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VIe festival des musiques interdites au château Pastré à Marseille, par Gérard.G. Léopold di Offite

Trois soirées entre émotion et recueillement


Des musiques interdites que l'on aimerait entendre plus souvent

VIe festival des musiques interdites au château Pastré à Marseille, par Gérard.G. Léopold di Offite
7 juillet. Ce lieu qui a protégé de la mort, de l’holocauste, de la plus effroyable misère humaine, vient de nous faire croire que la vie est belle… Eh bien oui la vie est belle !
La première soirée de ce tryptique nous a mis en étroite relation avec le monde des enfants. Quoi de plus merveilleux ? Mais là il était question de leur mort, de leur souvenir, quoi de plus triste ?
La double interprétation des Kindertotenlieder (centenaire Mahler oblige) par le baryton autrichien Matthias Haussmann et la mezzo-soprano Marie-Ange Todorovitch a plongé le public dans le plus profond recueillement où ces deux voix ont su refaire vivre les moments du deuil à la fois du père et de la mère.
Accessit particulier au baryton qui en plus de son merveilleux légato a chanté dans son arbre généalogique.
Pour une première interprétation, Marie-Ange Todororovitch a su faire vibrer ses cordes vocales mais aussi son cœur par une interprétation émouvante, au bord des larmes.
Belle surprise avec le récitant Abd Al Malik où le rappeur s’est ouvert d’autres portes, vers d’autres formes d’expression, en dehors du hip hop. Plein de tendresse et de compassion.
Tout ce beau monde, très justement accompagné par le Philharmonique de Marseille sous la direction de Johan Farjot qui finalise la soirée avec une très poignante interprétation de l’adagio de la Xe Symphonie.

8 juillet. Sous le titre « Paroles d’Exil-Glanzberg-Weill », c’est ici que le lieu prend toute sa dimension, ici-même la Comtesse Pastré a protégé le compositeur qui fuyait les rafles et la déportation.
Ce soir encore, joie et ravissement.
Trois jolies interprètes au-devant de la scène : Ute Gfrerer, soprano au timbre si particulier, très cabaret, interprète par excellence de ces chants et entre autre de Kurt Weill. Clin d’œil émouvant à Piaf à travers un flamboyant Padam Padam écrit par Norbert Glanzberg au début des années cinquante.
Avec Emilie Pictet, sa consoeur, au lyrisme accrocheur, les deux artistes nous ont donné les meilleurs interprétations des Holocausts Songs et Holocausts Lieder (Brecht, Kramer…) et autres poèmes de Kurt Weill !
Anouk Grinberg, en récitante, a su se fondre, avec ces interprètes et nous avons cru bien même à ce triumvirat au féminin. On sent le professionnalisme et la rigueur là encore.
Accompagnées par l’Orchestre Philarmonique de Marseille sous la direction de l’excellent Antoine Marguier et les doigts experts de Fabienne Di Landro.

9 juillet. « Lili Pastré – Pour que l’esprit vive » ou la Nuit des Pianos et Musiques de Chambre.
Bouquet final très riche, peut-être trop riche… avec sa belle quinzaine de compositeurs. Des accessits particuliers pour Ekaterina Messner et sa fille Anna, jeune pianiste de dix ans à suivre tout particulièrement et Hadrien Gonthier pour le Korngold Concerto pour la main gauche pour deux pianos…
Un merci particulier pour notre Fréderic Lodeon national conteur émérite et si captivant.

Après ces trois belles soirées, on ne peut qu’attendre la septième édition de ce festival original qui ne cesse de nous enrichir d’œuvres pour certaines rarement exécutées.
Félicitations à son directeur artistique Michel Pastore.
Gérard.G. Léopold di Offite


Gérard-G. LEOPOLD DI OFFITE
Vendredi 15 Juillet 2011
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