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Lyon, musée des Beaux-Arts : Éric Poitevin invité. Exposition du 20 avril au 28 août 2022

Invité par le musée des Beaux-Arts de Lyon à travailler à partir de ses collections, l’artiste Éric Poitevin a eu carte blanche pour produire de nouvelles photographies en résonance avec des œuvres d’artistes comme Lucas Cranach, Francisco de Zurbarán, Frans Snyders ou Odilon Redon.


Éric Poitevin, Sans titre, 2005, photographie argentique H. 175 ; L. 318 cm. Collection Camille et Hamish Anderson. © ADAGP, Paris, 2022
Éric Poitevin, Sans titre, 2005, photographie argentique H. 175 ; L. 318 cm. Collection Camille et Hamish Anderson. © ADAGP, Paris, 2022

Frans Snyders (Anvers 1579-1657). Table de cuisine avec gibier et légumes. Huile sur toile H. 272,3 ; L. 337,5 cm. Lyon, musée des Beaux-Arts. Image © Lyon MBA - Photo M. Couderette
Frans Snyders (Anvers 1579-1657). Table de cuisine avec gibier et légumes. Huile sur toile H. 272,3 ; L. 337,5 cm. Lyon, musée des Beaux-Arts. Image © Lyon MBA - Photo M. Couderette

L'artiste porte ainsi un nouveau regard sur certaines œuvres connues ou moins connues du public, en les faisant dialoguer avec son propre travail photographique. Il propose ainsi un éclairage inédit qui offre des perspectives aussi évidentes qu’inattendues sur son œuvre et sur les collections.
Éric Poitevin est également présenté dans l’exposition Une histoire de famille. Collection(s) Robelin au macLYON du 20 avril au 10 juillet 2022.

Né en 1961 à Longuyon (Meurthe-et-Moselle), Éric Poitevin est l’une des figures importantes de la photographie contemporaine française.
Il a très tôt privilégié la prise de vue à la chambre photographique, technique mise au point au XIXe siècle, impliquant un matériel conséquent et un temps de pause long. Au-delà de ces apparentes contraintes, ce procédé impose à l’artiste d’anticiper la construction de l’image tout en offrant un rap-port particulier au temps et la possibilité de développer une véritable relation avec les sujets photographiés. Alors que la photographie était encore largement dominée par la photographie de rue ou street photography, rendue possible par un matériel de prises de vue léger et dont les tirages étaient destinés à être diffusés par la presse, Éric Poitevin participa, aux côtés d’autres photographes, au mouvement de réévaluation de l’importance du travail en studio.

Avec ses séries de portraits, de nus, de paysages ou d’animaux morts, l’artiste semble au premier abord reprendre le fil de la tradition picturale, en réinterprétant les grands genres qui la composent. Cependant, ses mises en scènes qui tendent à l’épure intègrent de subtils écarts vis-à-vis des images rémanentes de l’histoire de l’art : l’artiste joue plutôt avec ces références et réfute toutes filiations trop directes ou littérales. Éric Poitevin renvoie en effet à une autre histoire, celle de la photographie, citant tour à tour l’influence des grands portraitistes que furent Nadar, puis Richard Avedon ou Irving Penn, mais aussi les photographes moins connus, voire anonymes, qui participèrent, par leurs expérimentations, à faire de ce médium un champ d’expression plastique puissant. Privilégiant souvent le fond blanc et l’éclairage zénithal naturel propres à son atelier, Éric Poitevin s’empare de son sujet, aussi modeste soit-il, avec le moins de distraction possible. Cette absence de contexte lui donne sa valeur absolue et le rend unique, qu’il s’agisse d’un roseau, d’une personne ou d’un animal mort. L’artiste reste ancré dans son environnement : il y perçoit les variations de toutes les choses familières, manière pour lui « d’ouvrir des mondes », de revenir sur ses certitudes, sur ce qui semble acquis.

Diplômé de l’école d’art de Metz en 1985, l’une des seules formations qui proposait alors un cursus en photographie, Éric Poitevin a enseigné à l’École supérieure des arts décoratifs de Strasbourg puis à l’École nationale supérieure des Beaux-Arts de Nancy. Depuis 2008, il est professeur aux Beaux-Arts de Paris. Très attaché à sa région et ses paysages façonnés par les combats de la Première Guerre mondiale, l’artiste vit et travaille à Mangiennes, dans le département de la Meuse.
Les photographies d’Éric Poitevin sont présentes dans de nombreuses collections publiques françaises et ont notamment été exposées au FRAC Île-de-France, Le Plateau, en 2004 (Éric Poitevin) ; au musée de la Chasse et de la Nature en 2007 (Éric Poitevin. Cerf mort) ; à la Villa Médicis, à Rome – où il a été pensionnaire en 1989-1990 – en 2012 (Éric Poitevin. Photographies) ; au LaM-Villeneuve d’Ascq en 2014 (Éric Poitevin. Le Chemin des Hommes) ; au FRAC Auvergne en 2015 (Éric Poitevin) ; au Domaine du Trianon à Versailles en 2019 (Visible, Invisible).

Musée des Beaux-Arts de Lyon
20 place des Terreaux - 69001 Lyon
tél. : +33 (0)4 72 10 17 40

www.mba-lyon.fr
Le musée est ouvert tous les jours, sauf mardis et jours fériés, de 10h à 18h. Vendredis de 10h30 à 18h.


Pierre Aimar
Dimanche 17 Avril 2022
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