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Alain Brunet et Akpé Motion, carnet de voyage n° 7 - la Polynésie française, novembre 2014

Cette dernière semaine de concerts, la 7e depuis le début de la tournée, a commencé avec le vol Tahiti-Huahine via Bora Bora.


Alain Brunet et Akpé Motion, carnet de voyage n° 7 - la Polynésie française, novembre 2014
Air Tahiti a la monopole du transport aérien inter-îles dans cet archipel immense, la Polynésie française, dont on ne dira jamais assez qu’il y a la même distance pour aller des Marquises à Rapa, île des Australes, qu’il y en a pour aller de Stockholm à Athènes. Sacré challenge pour une compagnie aérienne fut-elle en situation de monopole, compte tenu du nombre d’îles à desservir et des distances à parcourir.
L’ATR 72 affiche complet pour ce vol qui se pose en premier lieu à Bora Bora dont l’aéroport, qui fut le premier de Polynésie, se trouve sur un motu [très petite île habitée ou non]. Superbe vue sur Bora et sa colline, photo fétiche des agences de voyage du monde entier ; il n’y a plus qu’Akpé Motion dans l’avion avant que quelques personnes ne nous rejoignent pour Huahine. Le vol entre Bora et Huahine ne dure que 10mns car les îles sous le vent (Huahine, Bora Bora, Raiatea, Tahaa) sont relativement proches les unes des autres.

Comité d’accueil à l’aéroport de Huahine :

nous sommes fleuris selon la tradition puis voiturés jusqu’à l’hôtel Lapita, hôtel de construction récente composé de bungalows disposés autour d’un étang recouvert de nénuphars. Somptueux ! Je dispose d’un bungalow quand les amis musiciens et nos deux lycéens qui gèrent la sonorisation du groupe sont à deux ou trois par bungalow…privilège de l’âge !!
Réveillé tôt ; c’est ainsi sous les tropiques !
Bain dans le lagon puis dans la piscine afin de se dessaler entre 6h et 6h30 ; quel bonheur ! A 7h30 nous voilà embarqués dans la voiture du principal du collège de Huahine pour nous acheminer vers une salle polyvalente où, à 9h, nous devons donner concert pour 300 collégiens.

Cette salle très polyvalente a la particularité de disposer d’un sol en sable blanc de plage sur lequel s’entraîne l’équipe locale de Beach soccer. Je suis un peu contrarié car il y a aussi du sable sur la scène ! Et nous savons tous que le sable n’est pas l’ami de l’électronique et des instruments à vent…

Pascal se sert d’un tapis de voiture pour installer sa batterie et moi d’une bâche pour disposer mes pédales…mais le sable a le don de se faufiler partout…et nous n’avons pas de balai !! Bah, le concert se passe très bien ; beaucoup de questions, de toucher de trompette, puis ballet des trucks pour raccompagner les élèves qui ont la particularité d’être tous en tee-shirt vert au collège (voir les photos sur la page ouvert Facebook d’Akpé Motion).

Déjeuner au collège avec le principal, son adjoint, Stella professeur d’éducation musicale puis retour à l’hôtel et sieste bienvenue ! Nous avons un concert à 19h aussi est-il nécessaire de s’installer dès 16h30 ; merci à Ivonic et Antoni qui gèrent le matériel son, filment et photographient afin de réaliser un documentaire sur notre tournée polynésienne.

Le concert se déroule dans le restaurant de l’hôtel Lapita ; nous avons un invité en la personne du percussionniste Franck Decagny qui vit sur l’île où il est bijoutier ; il avait joué l’an dernier avec nous ; ses occasions de jouer sont rarissimes aussi a-t-il apporté un set complet de percussions… le concert se déroule parfaitement devant un public jugé nombreux par les connaisseurs de l’île ; Franck est heureux, nous aussi ; nous dînons ensuite très agréablement au bord de la piscine.

Cet hôtel, où nous avons été superbement accueillis, a la particularité d’offrir des couchers de soleil extraordinaires ; c’est précisément le cas ce lundi soir 17 novembre où l’on a la chance de voir l’horizon s’embraser ce qui nous met dans de bonnes dispositions pour le concert…

Mardi matin réveil dès 6h, baignade avant un petit déjeuner hélas trop rapidement expédié

car nous avons un vol pour Raiatea à 8h !
Je n’aime pas les vols tôt le matin mais nous n’avons pas le choix car nous sommes attendus à l’école de Raiatea à 10h pour un concert destiné aux élèves de l’école élémentaire. Accueil à l’aéroport par Augustin très sympathique directeur de l’école : fleurs et petit déjeuner pour nos jeunes amis polynésiens qui avaient du, dès 5h30 du matin, porter le matériel son et les instruments à l’aéroport afin que nous soyons assurés de leur embarquement.

Avez-vous prévenu l’IEN demandais-je ? Non parce que c’est l’école qui organise et l’IEN n’est pas concernée ; je préfère qu’elle ne le sache pas ! Bon bon… …. La télévision du territoire, TNTV, télévision privée, et un journaliste de la Dépêche, seul quotidien de Polynésie française, ont couvert l’événement ! Je ne sais pas ce qu’en a pensé l’IEN et en vérité peu nous importe.

Les enfants étaient très heureux ; beaucoup de questions et pour terminer un When the Saints revigorant avec eux ; ce fut un grand plaisir pour nous tous. Augustin, homme d’une grande générosité nous invitait à déjeuner dans un hôtel restaurant au bord du lagon où j’avais eu l’occasion de jouer à différentes reprises dans les années 90 et 2000. Lumière très vive à l’heure du déjeuner.

Nous sommes montés chez Pedro Boixière en début d’après-midi.

Pedro est une figure de Raiatea et de Tahiti. Arrivé en Polynésie française en 1960 comme professeur, il fut principal de collège et proviseur de plusieurs lycées en même temps qu’il fondait Musique en Polynésie, association loi 1901 qui organise depuis plusieurs décennies des concerts sur le territoire. Il vit avec Marie dans une belle maison qui domine l’île et offre une vue stupéfiante sur Bora Bora, Huahine et les lagons de Raiatea et Tahaa. C’est toujours un très grand plaisir de se retrouver chez lui. Homme chaleureux, d’une grande culture, il organisait pour la deuxième fois consécutive un concert privé d’Akpé Motion chez lui. Une quarantaine de personnes étaient présentes dès 18h ; nous étions installés face à Bora Bora et le lagon… que dire de plus sinon que nous nous sommes tous demandés si cette vue inouïe était plus inspirante que troublante !

Nous fûmes très satisfaits de ce concert ; il nous sembla que le quartet avait franchi un nouveau pas en cohérence, swing, couleurs… le public était heureux ; CD, dédicaces…les discussions se prolongèrent avec quelques uns puis nous passâmes
à table pour un dîner polynésien arrosé de bons Bordeaux comme il est de coutume chez Pédro.

Superbe petit déjeuner face au lagon dans l’espace qui fut celui du concert de la veille.

Pedro eut ensuite la gentillesse de proposer une sortie en bateau sur le lagon ; pour ma part, j’invitai Augustin à déjeuner dans le restaurant de la veille. Nous décidions, sur les conseils de Pedro, de porter le matériel son et les instruments au bateau qui devait rallier dans la nuit Raiatéa à Tahiti ; coût 1 400CFP soit environ 12€ ! A 18h, nous embarquions dans l’ATR 72 qui nous ramenait à Tahiti après une escale à Bora Bora où des touristes presque exclusivement américains remplissaient l’avion.

Cette dernière semaine devait être aussi consacrée à la préparation du concert final associant Akpé Motion aux élèves de la classe CHAM et aux percussionnistes traditionnels polynésiens prévu samedi 22 novembre sous le kiosque de la place Vaite face au port de Papeete. A cette fin, une répétition était prévue à l’école Pinaï jeudi après-midi avec les percussionnistes dirigés par Terry car nous ne nous étions rencontrés qu’une seule fois la semaine précédente.

La récupération du matériel son et des instruments au port de Papeete devait finalement occuper la matinée entière sous un soleil de plomb ! Nous étions à 13h à l’école en présence d’une trentaine de percussionnistes jouant des percussions, peau, bois et noix de coco. En deux heures, nous disposions de deux thèmes joués en commun ; mais quel volume sonore sous ce préau de répétition ! Un Doliprane et un massage de tête furent bienvenus à l’issue de la répétition.

Le soir même La Guitoune, entertainer local dont il est impossible de connaître nom et prénom,

multi instrumentiste (violon, trompette, banjo, washboard), se produisait avec une excellente chanteuse et un guitariste jouant dans le style manouche à la Casa Bianca un des restaurants bien connus de Tahiti à l’occasion à l’arrivée du Beaujolais nouveau. On ne peut pas dire que le voyage des monts du Beaujolais à Tahiti l’ait bonifié. Je l’ai trouvé un peu plus mauvais que d’habitude aussi n’ai-je pas insisté après le mal de tête de l’après-midi.

Vendredi 21 novembre s’annonçait difficile : concert le matin au collège de Taravao, petite ville distante de 55 kms de Papeete

au début de la presque île et concert le soir au Méridien, annoncé par Musique en Polynésie qui l’organise comme le « grand » concert de notre séjour polynésien. Belle route pour aller à Taravao, luxuriance de la nature plus sauvage qu’aux alentours de Papeete. Nous arrivons au collège à l’heure dite et un agent de service nous accompagne afin de nous ouvrir un portail donnant accès au corps de bâtiment où est prévu le concert ; las il ne dispose pas de la clé. Il repart, revient, mais la clé n’est pas la bonne…il repart et ne revient pas ! Je me résous à aller voir la principale du collège en étant d’assez mauvaise humeur car 40 mns se sont écoulées depuis notre arrivée ! Elle subit mon fort mécontentement : excuses de sa part, branle bas de combat; pour autant le portail est toujours fermé ; mobilisation d’hommes forts qui ne manquent pas sur ce territoire car l’hypothèse d’un grippage du mécanisme est confirmée; le portail est enfin ouvert une heure après notre arrivée ce qui nous met très en retard en regard du planning de la journée.

Nous sommes installés dans un ancien atelier de la SEGPA, toit en tôle et ventilateurs en panne ! Avec l’arrivée des élèves qui remplissent l’espace la température doit être autour de 45° ; un professeur de menuiserie nous apporte deux ventilateurs qui sont installés sur scène…ouf ! Au final concert pénible compte tenu des conditions climatiques mais très bien accueilli par les élèves ; beaucoup de questions, de touchers de trompette, et un final avec des percussions polynésiennes jouées par quelques élèves qui incite le professeur d’éducation musicale et la principale adjoint à danser dans la tradition polynésienne.

La principale se fait pardonner en nous invitant à déjeuner à la cantine ; ultimes photos avec les élèves groupies et nous partons pour Le Méridien ; las, un autre portail est fermé et nous devons attendre l’arrivée au pas lent d’un élève qui n’a pas la bonne clé ! Le professeur s’en mêle ; explications orageuses…. nous sommes partis !

Le soir, concert très réussi au Méridien ;

Alain Brunet et Akpé Motion, carnet de voyage n° 7 - la Polynésie française, novembre 2014
le meilleur de nos concerts en Polynésie nous semble-t-il ! Ambiance très chaleureuse ; après le concert nous avons des effluves sonores de la soirée d’Air Tahiti qui mobilise le grand salon de l’hôtel et où toutes les femmes polynésiennes présentes ont une couronne de fleurs.

Samedi 22 novembre, dernière journée de notre tournée de concerts dans le Pacifique Sud ; le concert programmé 17h avec les élèves sous le kiosque de centre-ville suscite quelques inquiétudes car la sonorisation promise il y a des mois par la ville de Papeete ne semble plus disponible pour cause de mariage ! Finalement j’apprends en fin de matinée que nous disposerons d’une partie du matériel ;
13h, la matériel son arrive dans le désordre : les micros sont bien livrés mais pas les pieds de micro ! Le technicien son ne peut rien faire car nous n’avons pas d’électricité ! je lance plusieurs appels au peuple pour résoudre ce problème qui n’est pas mineur… nous répétons avec les élèves sur les marches du kiosque pendant que les percussionnistes ajustent leurs tenues ; il fait très très chaud et il n’y a pas d’eau !

16h45
, soit un quart d’heure avant le début du concert, l’électricité est disponible sous le kiosque ; je suis alors pris à partie par un fonctionnaire de la ville qui s’étonne que le kiosque soit occupé car il n’ a été informé de rien ; ne vous inquietez pas, moi non plus ! Et je retourne sur scène pour essayer de faire très vite un sound-check ; peine perdue ! La ministre de l’Education accompagnée du vice recteur et du maire de Papeete sont arrivés : colliers de fleurs, discours et concert une heure durant ; très mauvais son mais belle ambiance ; parents, élèves, ministre, maire musicien heureux ; c’est fini ; nous sommes tous sérieusement déshydratés !

Le concert a été filmé ! Je n’ai vu que des rushes qui sont de belle facture mais le son n’est pas bon !!

La fatigue est telle en début de soirée que je n’ai pas le courage d’aller dîner ; je rentre sagement chez les amis Guichard qui me logent… Nous sommes globalement satisfaits du travail avec les élèves mais regrettons tous qu’il ait été desservi par le son.

Dimanche sortie dans le lagon de Tahiti et l’océan avec le bateau des amis Vignaux ; nage avec les dauphins, de belles patates de corail et une faune colorée. Superbe fin de semaine avec, en fin d’après midi, un bœuf salsa avec une bonne équipe de musiciens à l’hôtel intercontinental.

Je me sens en vacances et effectivement j’ai prévu de rester 10 jours de plus en Polynésie française mais la fatigue me submerge…. Retour tôt au logis d’altitude où la vue sur Moorea, le lagon de Tahiti et l’océan est toujours un enchantement. Une nouvelle semaine va commencer ; elle sera très différente des autres puisque la tournée est terminée ; 7 semaines de concerts dont les deux dernières particulièrement denses avec des concerts tous les jours WE compris et souvent deux fois par jour.

Première réaction à chaud : 7 semaines de tournée non stop c’est trop long même si nous étions souvent dans des lieux paradisiaques ; je ne souhaite pas recommencer sur une telle durée…

Le bilan est très positif bien sûr : publics heureux, CD vendus, accueil chaleureux, documentaire de 13 mn en cours de réalisation que diffusera Polynésie Première et peut-être une chaîne nationale, etc…mais ne s’est-on pas quelque peu usés au cours de ces deux dernières semaines tellement différentes des semaines calédoniennes ?
Alain Brunet, 26 novembre 2014


Pierre Aimar
Jeudi 27 Novembre 2014
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