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Exposition Égarement, domaine départemental du château d’Avignon, en Camargue, du 15 juin au 20 octobre 2013

« Le Temps nous égare / Le Temps nous étreint / Le Temps nous est gare / le Temps nous est train » Jacques Prévert


Martine Feipel et Jean Bechameil Many Dreams,Technique mixte, dim. variables, galerie Gouvernnec Ogor, Marseille
Martine Feipel et Jean Bechameil Many Dreams,Technique mixte, dim. variables, galerie Gouvernnec Ogor, Marseille
Le domaine du château d’Avignon participe de l’environnement particulier de la Camargue, de sa situation de confins et de sa géographie indécise, entre terre et mer, propice à la perte de repère…

Le domaine est aussi un lieu singulier où l’obsession du progrès et de la technologie livre un lieu plus rêvé que vécu, une Utopie au sens littéral du terme, « en aucun lieu ». Cette villégiature figée dans ses décors luxueux et vidée de ses usages et de ses habitants apparaît comme un site qui prédispose aux interrogations, aux fictions et aux allers et retours de la mémoire.

Comme un écho au récit d’Ulysse et à sa tentative, chaque jour réinventée, de se remémorer sa patrie, ses racines et sa propre histoire, le château d’Avignon nous invite à remonter le cours du temps, à pister la mémoire évanescente qui parcourt les murs et s’inscrit en filigrane des bâtiments. Derrière la rationalité de ses systèmes techniques d’autrefois, derrière les références intimidantes de ses décors bourgeois, il dissimule la fragilité étrange des êtres égarés. Sa réalité s’appréhende inévitablement par le filtre du déplacement, de la traversée, et de l’errance.

Dans le parc et à l’intérieur du château, l’exposition interrogera la notion d’égarement dans ses multiples dimensions, aussi bien géographiques que temporelles ou mentales. Elle explorera la relation infiniment riche qui en découle et se loge dans les interstices du réel, entre raison et déraison, passé et présent, réalité et illusion. Car, loin d’être un échec ou une impasse, l’égarement est un chemin de turbulences et d’incertitudes qui mène toujours quelque part et ouvre à de nouvelles façons d’appréhender le réel. Tout comme la déambulation enclenche la pensée, l’imaginaire et le récit, l’égarement peut conduire à comprendre, se retrouver et à ré-enchanter le réel. C’est une béance par laquelle le rêve pénètre la réalité pour en faire un territoire de simulacres et la matière de subtiles constructions fictives. Le parcours proposé, sinueux et démultiplié par l’imaginaire des artistes d’aujourd’hui, cultivera l’art de se perdre. Comme un voyage aventureux, initiatique et explorateur, il éprouvera le visiteur dans ses repères, proposant des expériences, opérant la confusion des sens et provoquant apparitions et disparitions. Des perspectives qui basculent, un instant qui s’étire ou s’accélère brusquement, des objets qui s’animent, des jeux de reflets et d’illusions l’entraîneront dans une immersion troublante, poétique et parfois inquiétante.

Composée d’une cinquantaine d’oeuvres, dont certaines produites à cette occasion, l’exposition associera sculptures, peintures, installations, dessins, photographies, oeuvres sonores et films en un champ de résonances multiples, faisant cheminer en parallèle des horizons esthétiques différents, et empruntant à la création contemporaine comme aux cultures populaires et à l’art brut.

Aux côtés des oeuvres empruntées à d’importantes collections publiques françaises (FNAC, FRAC etc..), des commandes réalisées in situ seront, pour chacun des artistes invités, l’occasion d’habiter un espace du château et de déployer un univers créatif dans une proximité féconde et souvent inattendue avec le patrimoine.


Pierre Aimar
Mardi 9 Avril 2013
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