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Marseille, de Saint Petersbourg à Marseille, des danseurs-étoiles sur la scène du Toursky les 4 et 5 octobre 2018

Retour sur « Les étoiles des nuits blanches de Saint Pétersbourg ». Les étoiles des nuits blanches de Saint Pétersbourg ont brillé au firmament du ciel marseillais les 4 et 5 octobre 2018.


Marseille, de Saint Petersbourg à Marseille, des danseurs-étoiles sur la scène du Toursky les 4 et 5 octobre 2018
Les danseurs étoiles des théâtres Mariinsky et Mikhaïlovski de Saint-Pétersbourg ont fait chavirer, deux soirs durant, mais deux soirs seulement, le public du théâtre Toursky. Nul lieu n’était plus adapté pour recevoir ces artistes uniques, immenses, que le Toursky qui abrite en ses murs depuis plus de vingt ans, 24 plus précisément, le splendide festival russe. Dans une chorégraphie parfaite, avec une technique rare, ciselée, une maîtrise absolue, vêtus de costumes sublimes, les artistes ont déployé leur art, subjuguant le public. Rivalisant de beauté et d’adresse, les danseurs étoiles ont magnifié la scène, volant, virevoltant, tournoyant, foulant ou plutôt effleurant, caressant le sol de leurs demi-pointes dans une harmonie, un enchantement indicible. Comment imaginer, à les voir, que ces portées incroyables, faites à bout de bras et nécessitant un effort considérable, dignes de véritables acrobates, soient aussi aériennes, aussi délicates, donnant l’apparence d’être faites sans effort, avec le sourire. Que dire encore de l’agilité et de la hauteur, de l’adresse ahurissante des sauts, des manèges, des menées, des pas ou des sauts de biche, des pirouettes fouettées, des grands jetés –j’arrête là le vocabulaire de la danse classique- tous plus fantastiques les uns que les autres.

Qu’il s’agisse de solo, de pas de deux, ou de groupes, les danseurs ont captivé, ébloui, émerveillé. En deux parties et quinze tableaux, ces fabuleux artistes ont dansé divinement sur des musiques sublimes :
- Un pas de deux exceptionnel et envoûtant : l’Adagio du ballet Spartacus, musique de Khachaturyan, avec Irina Perrin et Marat Shemiunov, sur fond de Colisée, baigné d’une lumière rougeoyante.
- Un charisme et une présence époustouflantes : le fragment du ballet Carmen sur une musique de Bizet, avec la fougueuse et effrontée Alexander Iosifidi dans le rôle, accompagné de Phillip Parhachev, somptueux.
- Un moment d’extase : l’adagio du ballet Roméo et Juliette sur la musique de Prokofiev. Les danseurs Margarita Rudina et Alexey Nasadovich, pénétrés d’amour et de douceur, Alexey portant la céleste Margarita, le jupon de soie blanche nimbant furtivement le visage de l’aimé.
- l’émotion à l’état pur : Avec une chorégraphie rare, des mouvements éthérés, la divine Alexander Iosifidi, sur la musique de Camille Saint-Saens, donne des ailes au cygne mourant.
- un retour fastueux sur la révolution française et un joli clin d’œil d’amitié fraternelle : le drapeau brandi par Irina Perrin, elle-même tenue à bout de bras par Marat Shemiunov, dans La Flamme de Paris musique de B. Asafiev, avec en toile de fond le célèbre tableau de Delacroix La Liberté guidant le peuple.
- Les variations de Kitri du ballet Don Quichotte sur la musique de Minkus, avec une Ekaterina Osmolkina inspirée, à la facture irréprochable.
- Un corsaire endiablé et flamboyant avec Alexander Iosifidi, Phillip Parkhachev et Marat Shemiunov sur la musique de Pugni.
- le Blanc Adagio du ballet le lac des cygnes avec Ekaterina Osmolkina et Maxim Zyuzin, magistral.
- Une surprise, Brel, un moment intense, La chanson des vieux amants Miniature chorégraphique de ‘Meeting’ avec Margarita Rudina, robe bleue vaporeuse flottant sur les épaules d’Alexey Nasadovich, magique.
- et encore : Le Pas de deux du ballet Talisman musique de Drigo, un fragment du ballet The Legend of Love, musique de Melikov, Miniature chorégraphique de A votre épaule, basé sur des chansons folkloriques espagnoles, Valse de Vienne, musique de J. Strauss… tous aussi accomplis et raffinés, admirables.
- enfin, le vendredi 5, un bouleversant hommage à Charles Aznavour, mêlant les danseurs russes et marseillais, dans un ballet et une chorégraphie tout en finesse et élégance, l’ensemble s’inclinant devant le maitre en fond d’écran dans un tableau final émouvant forçant le respect.

Mention plus pour les élèves de l’Ecole Nationale de Danse de Marseille
Comme nous l’avait annoncé lors de la conférence de presse Omar Taïebi, directeur artistique, les danseurs de l’école nationale supérieure de danse de Marseille, ont rejoint les étoiles des théâtres Mariinsky et Mikhaïlovski de Saint-Pétersbourg pour ce spectacle inoubliable.
Sur une remarquable chorégraphie de Julien Lestel, Allessandrini Elena, Buegue Eva, Bendrimia Malou, Detony Elisa, Gabard Eugénie, Gambini Luci, Lebreton Ingrid, Merieux Lola, Pagotto Inès, Pascual Laurie, Bossard Jessica, Cirre Mélisande, Goux Edouard, Rey Victor, Iossifov Nicolay, Chemouni Anna, Gal Estelle, Timmerman Chloé, Barille Chiara et Mittica Solène, non seulement ont brillamment dansé sur un Extrait de ‘Concerto’ de Tchaïkovski, mais ont intégré la troupe des danseurs russes pour un final – hommage à Aznavour - avec brio.
Deux soirées magistrales dans ce Théâtre Toursky, habitué au succès, où culture et fraternité se marient avec des étoiles. Merci à Olga Romashchenko, à l’origine de cette manifestation, à Omar Taïebi, dont les élèves se produiront en novembre sur la mythique scène du Mariinsky, à Richard Martin qui les a accueillis chaleureusement dans son théâtre et bien sûr, aux fabuleux et exceptionnels artistes.
Danielle Dufour-Verna


Danielle Dufour-Verna
Lundi 8 Octobre 2018
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