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Alfred Latour – Les gestes d’un homme libre, expositions à Arles (Espace Van Gogh, musée Réattu, Maison des Consuls d’Eygalières) du 29 mars au 30 septembre 2018

Libre comme l’air et les cieux provençaux d’Eygalières, qu’il préfèra aux mondanités parisiennes, Alfred Latour (1888-1964) est un artiste dont l’œuvre foisonnante reste à redécouvrir. Graveur, af chiste, typographe, dessinateur textile et photographe de talent, Alfred Latour se savait peintre et sut le devenir.


Rizières, 1956, huile sur toile, 50 x 65 cm © Musée Ziem, Martigues
Rizières, 1956, huile sur toile, 50 x 65 cm © Musée Ziem, Martigues

L’exposition qui lui est consacrée au printemps 2018 à l’Espace Van Gogh présente son œuvre et son parcours, des succès parisiens puis internationaux, en passant par le chaos des deux guerres mondiales qu’il traverse, jusqu’aux années de sérénité à Eygalières. Parallèlement à une œuvre picturale majeure, il créa pendant des années des tissus remarqués par les acteurs de la haute couture, et participa au renouveau du graphisme et de la publicité en France et en Europe.
Dans le même temps, l’œuvre photographique d’Alfred Latour fait pour la première fois l’objet d’une exposition institutionnelle au musée Réattu. Son œuvre se place de façon légitime dans l’histoire même de la photographie et rejoint – le temps d’une exposition – les cimaises du premier musée des beaux-arts français à avoir collectionné la photographie.
Enfin, la Maison des Consuls d’Eygalières présente une série de photographies réalisées par l’artiste dans ce village de Provence où il avait élu domicile les trente dernières années de sa vie. Dans le rôle du photographe, Alfred Latour a toutefois gardé la position du peintre, le regard du peintre, l’esprit du peintre, et c’est ce qui fait toute son originalité.

Espace Van Gogh, Arles du 29 mars au 2 mai 2018

Les Saintes-Marie-de-la-Mer, 1956, aquarelle, 12,5 x 17 cm © Fondation Alfred Latour
Les Saintes-Marie-de-la-Mer, 1956, aquarelle, 12,5 x 17 cm © Fondation Alfred Latour
Cette exposition présente l’œuvre et le parcours d’Alfred Latour, un artiste qui vécut à Eygalières à l’abri du bruit et des modes. Parallèlement à une œuvre picturale majeure, il créa pendant des années des tissus remarqués par les acteurs de la haute couture, et participa au renouveau du graphisme et de la publicité en France et en Europe.
C’est à Paris, dans les années 1910, que débute la carrière d’Alfred Latour. À la source, un attrait pour la peinture jamais démenti, un goût pour la gravure que l’artiste poussera à un niveau de virtuosité rarement égalé, et – pour compléter une palette de talents naturels – une technique de l’aquarelle qui lui assurera une reconnaissance des critiques et des collectionneurs. Aujourd’hui, on trouve les œuvres d’Alfred Latour au Centre Pompidou, au British Museum, au Musée Cantini, entre autres.

Alfred Latour se forme à l’École des arts décoratifs de Paris. Il en sort avec l’œil aiguisé, et un vocabulaire artistique qui lui permet d’aborder avec aisance tant le graphisme et le design de mode que la publicité et la photographie. Dans tous ces champs d’expression, Latour est en quête d’innovation. Il cherche dans les formes et les supports des passerelles susceptibles de faire dialoguer les médiums qu’il emploie.
Latour est membre de l’Union des artistes modernes (UAM) fondée par Robert Mallet-Stevens, qui rassemble notamment des artistes comme Le Corbusier, Sonia Delaunay, Man Ray, Fernand Léger. Il excelle dans le graphisme et la publicité, élabore la communication des Vins Nicolas. Il travaille la reliure, illustre par des traits de plume et des gravures de nombreux ouvrages qui deviennent immédiatement des objets de collection et que l’on retrouve dans les réserves précieuses de la Bibliothèque nationale de France.

Au milieu des années 1930, Latour réalise des reportages photographiques pour l’agence Meurisse à Paris. Ses images sont publiées dans la presse quotidienne.
Dès 1929, il collabore avec Bianchini-Férier (célèbre fabriquant de tissus lyonnais) à l’élaboration de motifs pour la haute couture et l’ameublement. Il prévoit la tenue des nouvelles matières froissées ou plissées, établit des gammes chromatiques d’une modernité époustou ante. Aujourd’hui, la plupart de ces motifs sont conservés au musée des Tissus de Lyon et au Victoria and Albert Museum.
En 1937, Alfred Latour rencontre Pierre Aynard, lequel produit des soies pour les grands couturiers parisiens. Ce dernier le charge de concevoir des séries limitées de tissus et l’invite à l’abbaye de Fontenay, dont il est propriétaire. Latour crée ainsi les “Toiles de Fontenay”, inspirées des motifs des vitraux et éléments architecturaux du célèbre monument, aujourd’hui classé au patrimoine mondial de l’Unesco.

Retiré à Eygalières, Latour représentera inlassablement les paysages des Alpilles dans une abstraction gurative. Les artistes en vogue viendront lui rendre visite dans son jardin – les comédiens Gérard Philipe et Nicolas Bataille, le poète Henri Pichette ou encore André Allix, recteur de l’Université de Lyon. S’il restera à l’écoute du monde, Alfred Latour ne cédera jamais aux sirènes de la gloire, quand bien même distinctions et éloges ne cesseront de le saluer.
Commissariat de l’exposition : Werner Jeker et Pierre Starobinski

Musée Réattu, Arles. Alfred Latour. Photographies – cadrer son temps du 29 mars au 30 septembre 2018

L’œuvre photographique d’Alfred Latour fait pour la première fois l’objet d’une exposition institutionnelle au musée Réattu. Dans la préface de la revue des Arts et métiers graphiques du 25 août 1931, le poète et critique d’art Philippe Soupault écrivait: « On a voulu à tout prix que la photographie fût un art [...]. À part de très rares exceptions, de ces exceptions qui con rment la règle, les photographes cherchèrent à faire de la peinture. »
Avant d’être photographe, Alfred Latour est peintre. Aussi son œuvre ne s’inscrit-il pas dans cette quête un peu vaine, mais se place de façon légitime dans l’histoire même de la photographie et rejoint – le temps d’une exposition – les cimaises du premier musée des beaux-arts français à avoir collectionné la photographie.
Daniel Rouvier
Directeur du musée Réattu

Alfred Latour – Eygalières dans l’objectif d’un peintre. Maison des Consuls, Eygalières du 28 mars au 2 septembre 2018

Eygalières, s.d., photographie © Fondation Alfred Latour
Eygalières, s.d., photographie © Fondation Alfred Latour
C’est après la Seconde Guerre mondiale, dans son village d’Eygalières, qu’Alfred Latour réalise les séries de photographies les plus sensibles de sa production. Sans vraiment de systématique suivie, il saisit les paysages et les habitants, l’architecture et les motifs de la nature qui s’offrent à lui, devant sa porte. Après les reportages parisiens qu’il effectue en 1936, il abandonne l’idée d’une activité photographique professionnelle. Ses images gagnent alors en liberté. Alfred Latour s’adonne à la photographie sans la contrainte du temps concentré. Les sujets sont choisis selon les études qui l’occupent, en écho aux dessins ou aux peintures du moment : la charrette, le puits, les arbres et, en continu, le village niché dans les plis des Alpilles... Latour laisse libre cours à son inspiration. Comme un musicien s’abandonne à l’improvisation, sauf qu’ici la trace perdure.
L’exposition de la Maison des Consuls présente cette collection d’images très personnelles que le peintre constitua comme un livre de souvenirs, sans avoir jamais l’ambition de les exposer. Il prouve son habileté, et la facilité qu’il avait à saisir l’essentiel. En dialogue avec ses méditations chromatiques, Alfred Latour prolonge et construit une épure en noir et blanc.
Commissariat de l’exposition : Werner Jeker et Pierre Starobinski

Une série d’images sera présentée dans l’ancienne mairie du village.

Pratique

Espace Van Gogh
Arles
Du 29 mars au 2 mai 2018
Tous les jours
De 11h à 13h et de 14h à 18h
18 Place Félix Rey 13200 Arles
+ 33 (0)4 90 49 39 39

Musée Réattu
Arles
Du 29 mars au 30 septembre 2018
Du mardi au dimanche De 10h à 18h
10 Rue du Grand Prieuré 13200 Arles
+ 33 (0)4 90 49 37 58

Maison des Consuls
Eygalières
Du 28 mars au 2 septembre 2018
Du mardi au dimanche De 15h à 18h30
Rue de la Vieille Église 13810 Eygalières
+ 33 (0)4 90 95 91 01


Pierre Aimar
Lundi 15 Janvier 2018
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