Sortir ici et ailleurs, magazine des arts et des spectacles

Membre du Syndicat de la Presse Culturelle et Scientifique (SPCS) et de la Fédération Nationale de la Presse Spécialisée (FNPS)


Carnet de voyage au Mexique (12-27 mai 2014) par Alain Brunet, trompette

Les hasards des calendriers font que deux semaines après notre retour de l’Océan indien, je suis reparti au Mexique en solitaire ; j’étais en effet invité à donner dans l’Etat de Véracruz six concerts et une master class avec le trio de l’excellent pianiste mexicain Edgar Dorantes ; le quartet ainsi constitué devait en principe jouer une musique plus traditionnelle que celle d’Akpé Motion ; d’aucuns diraient du jazz/jazz !


La cathédrale de Puebla vue du toit de l'hôtel Colonial © Pierre Aimar
La cathédrale de Puebla vue du toit de l'hôtel Colonial © Pierre Aimar


Tout était très bien parti ; le vol Air France du 12 mai pour Mexico n’était pas plein ; je disposais d’un siège libre au pont supérieur du Boeing 747, ce qui est toujours appréciable quand le vol dure plus de 11h.
Arrivée à l’aéroport à l’heure dite sous la pluie, transfert à l’hôtel Holiday In de l’aéroport, dîner avec Alice Martin fille des bons amis de Perpignan qui travaille pour l’antenne mexicaine de Sanofi, nuit convenable grâce à la mélatonine et départ en bus le lendemain à midi précise pour la ville de Xalapa dans l’Etat de Véracruz.

C’est à partir de ce moment que les aventures commencèrent : j’avais choisi un siège en fond de cabine pensant dormir tranquillement : double erreur à mettre sur le compte de mon inexpérience des transports en car : les toilettes étaient à côté du siège donc va et vient incessant de voyageurs et bouffées odorantes lors de l’ouverture et de la fermeture des portes ! Et surtout, un fort ressenti des a coups provoqués par une chaussée approximative durant au moins 250 kms, les derniers 150 kms étant convenables ; en prime, pour ces 4h 25 de voyage, des écrans de télévision diffusant des films avec un volume sonore à la limite de l’acceptable.
Heureux d’arriver à Xalapa et attendu par Edgar, je prenais possession de ma chambre dans ce bel hôtel du centre ancien Posada del Cafeto. Un tour de ville à pied pour se dégourdir les jambes et je me retrouvai à Jazzuv le département jazz de l’université de Véracruz pour assister à un concert de jazz traditionnel de belle facture sous la direction de Raoul Guitterez, saxophoniste chilien, ayant vécu à Lyon dans les années 70.

Le lendemain mercredi 14 dure journée : Master class à Jazzuv de 10h à 14h (avec pause heureusement pour un thé et des gâteaux) puis répétition avec le trio d’Edgar, interviews, et enfin concert le soir dans une superbe galerie liée à l’université ! Vive la mélatonine !!

Xalapa, 700 000 H, est une ville située à 1200 m d’altitude, à flan de colline ; capitale de l’Etat de Véracruz, cette ville universitaire a beaucoup de charme ; la température oscille en ce mois de mai entre 10° durant la nuit et 24° dans la journée ; je dois dire que le temps pluvieux subi les trois premiers jours a justifié le choix du pull over et de l’imperméable!

Notre deuxième concert à La Tasca, club de jazz typique de la ville dont le patio était ouvert, nécessitait veste voire pull over… Nous avons commencé le concert à 22h45 pour le terminer à 1h15 sans pause! Heureusement, la superbe ambiance et l’accueil très chaleureux du public ont largement réchauffé l’atmosphère. Dîner ensuite comme le veut la tradition, et je n’étais pas au lit avant 3h du matin ; vive la mélatonine !

D’autant que le départ vendredi matin en voiture confortable cette fois, était prévu à 10h pour Puebla située à 2h1/2 de route de Xalapa où nous jouions le soir même.

Puebla, 3 millions d’habitants, 2200 m d’altitude, (dur de souffler bien et longtemps à cette altitude) est à 125 kms au sud ouest de Mexico ; le centre-ville est inscrit au patrimoine mondial de l’humanité pour la qualité architecturale des bâtiments publics comme privés.

Pour ce déplacement, la voiture de José Luis, ami d’Edgar avait été mobilisée ; confortablement installé à l’arrière, j’ai dormi l’essentiel du trajet et suis arrivé plutôt en forme pour assister au début de la master class de la nouvelle star newyorkaise du saxophone, la chilienne Melissa Aldana, 24 ans accompagnée de Francisco Mela batteur cubain qui vit aussi à NYC.

J’avais eu l’occasion de les rencontrer en octobre 2013 lors de notre concert avec Akpé Motion au festival Jazzuv de Xalapa. J’avais aussi eu le plaisir de jouer avec F Mela, batteur exceptionnel en 2011 après l’avoir vu en Espagne aux côtés de Quincy Jones lors d’une tournée européenne de celui-ci.

Cette master class se déroulait dans un magnifique auditorium situé sur la colline dominant la ville, là ou l’armée française mobilisée par Napoléon III a été vaincue par l’armée mexicaine en 1863 ! Un monument témoigne d’ailleurs de ce fait d’armes ! Un déjeuner pris en commun s’en suivit ; le restaurant de l’hôtel Colonial, au charme fou selon Pierre Aimar qui le connaît bien, et où nous avions pris nos quartiers, est réputé pour le Molet spécialité locale… J’ai pour ma part fait le choix prudent du poisson compte tenu du caractère très épicé du dit Molet !

Le temps d’une trop courte balade dans le centre ancien, nous sous retrouvions à La Casa del Mendrugo, restaurant occupant un patio du 18ème siècle et jazz club tous les vendredi ! Superbe lieu à l’architecture et l’acoustique de qualité ; après un sound check approximatif, nous donnions un concert devant une assistance enfin nombreuse et…conquise ! Intermède claquette avec Oriana, vénézuélienne aux jambes magnifiques moulées dans un collant noir, puis chaleureux dîner d’après concert.
A noter un tirage au sort en fin de concert pour gagner des CD d’Akpé Motion et d’Edgar Dorantes, de multiples photos, des embrassades à la mexicaine….

Retour cool à Xalapa samedi matin sous un beau soleil ; même scénario qu’à aller : j’ai dormi l’essentiel des deux heures et demi du trajet illustré par quelques mini tornades dites « de chaleur » dans le vaste paysage qui s’offrait à nous.

Dernier concert de la semaine hier soir samedi à la Cabana de Ali que le taxi a eu le plus grand mal à trouver ! Il est vrai que ce restaurant à proximité d’une bretelle d’autoroute sur laquelle on dispose d’une vue imprenable au premier étage, n’a pas choisi le meilleur emplacement de la ville ! Le propriétaire est iranien, chaleureux, élégant même, et généreux.

Emiliano Coronel, le bassiste était malade vaincu par le mélange Molet et spécialités mexicaines absorbées au petit déjeuner ; pour autant il joua magnifiquement! Notre dernier concert de la semaine reçu le même accueil que les précédents ce qui nous fit chaud au cœur et justifia les nombreuses embrassades et toast d’après concert. Fin de partie à 2h du matin ; vive la mélatonine !

Suite des carnets au terme de la deuxième semaine mexicaine.
Alain Brunet
18 mai 2014


Pierre Aimar
Jeudi 22 Mai 2014
Lu 247 fois


Nouveau commentaire :


Dans la même rubrique :
1 2 3 4 5 » ... 27



Inscription à la newsletter

Festivals 2018, cliquez sur l'image pour télécharger le magazine



9 114 114 pages lues au 18/11/18 sur votre site !

9 114 114 pages lues au 18/11/18 sur votre site !
.
Sortir ici et ailleurs / arts-spectacles.com a franchi récemment le cap des 9 000 000 de pages lues. Les chiffres ronds sont sympas mais le chiffre 9 114 114 a une résonance musicale chatoyante.

Photo P.A. : Bonaparte à Valence ne lisant pas Sortir ici et ailleurs