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Guadeloupe : Les Nuits Caraïbes 2020, le nom ne fait-il pas rêver ? Exotisme, îles lointaines, soleil et chaleur… et musique bien sûr

Entre le 7 et le 15 février, les Nuits Caraïbes arpentent la Guadeloupe, s’attardant à la Chapelle de Néron au Moule dans son cadre exceptionnel de bois sauvage et ordonné en vastes prairies sous les arbres centenaires.


Chapelle de Néron, lieu de concert © P. Aimarintime
Chapelle de Néron, lieu de concert © P. Aimarintime
Avec au milieu la petite chapelle blanche et bleue qui, comme l’a souligné le pianiste Yves Henry, habitué des lieux, « a offert tant de moments exceptionnels de musique depuis tant d’années »
Double concert interrompu par un brunch le samedi 8 février, en excellente compagnie musicale grâce à Emmanuel Rossfelder, guitariste qu’on ne présente plus, à Noé Huchard au piano jazz, par la grâce d’Astrig Siranossian au violoncelle, accompagnés par Yves Henry, directeur artistique et pianiste.

Yves Henry, directeur artistique et pianiste © P. Aimar
Yves Henry, directeur artistique et pianiste © P. Aimar

Espagne, guitare et jazz

Astrig Siranossian et Emmanuel Rossfelder © P. Aimar
Astrig Siranossian et Emmanuel Rossfelder © P. Aimar
Grâce à la musicalité et à son pouvoir évocatoire, la guitare parle d’Espagne, envahit les lieux apportant la chaleur de sa musique, du flamenco au jazz. Les compositeurs qui ont porté cette musique dont on dit qu’elle est de flamme et de larmes, sont tous évoqués là ce soir : Tarrega, Rodrigo, Albeniz, Granados et leur musique a déjà enchanté bien souvent nos oreilles. Mais quel plaisir de la voir interprétée devant nous avec la fougue et le plaisir que semblent y prendre les interprètes : d’abord Emmanuel Rossfelder qui présente et commente avec savoir et humour œuvres et compositeurs avant de se glisser dans des mélodies qu’il nous livre toutes ferventes avec sa maestria habituelle.

Noé Huchard quant à lui, pianiste de jazz, a juste 20 ans fait preuve d’aisance et de décontraction pour des impros toniques et vite familières. Quelle spontanéité et quelle vivacité pour faire vivre l’Espagne et swinguer jazzy !

Alternance des deux interprètes avant une seconde partie, totalement différente, plus classique mais tout aussi passionnée ; en effet Yves Henry au piano et Astrig Siranossian, jeune violoncelliste qui ne cesse de parcourir les grands festivals et de grandir en renommée, vont proposer, les trois B comme dit Astrig, Beethoven, Brahms et Bach dans une belle progression musicale pour notre plus grand plaisir. Et la Flûte enchantée revue et animée par Beethoven, dont on fête cette année le 250e anniversaire (1770-1827) en mêlant intimement les deux compositeurs, n’a pas manqué d’apporter sa vivacité et sa part de rêve à cette deuxième partie de la soirée. A noter la vivacité et la jeunesse d’Astrig Siranossian et surtout sa grande maîtrise d’un instrument qui sait chanter, rire, pleurer, à ce point expressif et humain. Rauque ou tendre, mais humain.

Yves Henry, Noé Huchard et Bernadette Beuzelin, présidente des Nuits Caraïbes
Yves Henry, Noé Huchard et Bernadette Beuzelin, présidente des Nuits Caraïbes

La Suite de Bach

Une anecdote, un souvenir s’imposent : cette même Astrig Siranossian avait déjà interprété pour nous la Suite de Bach dans la grande pièce où nous allions manger ; si petite devant la fenêtre, entre maman venue de la cuisine et papa tout proche.
Elle avait alors 6 ou 7 ans… et nous avait - déjà - émerveillés.

A cette Suite de Bach, la jeune Arménienne propose ce soir, à Néron, une part de création mêlant des mélodies populaires de son pays qui apportent leurs consonances orientales parfois proches de la mélopée. Elle chante à peine audible, et la voix forme quelques modulations très douces qui vous emmènent très loin dans de vastes paysages solitaires…, alors que dehors il pleut un peu et que le vent, par la porte blanche et bleue ouverte sur la nuit caraïbe, soulève les cheveux de l’interprète.
Il y a des moments comme ça, créés par de purs hasards et de belles musiques, qui méritent de ne pas être oubliés.

Avec la Rhapsodie hongroise de David Popper, encore une découverte. Le violoncelle va ici devenir violon, jouer façon violon, sur la corde de sol et Astrig Siranossian va en faire chanter l’âme. Il s’agit ici par une belle maîtrise de l’instrument de traduire une vraie Rhapsodie Hongroise chantante et dansante, désespérée mais vive aux « accelerandos » brillants et rapides : une danse virtuose, pour le plaisir !

Même si quelques averses rageuses ont brièvement frappé le toit de la chapelle sous les grands arbres, la musique, les musiciens n’en ont été que plus fougueux et…passionnés.
Merci pour ce plaisir !
Jacqueline Aimar


Pierre Aimar
Jeudi 13 Février 2020
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