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Mozaïc Songs

Mozaïc Songs, on aura beau dire, ce n’est pas de la « chanson jazzy ». Si vous cherchez une musique d’ambiance feutrée pour faire papier peint sonore dans un restaurant chic, passez votre chemin, rideau. Mais alors, de quoi s’agit-il ? D’un métissage ? D’une rencontre improbable entre « jazz » et « chanson française » ? Encore de quoi prescrire de l’aspirine aux disquaires (s’il en existe encore), qui vont peiner à savoir dans quel bac ranger la chose. Ce n’est pas si simple.


Mozaïc Songs

De la chanson à forte teneur en jazz...

Chansons, donc, « songs » - comme le sont d’ailleurs la plupart des standards de jazz, qui, avant d’être un terrain de jeu pour des improvisateurs risque-tout, furent des chansons de Broadway, que les radios américaines des années 30 et 40 passaient à longueur de nuit, et que les employés et les secrétaires sifflaient sans s’en rendre compte en se rendant au bureau. Et puis, combien de musiciens de jazz nous disent que pour bien jouer un standard, il faut connaître les paroles de la chanson, que le saxophone de Lester Young ou la trompette d’Armstrong étaient une autre dimension de leur voix ?…

Chansons, aussi, comme celles de Vian, de Nougaro, d’Henri Salvador, de Gainsbourg, qui savaient bien que le swing, c’est pas pour décorer, c’est pas pour faire joli, c’est pour faire danser les mots. Avec ce léger déséquilibre, qui est un autre nom de la souplesse, toujours un peu en retard, et en même temps prête à rebondir, la voix de Serge Casero s’inscrit dans cette tradition. « Méfiez-vous de moi », prévient le chanteur de J’suis dans l’swing. Faudrait pas croire au crooner. Il y a toujours un pari, qui est celui de l’improvisateur qui entre dans son chorus, qui est finalement celui de la prise de parole, risquer un mot, son timbre, ses respirations.
Mozaïc Songs, ce sont des petits carrés de sons collés les uns aux autres, entremêlés à la flûte de Carl Schlosser, à la guitare de Pascal Corriu, des mots qui s’ajointent grâce aux arrangements de Raphaël Lemonnier et, dessinent finalement des formes rythmées par le duo Naima Guirou/Lionel Martinez, mots qui sont un clin d’œil aux muses, source commune de la mosaïque et de la musique.


Matthieu Mavridis
Mercredi 14 Février 2018
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