de nombreuses cultures d’orangers, de violettes, de verveine, de menthe…). Entre 1900 et 1923, la récolte de jasmin passe de 200 tonnes à 1300 tonnes. C’est à cette époque que l’usine Chiris crée des filiales dans le monde entier, exportant ainsi les savoir-faire locaux en matière de culture des plantes à parfum et de traitement des matières premières naturelles. Parallèlement, des recherches sur les plantes à parfum sont lancées dans le Jardin d’essais créé à Grasse en 1927. En 1932, il est repris par l’INRA d’Antibes et la Chambre d’agriculture des Alpes Maritimes, jusque dans les années 1980.

Depuis les années 1970, la transmission de la culture de plantes à parfum est fragilisée du fait de la mondialisation. Face à la menace de disparition de ce savoir-faire, les cultivateurs du Pays de Grasse font acte de résistance en s’appuyant sur la coopérative Cooparfum pour vendre leur production aux usines du Pays de Grasse (Grasse, Le Bar-sur-Loup, Vallauris) et en se regroupant au sein d’associations comme Fleurs d’Exception.

Depuis les années 2000, on constate un nouvel élan autour d’une vision nouvelle des modes de productions de matières premières naturelles, ainsi que l’amorce d’un travail de conservation d’un patrimoine végétal
menacé. Aujourd’hui, environ 40 hectares de plantes à parfum sont encore cultivés dans le Pays de Grasse
par des agriculteurs motivés, soucieux de transmettre leurs savoir-faire.

La culture des plantes à parfum est le premier volet de l’exposition

La culture des plantes à parfum a sculpté le paysage olfactif du Pays de Grasse et a contribué à son identité. Les trois fleurs emblématiques du Pays de Grasse y sont cultivées depuis le XVIIème siècle : rose, jasmin, tubéreuse, auxquelles s’ajoutent principalement la violette, la fleur d’oranger, le mimosa et l’iris.

La spécificité du Pays de Grasse repose sur un ensemble de terroirs différents, rassemblant trois critères fondamentaux pour la culture des plantes à parfum, dans une heureuse conjugaison : ›Les sols ›Les climats ›Les savoir-faire liés à l’histoire et à la mémoire transmise.

A chacune des plantes constitutives de l’identité du Pays de Grasse correspond un terroir, au sens agronomique et climatique bien défini. On parle de zones et de quartiers de production.

Le cultivateur sélectionne les plants en fonction de leurs qualités olfactives et veille à leur développement optimal, dans les meilleures conditions de culture : amendement et drainage du sol, période de plantation, ensoleillement, humidité, conditions de culture, greffe des sujets, hivernage, bouturage, taille… C’est le cultivateur qui décide du début de la cueillette, en fonction de la maturité des fleurs.

La cueillette des fleurs est exclusivement manuelle -la cueillette mécanisée du jasmin a été tentée mais ne s’est pas révélée probante- essentiellement réalisée par des femmes (les hommes travaillant dans les usines). Elle requiert un savoir-faire que les cueilleurs et cueilleuses ont appris de leurs ascendants et transmettent aux jeunes générations : horaires de cueillette pour obtenir une odeur parfaite, techniques pour ne pas abîmer la plante, utilisation du tablier ou du panier en fonction de la fragilité de la fleur… La cueillette de la rose a lieu de mai à juin. Elle commence dès l’aube avant qu’il ne fasse trop chaud. La fleur est alors fraîche et gorgée de rosée. Les cueilleuses récoltent chacune entre 10 et 20 kilos de pétales de rose, ou 4 kilos de fleurs de jasmin, chaque jour. Pour les roses, elles portent des paniers ou de grands tabliers. Elles en remontent les bords qu’elles fixent à la taille pour pouvoir accumuler les fleurs cueillies avant de les réunir dans des corbeilles. Les corolles des violettes et les fleurs des tubéreuses sont, elles, placées dans des petits paniers attachés à leur taille. Les fleurs de jasmin, très fragiles, sont placées dans de vastes paniers recouverts d’un linge humide pour éviter qu’elles ne se dessèchent.

Renseignements pratiques

Musée International de la Parfumerie
2 boulevard du Jeu de Ballon
06130 Grasse
Tél. +33(0)4 97 05 58 00
www.museesdegrasse.com
Horaire (octobre/mars) :
11h -18h
Fermeture mardi (sauf en avril), 25 décembre,1er janvier
Tarifs
Plein tarif : 4 euros
Demi-tarif : 2 euros, accordé aux groupes (plus de 10 personnes) et étudiants
Gratuité : moins de 18 ans, chômeurs, personnes handicapées.


Afficher Musée International de la Parfumerie sur une carte plus grande


Pierre Aimar
Mercredi 27 Novembre 2013
Lu 120 fois


Nouveau commentaire :


Dans la même rubrique :
1 2 3 4 5 » ... 202





Inscription à la newsletter







Un Ovni dans le ciel d'Arles...