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Opérette, par Moussu T e Lei Jovents à l'Espace Comedia, Toulon, le 13 mars à 20h45

Au fur et à mesure de ce bain d’opérette, nos grands anciens et notamment le génial parolier René Sarvil (René Crescenzo de son vrai nom) sont devenus de plus en plus proche de nos pratiques et de nos préoccupations jusqu’à finalement nous donner l’impression qu’en interprétant leurs oeuvres, nous jouions nos propres compositions. C’est dans cet esprit et loin de toutes idées de musicologie ou de maintenance que nous proposons ce petit florilège de chansons qui, pour nous, ne sont pas des pièces de musée mais des compagnes de notre quotidien toujours
efficaces. Moussu


Moussu T © Christine Cornillet
Moussu T © Christine Cornillet

L’opérette marseillaise : toute une histoire !

"J’aimerais que les gens n’oublient pas les vieilles chansons, en même temps qu’ils en inventent de nouvelles !"… C’est l’immense "folk-singer" protestataire américain Pete Seeger (1919-2014) qui parlait ainsi. Eh bien ! Moussu T e lei Jovents sont l’illustration même de ce vœu ! Imprégnés depuis toujours de la tradition chansonnière marseillaise – comme du blues, du reggae, du rock etc. – ils ont emprunté "de longue" à cette tradition, à ce "folklore" nombre de leurs thèmes d’inspiration, citant volontiers tel ou tel de ses refrains fameux, revisitant même à leur manière l’une ou l’autre de ses chansons, en autant d’aimables coups de chapeaux aux "anciens", de signes de reconnaissance attestant d’une filiation avouée et librement consentie.

Ils ne pouvaient dès lors que prendre plus vivement leur envol et, de leurs instruments réunis, – la voix, les percussions, la batterie, la contrebasse, la guitare et le banjo (celui-là même qu’illustrèrent à la fois Pete Seeger et Lincoln Agrippa Daily, "Banjo" pour les intimes, le héros du livre de Claude McKay) – inventer tout bonnement, ce que l’on peut appeler aujourd’hui une "nouvelle chanson marseillaise". Rèn qu’acò !
Et les voici qu’ils s’emparent carrément des airs de l’opérette marseillaise, qu’ils se les approprient – et avec quelle gourmandise, quelle espièglerie réjouissantes ! – et qu’ils intitulent fièrement la sélection de leur cru "Opérette" ! Magnifique hommage aux inventeurs du genre dans les années 1930 et "en même temps" (comme disait Pete Seeger) recréation contemporaine à l’intention des jeunes auditeurs de 2014.

Au générique de leur CD, douze chansons datées des années 1932-1939. Neuf d’entre elles tirées d’opérettes de l’équipe René Sarvil, Henri Alibert, Vincent Scotto, souvent associée à Raymond Vinci ; une, empruntée à une revue signée Vincent Telly et Charles Borel-Clerc ; une autre écrite par Léo Lelièvre fils, Fernand Rauzéna et René Sylviano pour un film d’Ayres d’Aguiar ; enfin, une chanson isolée mais pas la moins célèbre, œuvre de Vinci et Alibert pour les paroles et de Georges Sellers pour la musique. A quoi s’ajoute un délicieux "bada" : le "Vòli anar monte vas", adaptation en occitan de la mélodie américaine de 1925 "Then, I’ll be happy" que popularisa chez nous Josephine Baker ; un joli clin d’œil de Tatou et des siens à leur propre création musicale franco-américaine "Zou ! Shake that thing" présentée en mars 2009 à la Cité de la Musique de Marseille avec la complicité de la chanteuse new-yorkaise Arlee Leonard, et ce en hommage à Claude McKay, auteur du fameux "Banjo", roman publié en 1929, qui a pour cadre la basse ville de Marseille "pendant les années du jazz et de l’Exposition coloniale". Jacques Bonnadier

Pratique

Espace Comédia
10 Rue Orves
83000 Toulon

+33 4 94 42 71 01
www.espacecomedia.com



Pierre Aimar
Mercredi 11 Février 2015
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