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Notre-Dame de Paris, 1000 chênes pour reconstruire la flèche de 96 m de haut

Les premiers chênes qui serviront à la restitution de la flèche de la cathédrale Notre-Dame de Paris ont été sélectionnés le 5 mars 2021 en forêt de Bercé par Philippe Villeneuve et Rémi Fromont, architectes en chef des monuments historiques, en présence de Roselyne Bachelot, ministre de la Culture, de Julien Denormandie, ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation, du Général d’armée Jean-Louis Georgelin, président de l’établissement public chargé de la conservation et de la restauration de la cathédrale Notre-Dame de Paris, de Bertrand Munch, directeur général, Office national des forêts (ONF) et de Michel Druilhe, président de France Bois Forêt.


Récolte du chêne numéro 1, en forêt domaniale de Bercé (Sarthe) © David Bordes / Etablissement public chargé de la conservation et de la restauration de la cathédrale Notre-Dame de Paris
Récolte du chêne numéro 1, en forêt domaniale de Bercé (Sarthe) © David Bordes / Etablissement public chargé de la conservation et de la restauration de la cathédrale Notre-Dame de Paris
La restitution de la flèche de Viollet-le-Duc, dont l’ossature est entièrement en bois de chêne massif, et des charpentes du transept et de ses travées adjacentes nécessite environ 1 000 chênes, dont la récolte était programmée en 2021. Leur identification, dans le cadre de la gestion durable des forêts,
s’est déroulée de janvier à fin février, afin qu’ils puissent être récoltés d’ici la fin mars, avant leur montée en sève, puis débardés et sciés. Les bois seront ensuite entreposés entre 12 et 18 mois pour atteindre un taux d’humidité de moins de 30%, avant d’être mis à la disposition des charpentiers.
Parmi eux, huit chênes de plus d’un mètre de diamètre et de plus de vingt mètres de grume utile d’une courbure spécifique sont nécessaires à la réalisation de pièces exceptionnelles pour le tabouret de la flèche.

Tous les opérateurs de la filière forêt-bois française, regroupés au sein France Bois Forêt, l’interprofession nationale créée sous l’égide du ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation, se sont organisés à travers la France pour identifier et fournir gracieusement les chênes nécessaires à la restitution de la flèche, du transept et de ses travées adjacentes.

Les chênes seront issus pour moitié des forêts publiques – 32 forêts domaniales et 70 forêts communales –, l’autre moitié proviendra de près de 150 forêts privées.
Si une majorité de chênes provient des régions françaises productrices de chênes de qualité suffisante à la restitution de la flèche (Bourgogne, Centre Val de Loire, Grand Est, Pays de la Loire, Normandie) l’ensemble des régions métropolitaines est représenté, certains chênes provenant notamment de
Provence-Alpes-Côte-d’Azur, d’Occitanie, de Nouvelle-Aquitaine et d’Auvergne-Rhône-Alpes.
Si certains dons proviennent des forêts les plus prestigieuses (Bercé, Tronçais, Chantilly, Epernay, Vibraye…), d’autres le sont aussi de forêts plus modestes.
Des chênes sont aussi proposés par des donateurs étrangers ; ils contribueront ultérieurement, compte tenu des contraintes calendaires et dans la mesure des possibilités techniques et logistiques, à la restauration des charpentes du grand comble (nef et choeur), aux côtés de chênes français.

Répartition des bois selon les régions
- Deux régions apportent plus de 200 chênes : Grand Est et Centre Val de Loire,
- Deux régions contribuent à hauteur de 150 à 200 chênes : Ile-de-France et Bourgogne Franche-Comté
- Deux régions entre 50 et 100 chênes : Normandie et Pays de la Loire

Roselyne Bachelot, ministre de la Culture © David Bordes / Etablissement public chargé de la conservation et de la restauration de la cathédrale Notre-Dame de Paris
Roselyne Bachelot, ministre de la Culture © David Bordes / Etablissement public chargé de la conservation et de la restauration de la cathédrale Notre-Dame de Paris
De gauche à droite : Bertrand Munch, directeur général, Office national des forêts (ONF), Général d’armée Jean-Louis Georgelin, président de l’établissement public chargé de la conservation et de la restauration de la cathédrale Notre-Dame de Paris, Julien Denormandie, ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation, Roselyne Bachelot, ministre de la Culture, Philippe Villeneuve et Rémi Fromont, architectes en chef des monuments historiques, en forêt domaniale de Bercé (Sarthe).

Localisation de la flèche, des charpentes du transept et des travées adjacentes

Source : synthèse réalisée par les agences de Philippe Villeneuve, Rémi Fromont et Pascal Prunet, architectes en chef des monuments historiques
Source : synthèse réalisée par les agences de Philippe Villeneuve, Rémi Fromont et Pascal Prunet, architectes en chef des monuments historiques

Description sommaire de la flèche dessinée par Viollet-le-Duc

L’exceptionnel élancement de la flèche d’Eugène Viollet-le-Duc, qui culminait à 96 mètres au-dessus du parvis, était rendu possible grâce au large empâtement de son tabouret - dont ses quatre pieds prenaient appui juste au-dessus des quatre piliers intérieurs de la croisée du transept -, et à l’ingénieuse conception structurelle de sa souche.

L’ensemble formé par le tabouret et la souche fonde et « enracine » efficacement la flèche à son socle de maçonnerie.

Le tabouret, situé au revers des murs bahuts de la croisée du transept, permettait d’asseoir le reste de la flèche par l’intermédiaire de sa souche - bien nommée, en référence à celle d’un arbre. C’est dans celle-ci que s’entrecroisaient et s’assemblaient plusieurs éléments structurels qui la composaient : les fermes périphériques, les demi-fermes diagonales, les faitages/pan de bois et le fût octogonal qui émergeait du raccord des combles au droit de la croisée du transept.

Ce fût amorçait l’élévation de la flèche par l’intermédiaire de deux étages ajourés. Ces deux niveaux superposés étaient composés de garde-corps, de baies, de colonnes, colonnettes, d’arcs et de gâbles élancés. Les poteaux/contreforts, légèrement inclinés, soulignaient les arêtes de ces deux niveaux ajourés. Ils se terminaient par deux niveaux de pinacles acérés. Les 8 gâbles et les 16 pinacles qui pointaient vers le ciel marquaient le départ de l’aiguille, élément très élancé, qui couronnait la flèche. Les 8 arêtiers et les 8 noues, en fort retrait, augmentaient l’effet de légèreté et d’élancement de ladite aiguille.

Source : synthèse réalisée par les agences de Philippe Villeneuve, Rémi Fromont et Pascal Prunet, architectes en chef des monuments historiques


Établissement public chargé de la conservation et de la restauration de la cathédrale Notre-Dame de Paris
Dimanche 11 Avril 2021
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