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Paris, Maison de Victor Hugo : Caricatures, Hugo à la une, du 13 septembre 18 au 6 janvier 19

Cette exposition invite à un parcours chronologique à travers 180 caricatures politiques ou littéraires consacrées à Victor Hugo, publiées entre 1830 et 1885, le plus souvent, « à la une », et toutes issues des collections du musée.


Portrait peint ou dessiné qui amplifie certains traits physiques ou de caractère du sujet, la caricature diffère du dessin de presse qui ne s’appuie pas nécessairement sur des déformations ni ne représente forcément quelqu’un de connu. Sous sa forme moderne,
la caricature se répand à partir des années 1830 et elle accompagne le développement technique et économique de la presse.

Poète, romancier, homme de théâtre et, à partir de 1848, homme politique, Victor Hugo a fait l’objet d’innombrables caricatures. Il est loin d’être le seul mais sa personnalité, sa fougue, son ambition et son ego rendaient sans doute l’exercice attrayant pour les dessinateurs.
Ces images moqueuses, méfiantes, ou admiratives, nous indiquent comment et pourquoi Hugo fut en son temps aimé ou détesté, combattu ou respecté, haï ou célébré.
Dans tous les cas, elles prouvent que la liberté de penser, d’écrire et de dessiner est un bien commun et précieux qu’il nous appartient, comme Hugo l’a toujours fait, de le défendre.

Quelques éclairages thématiques

Formes et prétextes
Les caricatures peuvent prendre plusieurs formes : portrait unique, centré sur le sujet, scène complexe, galerie de portraits prenant la forme d’un cortège ou d’un panthéon. Elles peuvent se décliner en séries de portraits qui seront ensuite réunis par l’auteur – le Panthéon charivarique de Roubaud, le Panthéon Nadar, ou Le Potager républicain d’Alfred Le Petit. Le dessin, enfin, peut prendre prétexte d’un événement – intervention politique, discours, élection, fête, funérailles –, de la publication d’une œuvre ou d’une représentation théâtrale. Hormis celles qui illustrent une biographie ou une étude sur l’auteur, elles sont donc toutes liées à une actualité.

Liberté de la presse et censure

Tous les gouvernements du XIXe siècle, empires, monarchies ou républiques, ont pratiqué la censure – que l’on surnommait alors "Anastasie". La question de la liberté de la presse court donc au long du siècle avec une alternance de courtes périodes de liberté (1830-1835, février-août 1848) suivies de lois répressives (septembre 1835, juin 1848, décembre 1851, février 1852). La situation commence à s’améliorer à partir de 1868. La loi du 29 juillet 1881 assurant la liberté de la presse est toujours en vigueur.
Les mêmes mécanismes de contrôle et de répression se répètent d’un texte à l’autre : interdictions spécifiques (par exemple de toute caricature à caractère politique, des attaques contre les assemblées, le président, l’empereur, etc.), contrôle économique (droit de timbre, droit de poste, cautionnement) et contrôle juridique (autorisation préalable avant publication, censure, responsabilité des directeurs de journaux, droit de suspension, avertissements, procès…).

Victime lui-même de la censure pour deux de ses pièces de théâtre ou témoin des condamnations, suspensions et procès
intentés à L’Événement, Victor Hugo n’a cessé de réclamer et de défendre la liberté de la presse. Il n’a donc jamais interdit qu’on
le caricature, ni protesté contre aucun dessin le représentant, fût-il à féroce.

Caricatures et journaux politiques
Les journaux dans lesquels sont publiées les caricatures sont, presque tous, des journaux à vocation comique ou satyrique – lointains ancêtres de Charlie Hebdo ou du Canard enchaîné. Ce sont également, tous, des journaux dits "d’opinion", qui ont une ligne politique et prennent parti, même quand ils traitent d’une actualité littéraire. Certains sont républicains – Le Charivari, La Lune, Le Grelot… –, d’autres plutôt monarchistes – Le Caricaturiste, Le Triboulet…
À mesure que le positionnement politique de Hugo évolue, son traitement dans ces journaux varie : Daumier et Le Charivari sont plutôt défavorables au Hugo de 1848 mais très bien disposés envers celui de 1870. Les journaux légitimistes ou monarchistes, tout comme les journaux catholiques, lui restent globalement hostiles de 1849 jusqu’à sa mort.

Pratique

Maison de Victor Hugo
6, place des Vosges-75004 Paris
Métro : Saint-Paul (1), Bastille (1, 5, 8),
Chemin-Vert (8)
Bus : 20, 29, 65, 69, 96
Vélib : 27, boulevard Beaumarchais,
26, rue Saint-Gilles, 36, rue de Sévigné
Tél. : 01 42 72 10 16
www.maisonsvictorhugo.paris.fr



Pierre Aimar
Jeudi 23 Août 2018
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