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LA GRANDE BELLEZZA

Françoise Besson est heureuse d’inviter Jacques Migayrou pour sa troisième exposition personnelle à la galerie du 13 juin au 31 juillet 2019, LA GRANDE BELLEZZA, en référence au film de Paolo Sorrentino sorti en 2014.


De l’autre côté de la toile.

Il est une raison particulière de s’intéresser à Jacques Migayrou. On pressent l’avènement dans sa peinture de quelque chose de singulier. Elle offre un répertoire pictural propre à l’artiste, qui s’éloigne d’une pensée classique où la couleur et la lumière se disputent la première place.
Pour comprendre l’évolution de J. Migayrou, il faut d’abord voir d’où il est parti. A l’origine, il manifeste un goût prononcé pour l’héritage de l’architecture antique et pour les canons esthétiques. Il renouvelle le discours de la beauté idéale par le biais de l’emprunt et de la représentation du corps. L’héritage romantique, celui qui constitue le champ de l’histoire de l’artiste apparaît et fait duel. C’est alors qu’intervient la réflexion essentielle qui est celle de la place que l’humain entretient avec son rapport au monde. C’est à partir de ces grands axes auxquels s’ajoute aujourd’hui celui du paysage, que J. Migayrou crée une diversité dans ses œuvres.

Conçue comme une entité personnelle, l’œuvre révèle une conception intime pour mettre en exergue l’émotion. Susciter l’émotion ! C’est bien de cela dont il s’agit !
La peinture de Migayrou sème le trouble, elle perturbe tant par l’organisation pittoresque de la composition que par la palette. Paradoxalement simples et complexes les compositions se délestent des lois de la perspective et sont réduites à une hiérarchie des plans. Les surfaces sont ordonnées et traitées en aplat, les figures et les formes sont étirées et animées d’une douceur languide. Les proportions parfois exagérées marquent un effet d’étrangeté. La ligne est sinueuse. Les arbres et les motifs architecturaux tels des remparts sont dominants. Les corps sont théâtralisés, mis en scène au moyen de couleurs contrastées et de l’éloquence de la posture. Les sujets féminins sont travaillés sans détails et en torsion musculaire. D’une pâleur minérale ou d’un éblouissement phosphorique, ils sont le point de lumière central de l’œuvre. Quant aux personnages masculins, le corps est figé, mutilé et décapité, exposé en contrapposto, il incarne l’esprit grec et affirme cette quête de la beauté.

Jacques Migayrou porte une attention minutieuse aux choix chromatiques. Tour à tour, chaudes ou froides, les couleurs sont lissées ou appliquées en larges touches, elles segmentent les plans, traduisent une gestualité et induisent le récit. Elles créent des atmosphères nocturnes, orageuses et tourmentées. Les paysages expressionnistes sont immenses, ténébreux et hostiles. Certains accords créent de violents effets de contrastes et donnent une impression d’irréalité. Les combinaisons des masses colorées lumineuses se répondent, s’affrontent et se repoussent de part et d’autre de la toile. La couleur s’émancipe, elle est vibrante et puissante voire insolente, elle est un véritable uppercut !




La force émotionnelle du langage plastique de Jacques Migayrou ne réside pas uniquement dans le choix des couleurs et de la citation, elle vient également des thématiques abordées. Le paysage tient une place importante et devient le sujet privilégié des œuvres récentes de l’artiste. Il transcrit sur la toile la sensation des variations colorées, la lumière et le sentiment de l’éphémère. La transcription des effets atmosphériques et des mouvements de la nature apparaît comme le reflet des émotions. L’artiste accède à une plus grande liberté picturale et émotionnelle. Dès lors, la couleur est un miroir magique qui, si nous savons le flatter, nous révèle nos désirs, nos peurs, nos angoisses, nos pensées cachées, et nous dit des choses essentielles sur le monde, et sur nous-mêmes. C’est ainsi que la couleur est à son paroxysme, que la lumière est majesté. Ces deux éléments s’imposent comme des alliés et deviennent une autre réalité : la matière qui assure la réussite de l’œuvre et rend possible cette approche intime du sensible de l’autre côté de la toile.

Marie-Agnès Charpin


Françoise Besson
Samedi 15 Juin 2019
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