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15.09.10 au 24.10.10 - Bernadette Tintaud, Pierres palimpsestes, photographies, au Lux, scène nationale, Valence

Exposition personnelle. Vernissage l e 14 septembre à 18h30. Production lux Scène nationale de Valence, dans le cadre d’une résidence Ecritures de lumière du Ministère de la Culture et de la Communication.
lux Scène nationale - 36 boulevard du Général de Gaulle 26000 Valence
Ouverture : mardi au vendredi de 14h à 18h, samedi et dimanche à partir de 16h et les soirs de programmation le dimanche de 16h à 19h
Renseignements : 04 75 82 44 15 | www.lux-valence.com


Pierres palimpsestes, Bernadette Tintaud
Pierres palimpsestes, Bernadette Tintaud

La résidence de Bernadette Tintaud à lux

Lux, Scène nationale de Valence développe un projet pluridisciplinaire axé sur les images sous toutes leurs formes, dont la photographie, et place l’artiste au coeur de son projet par le biais de résidences de création. Bernadette Tintaud a bénéficié d’une bourse de création du Ministère de la Culture et de la Communication, « Ecritures de lumière », dont le but est de permettre à un photographe de participer à une résidence et de mener un travail de création tout en accompagnant un certain nombre de projets éducatifs.
Photographe plasticienne, Bernadette Tintaud utilise les techniques photographiques de l’argentique au numérique, en travaillant matière et lumière pour faire advenir une image dans le temps.
Cette trajectoire est un feuilletage de prises de vue, lente métamorphose où plusieurs états photographiques du réel sont mis en relation et en mouvement.
La perception n’est pas stable, le regard est maintenu en état de vigilance.

Le projet artistique

« Dans les carrières de Saint-Restitut, le vide des galeries est une présence en creux où l’ombre et la lumière luttent. Les carriers, dans leur rage de vivre ou leur espoir d’éternité, ont laissé sur les parois de pierre les griffures de leurs outils et des graffitis. Depuis, les visiteurs de passage y répondent en écho.
Dans ces architectures en ruine abandonnées à la végétation, les écailles du temps donnent une forme de confiance en la pérennité du monde : c’est la trace d’une présence.
En me confrontant à cette mémoire géologique et humaine, je n’ai pas voulu dérouler l’histoire du lieu mais ouvrir un passage à travers la matière photographiée. Au creux de l’image numérique travailler la profondeur par le feuilletage, la stratification de plans et déployer le grain pixellisé de la pierre. Avec la couleur et la lumière sculpter la matière que les hommes avaient déjà sculptée pour faire advenir une image dans le temps.
Ce lieu en appelle au mythe : les carriers, Orphée de l’ombre, avancent dans les entrailles de la terre pour en extraire la pierre et la porter vers la lumière. Dans leur avancée laborieuse, ils traversent des dangers qu’ils semblent vouloir conjurer en inscrivant dans la matière leur nom, leurs rêves, autant d’incantations magiques voire sacrées.
C’est aussi une métaphore de la photographie qui capte et fige : Orphée n’a pas confiance, il veut voir Eurydice juste avant que le seuil des enfers ne soit franchi. Alors qu’elle est en mouvement, s’extrayant de la gangue des ombres, aimantée par la lumière qui ouvre aux possibles de la vie, il se retourne, la regarde et la tue - comme le ferait un instantané rapide et chosifiant.
Dans mes photographies, la première prise de vue est sortie de sa réalité figée pour entamer sa métamorphose. Mes images, palimpsestes de la matière, se déplient dans la durée ; elles surprennent le temps plutôt qu’elles ne le suspendent. »
Bernadette Tintaud


pierre aimar
Mardi 31 Août 2010
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