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Portrait du nouveau chef de l’Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo, Gianluigi Gelmetti

Alors que l’AS Monaco va effectuer son grand retour en Ligue 1 de football la saison prochaine, l’Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo affirme son ambition de continuer à jouer les premiers rôles dans le circuit musical international, une place qu’il tient avec honneur depuis sa fondation en 1856.


Gianluigi Gelmetti © DR
Gianluigi Gelmetti © DR
Pour ce faire, S.A.R La Princesse Caroline a décidé de donner à cette prestigieuse formation le rayonnement qu’elle mérite, en nommant à sa tête un grand chef de talent et d'expérience en la personne de Gianluigi Gelmetti. Cet orchestre le chef italien le connait sur le bout de la baguette. Il en a même déjà été le directeur musical de 1990 à 1992 avant d’accepter une mission de chef référent à la demande de S.A.R la Princesse Caroline, alors que l’orchestre venait de déplorer la tragique disparition de son chef Yakov Kreizberg en 2011. «J’ai toujours suivi avec passion le développement de l’orchestre puisque je vis en Principauté et j’y passe tout le temps que me laissent mes tournées et mes activités de chef invité, explique Gianluigi Gelmetti, Et il est vrai que lorsque j’ai senti que l’orchestre était un peu désemparé, et qu’il fallait l’aider à franchir ce passage difficile, j’ai accepté volontiers d’en devenir le chef référent et de contribuer à élaborer pour lui un futur heureux». Après dix mois d'une collaboration parfaite, ponctué de grands moments d'émotion, S.A.R. La Princesse de Hanovre a décidé de confier les fonctions de Directeur Artistique et Musical de l'Orchestre à Maitre Gelmetti.

Disciple des Swarowski, Ferrara et Celibidache qui ont brillé au firmament de la direction d’orchestre,

Gianluigi Gelmetti a non seulement parcouru le monde comme chef invité et dirigé les orchestres les plus réputés sur tous les continents depuis le Philharmonique de Berlin jusqu’au Münchner Philharmoniker, le Covent Garden, la Scala, etc. Mais il a occupé tout au long de sa carrière des postes majeurs à la tête de l’orchestre de la Rai di Roma, l'Orchestre de Florence celui de la Radio-Sinfonieorchester Stuttgart, ou encore du Sydney Symphony Orchestra du Teatro dell'Opera di Roma. Aussi à l’aise dans le répertoire symphonique que lyrique, il est également passionné par la composition.

Mais au-delà de la dimension musicale, c’est la dimension humaine qui est l’apanage de cette riche personnalité: « Je me considère finalement comme un bâtisseur et j’ai toujours pris le temps de construire patiemment le chemin que j’ai passé avec les orchestres que j’ai dirigé, confie t-il, parce que ces rapports de complicité et de fidélité basés sur la confiance et la compréhension mutuelles sont nécessaires pour que l’édifice soit solide. Et c’est là que l’humilité prend tout son sens car les hommes passent et les idées ou les réalisations demeurent».

Et de fait lorsque Gianluigi Gelmetti aborde une œuvre avec ses musiciens, c’est avec la volonté de respecter la structure, le style et l’équilibre de cette construction musicale en donnant à chaque élément sa juste importance pour atteindre une vision d’ensemble cohérente qui satisfait aussi bien les interprètes que les auditeurs : « C’est un peu comme si l’on édifiait une cathédrale. Chaque partie, la plus petite soit elle a son importance et participe de la beauté générale de l’édifice ». En concentrant les énergies, le chef d’orchestre transcende la musique pour offrir à chacun la possibilité de s’élever grâce à elle : « Il n’y a pas de technique qui compte ici, ou de recette miracle, il faut puiser au plus profond de l’énergie et de la pensée de l’être humain pour atteindre l’insondable ».

Les mots de vie, d’énergie, de sensibilité reviennent souvent dans les propos de Gianluigi Gelmetti qui considère son art comme un éternel et perpétuel recommencement :

« C’est comme l’eau qui coule dans un fleuve, indique-t-il. Le mouvement semble immuable mais l’eau n’est jamais tout à fait la même et c’est cela qui est admirable ». Mais pour que ce mouvement prenne vie l’artiste essaie de ne jamais être esclave des conventions et de ses propres certitudes. Chez lui la recherche et le doute procèdent du processus créatif.
N’allez pas croire cependant qu’en intellectualisant sa démarche, le chef d’orchestre s’inscrit hors des réalités : « La perception sensorielle, physique de la musique est une nécessité, affirme t-il. Nous avons besoin de penser mais aussi de vibrer et de nous laisser aller à nos émotions ».

Ce côté pragmatique et immédiat représente une autre facette de la riche personnalité de Gianluigi GELMETTI, qui porte sur le monde et sur ses contemporains un regard juste, acéré. C’est elle qui lui permet d’aborder avec sérénité sa conception du futur de l’orchestre Philharmonique de Monte-Carlo. « Je suis à la tête d’un orchestre mais surtout d’une petite communauté humaine qui a la chance de pouvoir apporter du bonheur, indique-t-il. C’est pour cela que nous devons nous comprendre et nous respecter profondément pour pouvoir délivrer notre message à ceux qui vont constituer nos publics».

« Nous nous situons dans une double logique. L’orchestre Philharmonique de Monte-Carlo est semblable au dieu Janus de la mythologie romaine. Un visage tourné vers l’extérieur et un autre vers l’intérieur. Notre formation doit avoir une visibilité internationale que l’invitation des plus grands chefs et des plus grands solistes ainsi que les tournées que nous projetons en Europe, en Amérique et même en Chine permettent de formaliser. Voilà pour l’extérieur ! »

« En même temps l’OPCM travaille en synergie sur des projets communs avec les trois autres entités musicales majeures, les extraordinaires vitrines internationales que constituent l’Opéra, les Ballets et le Printemps des Arts de Monte-Carlo. Nous souhaitons aussi promouvoir les jeunes talents en collaboration avec l’Académie de musique Prince Rainier II, l’Académie de Danse Princesse Grace ou le concours des « Masters ». Il nous faut donc assumer toutes ces tâches, et être en même temps présents ici par la production de concerts spirituels, de concerts de musique de chambre, ateliers « découverte » afin d’éduquer les enfants des écoles et concerts spécifiques pour répondre aux aspirations de la jeunesse et d'autres pour apporter la joie et le bonheur de la musique dans les hôpitaux ou les maisons de retraite. Ce sera le côté intérieur de notre action » précise Gianluigi Gelmetti.

Et une activité nourrissant l’autre, c’est un véritable centre de production musicale qu’ambitionne de mettre en place le directeur musical et artistique dans tous les domaines de la création,

de la musique baroque à l’expression contemporaine « C’est un travail de longue haleine et je souhaiterais pouvoir agir sur les quatre ou cinq prochaines années pour mettre en place cette politique, conclut Gianluigi Gelmetti. Nous y arriverons parce que notre formation a une moyenne d’âge de 40 ans et que cette tendance va s’accentuer. C’est un atout majeur car il y a ici suffisamment de qualité, de volonté, d’énergie et d’opiniâtreté pour réussir. J’ai finalement dédié toute ma vie d’homme et d’artiste à la transmission et à la pensée active, et le défi que m’a confié S.A.R La princesse de Hanovre est extraordinaire » conclut -il. « Pour le réussir, nous inviterons beaucoup de jeunes chefs et solistes et nous serons à la pointe des nouvelles technologies de la communication. Le tout en maintenant le contact direct avec nos spectateurs par le biais de la musique vivante, qui est l’essence même de l’expression artistique ».

C’est ce savant dosage entre la force d’un passé prestigieux et la vitalité d’un avenir radieux qui assurément, symbolise, sous la baguette de Gianluigi Gelmetti, le renouveau de l’orchestre Philharmonique de Monte-Carlo.


Pierre Aimar
Samedi 23 Novembre 2013
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