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Uchaux, Festival Liszt en Provence : Marc-André Hamelin, pianiste tout en délicatesse

Ce soir-là, le mistral se déchaîne. Tantôt à droite, tantôt à gauche de la terrasse du château Saint-Estève pourtant bien abritée.


Marc-André Hamelin, "un doigté aérien comme celui que nécessitent Mozart… et le pianoforte" © P.A.
Marc-André Hamelin, "un doigté aérien comme celui que nécessitent Mozart… et le pianoforte" © P.A.

Le pianiste Marc-André Hamelin est en scène, de noir vêtu, sobre et discret. A peine installé il attaque une sonate de Haydn, alors que derrière les arbres le soleil achève de se coucher en lueurs de soufre et orange doux. Haydn sonate en ut majeur ; c’est jeune et frais en gouttes d’eau ; la musique composée pour le pianoforte. C’est léger, un petit thème repris et développé en une musique à frisettes pleine de fraîcheur. L’artiste a incontestablement un doigté aérien comme celui que nécessitent Mozart… et le pianoforte. La musique, toute en grâce, se pose à peine. Marc-André Hamelin joue au piano, il interprète le bonheur. Le rondo plus vif encore et plus dansant comme son nom l’indique, offre des sonorités originales. Un vrai plaisir que d’écouter Haydn sous les doigts de Marc-André Hamelin.

L’artiste est d’origine canadienne même s’il vit à Boston et lorsqu’on lit sa biographie on constate que le monde est pour lui une vaste scène où peut s’exercer son talent. Compositeur il a également publié un album de ses propres compositions : Hamelin : études, qui lui a valu le Grammy Award.

Sur cette terrasse du château Saint Estève d’Uchaux, entre lauriers roses et vigne grimpante et à l’ombre du portrait géant et lumineux de Franz Liszt, Hamelin joue maintenant de Franz Liszt : Bénédiction de dieu dans la solitude. A partir des Harmonies poétiques et religieuses de Lamartine ; Le ton est différent, tout en méditation et gravité ; une pensée sereine lentement s’élabore, heureuse puis tout à coup assombrie ; de longs crescendos violents qui semblent ne jamais finir et aboutissent à une expression de la passion très violente, comme toujours chez Liszt.
Quelle fougue et quelle force alors dans ce doigté délicat qui peut être si précis ! Marc- André Hamelin apparaît incontestablement comme un interprète aux facettes multiples et à la maîtrise parfaite, dans ce programme musical choisi, qui va s’achever, après Liszt une seconde fois, avec une sonate de Schubert. Un premier mouvement fort long qui traduit une autre sérénité à peine inquiétée, une musique de tendresse comme souvent avec Schubert, et une longue réflexion, songeuse et incertaine qui permet quantités de variations. Le 4e mouvement, sans gravité et mutin, énonce un petit thème léger, repris et modifié qui met en évidence la finesse de l’interprète.

Le festival Liszt en Provence qui fête cette année ses 20 ans d’existence avait déjà accueilli Marc-André Hamelin pour sa première saison, puis trois autres fois. Comme l’affirme Thérèse Français, la présidente de ce festival, « accueillir à Uchaux un tel interprète procure toujours le même immense plaisir ».
Jacqueline Aimar


Jacqueline Aimar
Vendredi 25 Août 2017
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