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Pergolèse, un autre stabat mater par Le Concert de l’Hostel Dieu - Franck-Emmanuel Comte

Sous la baguette de son directeur artistique Franck-Emmanuel Comte, Le Concert de l’Hostel Dieu propose une interprétation singulière du célèbre Stabat Mater de Pergolèse.


Pergolèse, un autre stabat mater par Le Concert de l’Hostel Dieu - Franck-Emmanuel Comte
Son approche interprétative est à la fois musicologique - il s’appuie sur un manuscrit inédit conservé à la Bibliothèque de Lyon - et socio-historique : prenant en compte le contexte culturel et traditionnel napolitain, il entremêle des polyphonies traditionnelles et des tarentelles envoûtantes pour plonger l’auditeur dans l’univers de la Semaine sainte à Naples.

Un manuscrit de la Bibliothèque de Lyon
C’est la restitution du manuscrit inédit du Stabat Mater, conservé à la Bibliothèque de Lyon et issue de la partothèque de la société musicale lyonnaise l’Académie du Concert, que Le Concert de l’Hostel Dieu interprète. Une version pour cinq solistes, qui dépasse le caractère éthéré que l’on connait si bien pour donner à l’œuvre une dimension dramatique et théâtrale exacerbée.

Une immersion napolitaine
Mêlées aux versets du Stabat Mater, polyphonies traditionnelles et tarentelles napolitaines plongent l’auditeur dans l’univers de la Semaine sainte à Naples où se côtoient, dans les églises et sur leurs parvis, musiques sacrées et musiques profanes. Une alternance qui souligne les liens entre l’héritage populaire du sud de l’Italie et le talent cosmopolite de Pergolèse.

Note de programme

Un autre Stabat Mater
Le Stabat Mater de Pergolèse est un triomphe dans toute l’Europe, et ce dès le milieu du XVIIIe siècle. À Lyon, ville très ouverte sur la culture italienne, l’œuvre connait un vif succès, notamment grâce aux sociétés musicales alors en plein essor. Ainsi, à l’Académie du Concert, l’une des plus brillantes de ces sociétés, on joue pêle-mêle musiques sacrées et profanes, françaises et italiennes. Et c’est dans la partothèque de cette dernière, aujourd’hui conservée à la Bibliothèque municipale de Lyon, que l’on trouve un manuscrit du Stabat Mater, dans une version très originale. L’œuvre de Pergolèse y est présentée dans un arrangement tout à fait inhabituel. En dehors de quelques modifications mineures dans les parties instrumentales, c’est à un baryton qu’est confié la partie d’alto, sans doute en raison de la disparition des castrats qui interprétaient habituellement cette partie. Quant aux fugues et au verset « O quam tristes », ils sont arrangés à cinq voix. Le poème latin prend ainsi une toute autre ampleur, évoluant vers plus de théâtralité et d’emphase dramatique.

Afin d’accompagner cette dramatisation du Stabat Mater, nous avons intercalé aux différents numéros diverses œuvres traditionnelles : polyphonies napolitaines (Stabat Mater, Miserere,…), chansons (Donna Isabella, La Carpinese) et tarentelles. Cette proximité immédiate de la musique savante et de l’art populaire, du sacré et du profane, correspond tout à fait à l’âme napolitaine qui s’exprime encore de nos jours, notamment pendant la Semaine sainte lors d’incroyables cérémonies qui nous stupéfient par leur caractère envoûtant, spontané et intense. Musicalement, ces dernières sont caractérisées par une rencontre étonnante entre les chants religieux entonnés par les célébrants, les polyphonies improvisées par les confrères en procession portant la croix, les « flonflons » de l’harmonie municipale interprétant des extraits du Stabat Mater ou d’un opéra de Verdi, et les tarentelles chantées, dansées et martelées qui résonnent en continu sur le parvis des églises dont les portes restent entrouvertes… De tout ceci ressort une émotion collective à la fois mystique et festive, douloureuse et joyeuse, qui surprend, trouble et subjugue.

De ces expériences vécues à de nombreuses reprises à Naples, Sessa Aurunca ou dans les environs m’est venue l’idée d’interpréter le Stabat Mater avec un biais différent, en intégrant les spécificités qui marquent encore de nos jours la Semaine sainte napolitaine dans ce qu’elle a de plus populaire et authentique. Notre approche interprétative du Stabat Mater est donc à la fois musicologique, avec le manuscrit inédit conservé à la Bibliothèque municipale de Lyon, et socio-historique, prenant en compte le contexte culturel et traditionnel napolitain. Mais c’est avant tout une approche purement personnelle et subjective, née de la rencontre entre un goût personnel pour la musique sacrée italienne, telle que nous la connaissons à travers les très nombreux manuscrits italiens conservés à Lyon, et l’émotion ressentie lors d’un voyage un peu hors du temps…
Franck-Emmanuel Comte

Biographies

Le Concert de l’Hostel Dieu
Depuis sa création, Le Concert de l’Hostel Dieu est un acteur majeur de la scène baroque française.
L’ensemble se singularise par une interprétation sensible et dynamique du répertoire vocal du XVIIIe siècle. Sous la direction de Franck-Emmanuel Comte, il défend l’originalité et la spécificité d’un répertoire régional en valorisant les manuscrits baroques conservés dans les bibliothèques de la région Auvergne-Rhône-Alpes. L’ensemble réalise ainsi diverses restitutions et éditions de partitions inédites, riches des liens privilégiés que Lyon entretenait avec l’Italie. Favorisant une approche historique et philologique du répertoire baroque et classique, notamment le catalogue mozartien, Le Concert de l’Hostel Dieu propose systématiquement une interprétation sur instruments d’époque.
Transposer la richesse et la diversité des musiques baroques dans notre époque est un des points forts du Concert de l’Hostel Dieu. Se nourrissant de collaborations artistiques stimulantes, l’ensemble provoque la rencontre des esthétiques baroques avec des cultures et des artistes d’horizons divers. Renouvelant la forme concertante, ses créations ont également vocation à sensibiliser de nouveaux publics issus de générations et de territoires différents.
Le Concert de l’Hostel Dieu place au cœur de ses projets des distributions de jeunes solistes internationaux, repérés lors d’académies ou de grands concours européens de chant baroque.

Les projets du Concert de l’Hostel Dieu sont soutenus par la Région Auvergne-Rhône-Alpes, la Ville de Lyon, l’ADAMI et la SPEDIDAM.

Franck-Emmanuel Comte
Dès la fin de ses études au CSNMD de Lyon, Franck-Emmanuel Comte occupe des postes clés et répond à des invitations de maisons d’opéra (Nantes, Lyon, Studio Opéra de Paris,…) et d’orchestres (Orchestres des Pays de Savoie, Ensemble Orchestral Contemporain, Orchestre de l’Université d’Auckland, Collegium Musicum Riga,…).
Directeur artistique du Concert de l’Hostel Dieu depuis sa création, il dirige l’ensemble lors de plus de 1500 concerts et enregistre une vingtaine de disques. Régulièrement invité à se produire dans les capitales européennes ou mondiales (Barcelone, Londres, Riga, Cracovie, Rome, Bruxelles, Madrid, Calcutta, Chennai, Pékin, Taiyuan,…) et lors de nombreux festivals internationaux (Montserrat, Brežice, Girona, Foligno, Wallonie, Nuits de Fourvière, Ambronay, Chaise-Dieu, Peralada, Händel Festpiel de Halle,…). Franck Emmanuel Comte se passionne pour le répertoire baroque mais aussi pour les projets transversaux ou atypiques.
Il est également directeur artistique du festival Musicales en Auxois (21) et du Centre musical international J.-S. Bach de Saint-Donat (26).


Pierre Aimar
Vendredi 30 Novembre 2018
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