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Membre du Syndicat de la Presse Culturelle et Scientifique (SPCS) et de la Fédération Nationale de la Presse Spécialisée (FNPS)


Werther de Massenet à l'Opéra Bastille, le 4 février. Par Michel Finck

Encore enrhumé lors de la retransmission télévisée nous espérons Jonas Kaufman remis.
Après une ouverture parfaitement interprétée par l'orchestre fort bien dirigé par Michel Plasson la scène découvre un décor dépouillé avec un grand portail ouvert qui laisse entrer notre ténor, superbe comme à son habitude, très timide et contemplatif des lieux comme le veut la partition.


Vingt minutes d'ovations

Benoit Jacquot qui met en scène dirige dès le début et tout au long du spectacle les acteurs de façon remarquable et sait leur donner les gestes justes ce qui est rarement le cas à l'opéra. Les lumières magnifiques viennent combler de façon extraordinaire le dépouillement du décor et au troisième acte font ressembler la scène à un tableau de maître hollandais.
Et puis Kaufman chante et c'est l'éblouissement : la voix au timbre placé très bas est puissante et les aigus sont là sans peine perceptible. De surcroît c'est dans un français parfait sans accent et tout à fait compréhensible que s'exprime notre ténor et tout au long de l'ouvrage son jeu restera d'une grande justesse sans excès pour ce romantique qui souffre à en mourir mais ne gesticule pas dans tous les sens comme on a pu le voir.
L'autre grande de la soirée c'est Sophie Koch et sa très grande et belle voix. Elle possède une tessiture très étendue lui permettant de donner les graves de la partition sans poitriner et les aigus assassins du rôle sans crier ; nous sommes ravis de pouvoir suivre depuis quelques années les immenses progrès de cette très jeune femme et en plus elle aussi joue très juste.
C'est "notre" Ludovic Tézier qui chante le mari jaloux avec sa toujours somptueuse voix de baryton qui s'étoffe et nous laisse espérer Rigoletto pour bientôt...
Excellente Anne-Catherine Gillet en Sophie : timbre cristallin nécessité par l'ouvrage mais qui nous montre qu'elle sait donner des aigus en force sans crier et des demi-teintes délicieuses.
Toujours aussi bon Alain Vernhes avec sa belle et grande voix qui semble défier le temps. Les deux autres chanteurs s'en sortent également très bien dans des rôles difficiles à interpréter mais seul petit reproche, on demande à Schmidt d'en faire un peu trop, le transformant en véritable poivrot. Les enfants chantent à merveille et jouent ; avec de petits mouvements très simples Jacquot arrive à les faire paraître tout à fait naturels.
Que d'émotion tout au long de la soirée!
Vous aurez compris que la soirée est un triomphe et que notre tristesse au troisième acte était due surtout au fait que la représentation allait se terminer.
C'est la dernière représentation de la série et les bravos aux artistes et au chef d'orchestre vont durer 20 minutes, je pense que les artistes auront compris qu'on les aimait !
Michel Finck
mcfinck@yahoo.fr


pierre aimar
Mercredi 10 Février 2010
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