Sortir ici et ailleurs, magazine des arts et des spectacles

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Picasso et les maîtres. Galeries Nationales du Grand Palais à Paris. Par Jacqueline Aimar

Deux thématiques de l’œuvre du grand maître sont simultanément présentées au Louvre autour des Femmes d’Alger de Delacroix, et au Musée d’Orsay autour du Déjeuner sur l’herbe de Manet.


Aux Galeries du Gand Palais a eu lieu cet automne un événement exceptionnel

Picasso. Infanta Margarita. 14 septembre 1957
Picasso. Infanta Margarita. 14 septembre 1957
Pour la première fois, les chefs d'oeuvre de Picasso sont réunis autour de ceux des Grands Maîtres.
Picasso n’a jamais dessiné comme un enfant ; en effet il est formé très tôt aux règles strictes de la pratique académique auprès de son père professeur à l'Ecole des Beaux Arts et directeur du musée de Málaga et par la suite, dans son cursus à l'Ecole des Beaux-Arts de la Corùna. Académies, peinture d'histoire, scène de genres, compositions épiques ou religieuses, rendu bitumeux, grandes machines, concours, peinture officielle, galerie de peinture, forment le quotidien, la référence et la perspective de son apprentissage.
Il opère depuis sa première grande composition à sujet allégorique jusqu'aux dernières toiles d'après Vélasquez, Titien et Rembrandt, où règnent sous les masques de mousquetaires, musiciens et matadors, le motif d'un autoportrait obsessionnel. Souvent on découvre son visage ou son regard - yeux de prunes sombres - transpercent une toile, animant un personnage. La période des «variations» d'après Delacroix, Vélasquez ou Manet (1950-1962), forme l'épisode le plus connu et explicite de cette démarche de relecture critique qui traverse l'ensemble de son œuvre

Un cannibalisme pictural sans précédent
Confrontant passé et présent, au-delà des ruptures stylistiques et des innovations formelles, l'exposition présente dans un parcours croisant approches thématique et chronologique, au gré de la peinture de Picasso et en la prenant pour seul guide :
Greco, Vélasquez, Goya, Zurbarán, Ribera, Melendez, Poussin, Le Nain, Dubois, Chardin, David, Ingres, Delacroix, Manet, Courbet, Lautrec, Degas, Puvis de Chavannes, Cézanne, Renoir, Gauguin, Douanier Rousseau, Titien, Cranach, Rembrandt, Van Gogh. Picasso apparaît comme le peintre qui a le plus assumé la peinture du passé. Espagnols, Français, Italiens, Allemands, ces peintres forment la trame plurielle d'un motif serré dans lequel la peinture apprend de la peinture, car la démarche de Picasso érige en système la peinture de la peinture.
En rupture avec les procédés académiques de transmission et de reproduction de la tradition - copie, paraphrase, citation - cette méthodologie nouvelle place la peinture au cœur de la connaissance du monde.

Il faut parfois en rire !
Transposition, mimétisme, détournement, dénaturation forment quelques-unes des figures de la stratégie déployée par Picasso à l'égard de ses peintres de prédilection. Il aura ainsi fécondé le modus operandi de la création moderne et contemporaine, la tirant aussi parfois du côté de la duplication perverse, de l'ironie et du pastiche.
Jacqueline Aimar

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pierre aimar
Jeudi 19 Février 2009
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