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7 au 14 juillet, Am Anfang (Au commencement) d’Anselm Kiefer, 7 représentations exceptionnelles à l’Opéra Bastille

En vue de célébrer le 20ème anniversaire de l'Opéra Bastille, Gerard Mortier, directeur de l'Opéra national de Paris, a souhaité confier au célèbre peintre et sculpteur Anselm Kiefer, la totalité de la création (mise en scène, décors, costumes) d’un spectacle plastique et musical inédit mené en association, pour la partie musicale, avec le compositeur Jörg Widmann. Am Anfang (Au commencement) fera l’objet de 7 représentations exceptionnelles du 7 au 14 juillet 2009 à l’Opéra Bastille.


Cette commande exceptionnelle vient couronner la politique d'ouverture du théâtre lyrique aux autres disciplines artistiques conduite par Gerard Mortier à l’Opéra Bastille. Pour l’ultime spectacle mené sous sa direction, Gerard Mortier a voulu susciter une rencontre puissante et inédite entre scène, peinture, sculpture et musique. Il signe ainsi - avec cette œuvre lyrique d'un type nouveau, à la fois installation et performance - l'ouverture de l’Opéra de Paris à la richesse transdisciplinaire de l'art contemporain. L’appel de Gerard Mortier fait à Anselm Kiefer n’est pas fortuit : Am Anfang (Au commencement) venant s’inscrire dans le prolongement de la réflexion initiée par l’artiste allemand au Teatro San Carlo de Naples en 2003 avec Elektra. Après le succès public de Monumenta au Grand Palais et la commande d’une œuvre majeure – Athanor - pour l’escalier nord de la cour Carrée du Louvre en 2007, Anselm Kiefer investit aujourd'hui la totalité des scènes et arrières-scènes de l’Opéra Bastille avec une élégie plastique à sa (dé)mesure. Conçue en étroite collaboration avec Jörg Widmann, clarinettiste et compositeur allemand considéré parmi les plus brillants de sa génération, leur création résolument contemporaine réinvente la scène du théâtre lyrique en une réponse aux défis posés aux, et par, les grands créateurs contemporains.

Avec Am Anfang, Au Commencement, Anselm Kiefer crée une œuvre d’art totale, plastique et musicale inédite, d’une portée internationale, s’inscrivant avec force dans l’histoire de l’art et de la musique. Spectacle agnostique, il décrit le chaos, l’anéantissement des peuples et des civilisations – où le peuple élu connaissait la déroute, était maltraité par les grandes puissances du Croissant Fertile, situé entre l’Egypte et la Mésopotamie. Le Croissant Fertile, c’est ainsi que l’on nomme cette région du monde, l’un des hauts-lieux de notre civilisation situé entre le Tigre et l’Euphrate en ces temps où Dieu semblait être un Dieu vengeur, terrible, arbitraire et d’une inexplicable cruauté. Les plaintes, les accusations de Job à l’encontre du Divin résonnèrent alors dans les trois religions issues d’Abraham.

Planté de douze tours, au pied desquelles poussière et décombres hantent le paysage, le décor tout entier est envahi d’une inconsolable sensation de désespoir, dans lequel résonnent les paroles d’Isaïe et de Jérémie d’une impitoyable actualité. Car enfin, l’histoire n’est-elle pas un éternel recommencement ?

Œuvre métaphysique, transcendée par l’illusion théâtrale, elle relie l’errance du peuple juif incarnée par la Chekhina, aux empires millénaires anéantis tels que Babylone, Jéricho, Persépolis, Ninive…aux ruines de l’Allemagne d’après guerre symbolisée par les « Trümmerfrauen » dans un même mouvement de fin et de recommencement.

Œuvre d’une ampleur exceptionnelle, Au Commencement investit pour la première fois dans l’histoire de l’Opéra Bastille la totalité des plateaux. Depuis la scène principale se découvrent des perspectives inédites, créant autant d’îlots où se jouent diverses actions, reliées entre elles par les paroles des prophètes et la musique de Jörg Widmann dont la richesse mélodique crée un réel envoûtement. La musique, en effet, accompagne avec infiniment de subtilité le propos de l’artiste pour qui les décombres de l’Histoire, à l’instar de l’œuvre d’art elle-même - où tout ce qui advient a déjà été franchi - ne sont que le commencement dissimulant la fin qu’il recèle.

Am Anfang (Au commencement) d’Anselm Kiefer, 7 représentations exceptionnelles à l’Opéra Bastille, du 7 au 14 juillet 2009. La matinée du mardi 14 juillet sera – comme le veut la tradition - gratuite.


pierre aimar
Samedi 4 Juillet 2009
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