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Le Douanier Rousseau. L'innocence archaïque. Du 22 mars au 17 juillet 2016 au Musée d'Orsay, Paris

Peintre éminemment singulier, Henri Rousseau est un cas unique dans l'histoire de l'art européen.


Henri Rousseau, dit le Douanier (1844-1910) La Charmeuse de serpents
Henri Rousseau, dit le Douanier (1844-1910) La Charmeuse de serpents
Son œuvre s'inscrit pourtant dans son temps, au tournant du XXe siècle : en confrontant sa peinture à quelques-unes de ses sources d'inspiration, qui comptent l'académisme comme la nouvelle peinture, et aux œuvres des artistes d'avant-garde l'ayant intronisé comme père de la modernité, Le Douanier Rousseau.

L'innocence archaïque se veut une mise en lumière critique de son art autour d'une réflexion sur la notion d'archaïsme.
L'archaïsme est ainsi le fil conducteur entre les œuvres de cette exposition, présentée une première fois au Palazzo Ducale de Venise en 2015, avant de rejoindre les salles du musée d'Orsay au printemps prochain.

Les chefs-d'œuvre d'Henri Rousseau des collections des musées d'Orsay et de l'Orangerie (de La Charmeuse de Serpents à La Noce) seront confrontés aux toiles prêtées par les plus prestigieuses institutions internationales. Des œuvres de Seurat, Delaunay, Kandinsky ou Picasso mais aussi d'artistes méconnus permettront d'évoquer la richesse des liens qui se tissent autour du Douanier Rousseau, creuset d'une voie originale dans l'exploration de la modernité.

Introduction

Il serait vain de vouloir placer une étiquette sur le travail d'Henri Rousseau : de même que son parcours artistique, sa peinture est profondément singulière.
Issu d'une famille modeste originaire de Laval, Rousseau est un peintre autodidacte, décrit par ses premiers biographes comme un "peintre du dimanche".

Longtemps employé à l'octroi de Paris (d'où le surnom de "Douanier" dont il est, par approximation, gratifié par son ami Alfred Jarry), il commence à peindre vers l'âge de quarante ans. Il n'a jamais bénéficié de formation académique, mais cherche à apprendre les codes de la peinture officielle auprès de peintres comme Gérôme, Clément, dont il est un temps le voisin, ou Bouguereau, dont il admire la "couleur chair".
En 1884, l'apprenti peintre obtient l'autorisation d'exécuter des copies au Louvre ; il se rend aussi au musée du Luxembourg ou à Versailles.

Rousseau ne suit pourtant de règles que les siennes propres, transformant la peinture lisse des académiques en un langage singulier aux accents oniriques. Très conscient de l'originalité de son art, il s'attache à en conserver l'apparente naïveté, acquise, selon ses propres mots, "par un travail opiniâtre".
Ce qui frappe dans son oeuvre, c'est d'ailleurs cette constance dans la manière, et la cohérence dans le style une fois qu'il en aura obtenu la maîtrise.

La singularité de l'oeuvre d'Henri Rousseau en fait un des cas les plus intéressants de l'histoire de l'art, à la charnière entre deux siècles : fut-il plutôt un enfant du XIXe siècle ou un protagoniste du XXe ? Le débat reste ouvert.
Afin de poser cette question à nouveaux frais, cette exposition se propose de confronter sa peinture à quelques-unes de ses sources d'inspiration, et de la faire dialoguer avec des oeuvres des artistes qui l'ont regardée. En effet, les créateurs de l'avant-garde (écrivains, poètes, peintres…) ont été les premiers à s'intéresser à son oeuvre, en raison peut-être de son caractère "atemporel" : Rousseau, en s'affranchissant des contraintes de la perspective, en utilisant un langage pictural réaliste pour transcrire sur la toile une image mentale, a construit une oeuvre qui constitua pour nombre d'artistes un socle sur lequel s'appuyer pour élaborer une syntaxe nouvelle.

Picasso, Delaunay, Léger, mais aussi les artistes de l'avant-garde italienne et allemande, au premier rang desquels Kandinsky, ont non seulement admiré l'oeuvre de Rousseau, source d'inspiration de leur propre travail, mais l'ont aussi collectionnée.

Pratique



Pierre Aimar
Samedi 26 Mars 2016
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