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Concert inaugural de l'orchestre philharmonique de Nice et nommination de Philippe Auguin à la direction musicale

Le concert inaugural de l’orchestre philharmonique de Nice voit l’intronisation officielle de son nouveau chef Philippe Auguin. Soirée de gala et de prestige à l’Opéra de Nice, rehaussée par la présence du Maire Christian Estrosi qui, à l’issue de la représentation, installa officiellement dans ses fonctions le nouveau directeur musical de la Maison : le niçois Philippe Auguin.


Ravel et Bartok sortent grands vainqueurs

Concert inaugural de l'orchestre philharmonique de Nice et nommination de Philippe Auguin à la direction musicale
Mais, procédons par ordre…
Ma Mère l’Oye, ballet composé par Maurice Ravel d’après plusieurs contes célèbres (de Perrault, Madame Leprince de Beaumont et Madame d’Aulnoy), reste, au bout du compte un hommage à l’enfance, un ballet féerique aux couleurs miroitantes, peuplé de nymphes endormies, d'elfes sautillants et de lutins maladroits.
Le résultat ? Une partition rythmée, hantée par la mythologie et les rêves de l’innocence tombés dans l’oubli.
Cela convient parfaitement à Philippe Auguin acclamé comme pas deux dès son entrée sur scène par un public tout entier acquis à sa cause.
Souriant, pleurant presque avec l’orchestre, il dirige cette véritable histoire musicale avec tact, finesse, alors que beaucoup la considèrent, de façon quelque peu dédaigneuse, facile, voire anecdotique dans l’œuvre de Ravel.
D’emblée, l’Orchestre Philharmonique de Nice prouve ce dont il est capable lorsqu’il joue sous la baguette de chefs qui le poussent dans ses ultimes retranchements : plénitude et cohésion des cordes, (on soulignera encore et encore le merveilleux violon solo de Vera Novakova), dextérité et précision des bois… Avec toujours et encore ce plaisir du crescendo immense, ces frémissements sans fin… Ravel est à la fête. Et nous donc !
Après l’entracte, les Quatres Pièces pour Orchestre de Bela Bartok, à l’orchestration cuivrée à souhait, sont interprétées ici avec toutes les arêtes et la puissance requises, de réjouissantes ambiances contrastées. Sérieux comme un Pape, attentif, buvant de l’œil et de l’oreille sa phalange, le Chef déploie un kaléidoscope sonore où la splendeur du Philharmonique s’impose naturellement.
Ravel encore pour finir, avec sa pièce maîtresse, très attendue par tous : le fameux Boléro, qui clôturait ainsi le concert inaugural de la saison à venir.
Prise dans un tempo très modéré, magnifique de son et de ton, à la machinerie bien agençée - le finale reste heureusement dans les limites supportées par une oreille musicale ! -, cette page rabâchée s’irise soudain des mille couleurs d’une Espagne plus vraie que nature, aux rouges et ors de fin de corrida.
On y retrouve avec étonnement et bonheur ce « démon » comme l’entendait le poète Federico Garcia Lorca. Un Boléro donné dans une exécution littérale certes, mais qui casse vraiment la baraque car bourré de magie noire, sanguin, amer, naturellement vénéneux dans son éclatante luminosité.
Philippe Auguin donnait alors raison au suisse Emile Vuillermoz qui écrivait en 1925 : « Il y plusieurs façons d’exécuter du Debussy, il n’y en a qu’une pour jouer Ravel ».
Dans sa simplicité, son simple respect du compositeur et de sa géniale musique, celle de Philippe Auguin est la bonne.
Christian Colombeau
12 septembre 2010


Christian Colombeau
Mercredi 15 Septembre 2010
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