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La Flûte enchantée, de Mozart, singspiel en deux actes (1791), livret d’Emanuel Schikaneder, Opéra de Paris, du 11 mars au 15 avril 2014

Nous ne saurons jamais comment la mort s’est annoncée à Mozart, quand et sous quelle forme elle lui a dépêché ses messagers. Toute la musique composée en 1791, la dernière année, nous fait pourtant entendre que Mozart les a écoutés sans peur et a accepté leur message.


Mozart aimait l’ivresse et ne pouvait vivre qu’en elle : l’ivresse du cœur, du travail, de la beauté. Avec le sentiment du peu de temps qu’il lui restait, il se résolut à quitter la terre, épuisé, et se consuma en ses œuvres ultimes. Si dissemblables, elles le résument tout entier : La Clémence de Titus, La Flûte enchantée et le Requiem. Nourrie de la philosophie des Lumières, La Flûte enchantée fait une parabole des grands thèmes qui ont occupé le XVIIIe siècle : la nature et la culture, l’éducation et la morale, la vérité et la religion. Elle exprime ses convictions avec une naïveté revendiquée, simplifications émouvantes des choix que doit faire toute vie humaine. Cette simplicité est de celles qui sont nécessaires lorsque le temps presse, que tout vacille et qu’il faut s’exprimer avec clarté, se faire comprendre à coup sûr.
À la fois conte merveilleux, comédie populaire, fable philosophique, mystère religieux, opéra maçonnique, La Flûte enchantée trouve en ce chaos sa miraculeuse simplicité : elle nous montre la peine et le baume, le jour qui triomphe de la nuit, le chemin d’amour et de fraternité qu’il faut suivre si l’on veut être digne de l’humanité.

Distribution

Direction musicale : Philippe Jordan
Mise en scène : Robert Carsen
Décors : Michael Levine
Costumes : Petra Reinhardt
Lumières : Robert Carsen / Peter Van Praet
Dramaturgie : Ian Burton
Chef de Choeur : Patrick Marie Aubert

Pavol Breslik : Tamino
Eleonore Marguerre : Erste Dame
Louise Callinan : Zweite Dame
Wiebke Lehmkuhl : Dritte Dame
Daniel Schmutzhard : Papageno
Franz Josef Selig : Sarastro
François Piolino : Monostatos
Julia Kleiter : Pamina
Sabine Devieilhe : Königin der Nacht
Terje Stensvold : Der Sprecher
Eric Huchet : Erster Geharnischter
Wenwei Zhang : Zweiter Geharnischter

Maîtrise des Hauts-de-seine / Chœur d’enfants De l’Opéra national de Paris
Orchestre et Chœur de l’Opéra national de Paris

Wolfgang Amadeus Mozart (né à Salzbourg le 27 janvier 1756, mort à Vienne le 5 décembre 1791).

Enfant prodige (il prend ses premières leçons de clavecin à l’âge de quatre ans et commence à composer à l’âge de six), Mozart connaît rapidement la célébrité grâce aux nombreuses tournées que lui fait faire son père, Léopold, qui est aussi son professeur et son mentor. Malgré sa brève existence, il est un des compositeurs les plus prolifiques de l’histoire de la musique. Dans le domaine lyrique, après des œuvres de jeunesse (La Finta semplice, Mitridate re di Ponto, Lucio Silla, La Finta giardiniera, entre autres), Mozart affirme véritablement sa personnalité avec Idomeneo (1781). L’Enlèvement au sérail, l’année suivante, marque l’achèvement de son indépendance et le début des chefs-d’œuvre de la maturité : Les Noces de Figaro en 1786, Don Giovanni en 1787, Così fan tutte en 1789. La Clémence de Titus, qui revient au genre seria, est son dernier opéra.

La Flûte enchantée

Die Zauberflöte (littéralement : « La Flûte magique », ou plutôt « ayant un pouvoir d’enchantement »). Opéra (Singspiel) en 2 actes, chanté et joué en allemand. Livret d’Emanuel Schikaneder (1751-1812), acteur, metteur en scène et directeur du Theater auf der Wieden de Vienne ; il programma dans son théâtre plusieurs opéras de Mozart et suggéra à Beethoven le sujet de Fidelio. C’est lui qui avait convaincu Mozart d’écrire pour son théâtre populaire de la banlieue de Vienne La Flûte enchantée au livret de laquelle collaborèrent sans doute également Giesecke, von Born et Mozart lui-même.
La Flûte enchantée allie la forme populaire du Singspiel, faisant alterner les dialogues parlés et le chant, avec la forme la plus élevée du drame philosophique, et, au travers d’un canevas unissant trame maçonnique et épisodes comiques, concilie musique savante et musique populaire.

La Flûte enchantée a été créé le 30 septembre 1791, au Theater auf der Wieden de Vienne, sous la direction de Mozart lui-même, Schikaneder interprétant le rôle de Papageno. A la fin de l’année suivante, La Flûte enchantée comptait déjà 100 représentations. Avant 1800, l’œuvre était jouée dans une centaine de villes. Goethe projeta d’en écrire une suite.

L'œuvre à l'Opéra de Paris

Le public de l’Opéra de Paris ne connut d’abord La Flûte enchantée que par une libre adaptation sur une version française qui portait le titre de Les Mystères d’Isis (20 août 1801). Le 3 avril 1879, l’ouvrage entre au répertoire de l’Opéra Comique dans une version française de Nuitter et Beaumont. La Flûte enchantée entre finalement au répertoire de l’Opéra (Palais Garnier) dans une nouvelle version française de Jean-Gabriel Prodhomme le 26 janvier 1923. Le 22 décembre 1954, dans une version nouvelle de Jean Sarment, la production de Maurice Lehmann dans des décors de Chapelain-Midy reçoit un accueil triomphal. En mai 1977, Rolf Liebermann confie la mise en scène de la première Zauberflöte chantée et jouée en allemand à l’Opéra à Horst Zankl, dans des décors d’Arik Brauer. Une prestigieuse distribution comprenant Kiri Te Kanawa, Horst Laubenthal, Kurt Moll, Edda Moser est réunie sous la direction de Karl Böhm. En juin-juillet 1986, l’œuvre est donnée à l’Opéra Comique dans une nouvelle présentation réalisée par Marcel Bluwal et Hubert Monloup. En juin 1991, La Flûte enchantée a fait son entrée à l’Opéra Bastille, sous la direction d’Armin Jordan et dans la mise en scène de Robert Wilson, production pour laquelle de nouveaux costumes furent réalisés en 1999 par Kenzo. En décembre 2000, Benno Besson signe une nouvelle mise en scène présentée au Palais Garnier. En 2005, enfin, une nouvelle production a été présentée à l’Opéra Bastille, dans une mise en scène de La Fura dels Baus, sous la direction musicale de Marc Minkowski et avec Mireille Delunsch, Paul Groves, Erika Miklosa et Ain Anger.

Informations pratiques

Opéra Bastille - Première le 11 mars 2014 - 19h30

Tarifs : 15€, 35€, 70€, 100€, 130€, 150€, 180€, 195€

Durée : 2H45 avec un entracte

Billet en vente dès le 17 décembre 2013. Cliquez ici


Pierre Aimar
Samedi 14 Décembre 2013
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