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18 au 23 décembre, Les Poules de La Bruyère Une joute Lully / La Bruyère proposée par l’Ensemble Boréades et le Chœur Emelthée, Théâtre des Marronniers, Lyon 2°

Séduire ou Aimer ? Distraire ou Converser ? Vanter ou Déjouer ? L’Ensemble Boréades et le Chœur Emelthée proposent une joute opposant deux génies, Lully et La Bruyère. À travers les voix de 8 chanteuses accompagnées par un orgue… de Barbarie, les pOules caquettent, pérorent, vocalisent : l’amour bien sur, mais aussi les conventions sociales, l’hypocrisie et le désir, thèmes chers à nos deux artistes.


Les Poules de la Bruyère :une joute oratoire et musicale Lully / La Bruyère

Les jeunes chanteuses du Chœur Émelthée, dirigé par Marie-Laure Teissèdre proposent en association avec l’Ensemble Boréades, un spectacle insolite, gai et léger pour redécouvrir deux génies du Grand Siècle : Lully dont les partitions sont ici réorchestrées pour orgue de barbarie et petit chœur, et La Bruyère, dont les sentences et maximes extraites des Caractères sont arrangées en saynètes.
Du dialogue entre le texte et la musique naît un spectacle plein de verve, impertinent et amusant, qui fait mouche sur les thèmes éternels de l’amour, des relations hommes femmes, des conventions sociales...
Dans ce spectacle, dialoguent La Bruyère et Lully… Les remarques, maximes, anecdotes de La Bruyère sont restituées de manière polyphonique, chacune des chanteuses ayant une partie du texte à dire. Quant à la musique de Lully, extraite des comédies ballets de Molière, elle est chantée par les jeunes chanteuses, accompagnées pour l’occasion par… un orgue de barbarie !

Note d'intention

« Un beau visage est le plus beau de tous les spectacles ; et l’harmonie la plus douce est le son de voix de celle que l’on aime ». Des femmes, La Bruyère.

Une approche irrévérencieuse de la partition
La musique de Lully était tombée dans l’oubli, jusqu’à ce que ce compositeur central du règne de Louis XIV ne soit remis en lumière, il y a une vingtaine d’années, lorsque « Atys » fût remonté par William Christie (direction musicale) et par Jean-Marie Villégier (mise en scène).
Depuis, ses tragédies lyriques sont régulièrement reprises à la scène et enregistrées. Mais la collaboration de Lully avec Molière, notamment à l’occasion des comédies ballets, demeure en grande partie méconnue. En effet, ces spectacles ne sont présentés qu’en de rares occasions, car ils demandent un effectif étoffé de comédiens, de danseurs, d’instrumentistes, de chanteurs...
Cependant, les jeunes chanteuses du Chœur Emelthée relèvent ce défi pour faire entendre à nouveau ces partitions oubliées. N’ayant pas vocation à monter des productions aussi lourdes, a germé l’idée de travailler avec un effectif réduit. Cette réduction repose sur un instrument : l’orgue de barbarie. Il permet tout à la fois d’apporter une couleur musicale inédite et, parce que c’est un instrument polyphonique, il peut se substituer à un orchestre. Pour ce projet, c’est le compositeur Didier Capeille qui a adapté ces partitions baroques. C’est grâce à cet extraordinaire travail d’écriture et d’arrangement que ce spectacle peut avoir lieu.

Un texte lui aussi arrangé pour la scène
Les Caractères de La Bruyère sont une œuvre à entrées multiples : à la fois ouvrage de moraliste et d’observation, manuel de savoir-vivre et analyse critique du comportement en société, ils mêlent remarques et anecdotes, qui ont souvent une “chute” visant à édifier le public. Si la lecture en est plaisante, l’ouvrage n’est pas destiné à la scène. Pour le faire entendre aujourd’hui, il est apparu nécessaire de lui apporter quelques aménagements.
Tout d’abord en effectuant un choix drastique dans les textes, pour ne conserver que ceux qui portent sur les relations sociales, le comportement des individus en société et leur attitude dans l’intimité. Ce qui forme un spectacle en plusieurs séquences, alternant des notations sur l’individu en public et dans ses relations amoureuses ou amicales. Ensuite, les remarques de La Bruyère ont été « retraitées ». Il s’agit de petites retouches, comme l’actualisation d’un terme aujourd’hui abscons, ou le retrait d’une phrase complexifiant la compréhension. Il s’est aussi agit de “monter” certaines des maximes de manière à retrouver un dialogue ou une conversation.

Une scénographie inspirée du carton perforé...
Enfin, s’agissant des accessoires, ils sont une déclinaison des cartes perforées qui passent dans l’orgue de barbarie. Ces cartons réunissent des qualités plastiques propres à traduire ce projet. En effet, ils symbolisent à la fois l’idée de composition de soi, chère à La Bruyère et suggèrent pourtant une multitude de variations, car aucun carton ne semble identique, tout comme chaque individu cherche à trouver des espaces qui lui permettent d’être lui-même. En déclinant ce visuel sur le dos des partitions, sur le verso des cartes qui permettent aux chanteurs divers petits jeux de scène, nous cherchons aussi à associer tous les spectateurs à ce jeu littéraire et musical, où s’affrontent en termes choisis et en mesure La Bruyère et Lully.


pierre aimar
Mercredi 18 Novembre 2009
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