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L'Ensemble Baroque de Nice interprète l'ntégrale des concertos grossos opus III de Haendel, à l'Opéra de Nice, le 20 mars 2011

Consacré à G.F. Haendel, compositeur prolifique et emblématique de la musique du XVIIIe siècle, ce concert sera l’occasion d’entendre l’intégrale des concertos grossos de l’opus III, six oeuvres majeures de la musique baroque instrumentale. Un plaisir à savourer dans le cadre enchanteur de l’opéra de Nice.


nsemble Baroque de Nice © stmartin
nsemble Baroque de Nice © stmartin
Programme :
Concerto n° 1 en si bémol majeur
Concerto n° 2 en si bémol majeur
Concerto n° 3 en sol majeur
Concerto n° 4 en fa majeur
Concerto n° 5 en ré mineur
Concerto n° 6 en ré majeur

Le concert
Les six Concerti grossi opus III de Georg Friedrich Haendel furent publiés à Londres en 1734. Articulés dans un nombre libre de mouvements – de deux à cinq –, ils ne répondent pourtant pas au modèle quant à leur dialectique interne et à leur instrumentation ; dans la diversification des timbres, on ne trouve jamais le concertino canonique formé par deux violons et un violoncelle, mais plutôt une sorte de « concerto pour orchestre » avec de nombreuses interventions en solo, tour à tour confiées aux violons, aux hautbois et aux flûtes, sans pouvoir parler de véritables concertos pour instruments solistes.

Probablement composé en 1724, le Premier Concerto en si bémol majeur avec sa subdivision en trois mouvements et sa construction en ritournelles, se rapproche de la forme du concerto vivaldien. Écrit pour deux flûtes, deux hautbois, deux bassons, violon, cordes et continuo avec la particularité de deux parties d’alto, il s’ouvre sur un thème à l’unisson, bondissant, qui, intercalé par des soli figuratifs aux hautbois et au violon, assure la cohésion de l’Allegro initial. Le Largo à l’allure de sarabande est une magnifique succession de combinaisons instrumentales, à partir de l’alliance entre les flûtes et les bassons, suivie par l’intime mélange du violon avec un hautbois, avant que les différentes sources s’alternent pour s’unir finalement dans une phrase ample et noble ; l’Allegro final concis, qui dans sa dernière section en solo fait intervenir les bassons, conclut l’oeuvre d’une façon insolite au mineur relatif.

Le Deuxième Concerto en si bémol majeur pour deux hautbois, deux violons, deux violoncelles, cordes et continuo débute avec un Vivace décidé – emprunté à la Brockes Passion – basé sur le contraste entre rythme pointé et longues séquences de doubles croches ; le Largo suivant est une page d’une poignante mélancolie portée par un hautbois solo qui plane au-dessus des cordes d’où ressort un flux ininterrompu de doubles croches aux deux violoncelles. Après un Allegro fugué bien ramassé – provenant lui aussi de la Passion – deux mouvements de danse, un élégant Menuet et une franche Gavotte avec deux variations, terminent avec entrain.

Issu du septième des Chandos Anthems, le premier mouvement du Troisième Concerto en sol majeur pour flûte, violon, cordes et continuo se compose d’une courte introduction en accords détachés et d’un Allegro fugué qui combine la densité de l’écriture contrapuntiques avec des sections concertantes. Le mouvement lent n’est, ici, qu’un Adagio de transition, pourtant finement ouvragé dans sa partie de flûte, vers la vaste fugue finale (Allegro) bâtie sur un sujet avec notes répétées, et réélaborée à partir d’une page pour clavecin.

Le Quatrième Concerto en fa majeur pour deux hautbois, basson, cordes et continuo fut exécuté en 1716 pendant les entractes de l’opéra Amadigi au King’s Theatre « for the Benefit of the Instrumental Music ». Le premier volet (Andante-Allegro) est une somptueuse ouverture à la française dont la section fuguée présente un sujet en syncopes plein d’esprit et anti-académique : l’Andante est une page charmante, alors que le vigoureux Allegro, une quasi-fugue au mineur relatif, procède avec élan d’un thème bien sculpté, provoquant un saisissant contraste avec l’aimable menuet (Allegro) assez proche de certaines pages de Water Music.

Seul concerto des six à être entièrement écrit dans une tonalité mineur, le Cinquième Concerto en ré mineur, requérant la même instrumentation que le précédent, tire ses deux premiers mouvements du deuxième des Chandos Anthems : une pièce sévère sans indication de tempo, opposant un dessin en triolets à des accords résolus, s’enchaîne avec une rigoureuse fugue à trois voix (Allegro) louée par Mattheson comme « modèle d’un nouveau genre de double fugue ». La seconde partie du concerto, ajoutée en 1734, se compose d’un court Adagio et d’un Allegro ma non troppo fugué, harmoniquement denses, et d’un Allegro débutant à l’unisson aux rythmes de bourrée, voire de gavotte, assez rapides.

Le dernier concerto du cycle, Sixième Concerto en ré majeur, ne se subdivise qu’en deux sections : un Vivace en ré majeur hardi et déterminé – déjà employé pour la reprise de l’opéra Ottone en 1726 – avec des chromatismes frappants, où l’on devine certaines anticipations de la forme sonate classique, et un Allegro bipartite en ré mineur, véritable mouvement de concerto pour orgue (ou clavecin) virtuose et captivant, délibérément en antithèse avec le Vivace.
Antonio Secondo

Pratique

Opéra de Nice
G.F. Haendel
Intégrale des concertos grossos opus III
Ensemble Baroque de Nice
Direction Gilbert Bezzina

Tarifs: de 4 à 15 €
Billetterie :
FNAC – Géant – Carrefour
Harmonia Mundi – 33, rue de l’hôtel des postes, 06000 Nice – 04 93 62 84 80
www.classictic.com
Renseignements : 04 93 80 08 74


Pierre Aimar
Jeudi 3 Mars 2011
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