Sortir ici et ailleurs, magazine des arts et des spectacles

Membre du Syndicat de la Presse Culturelle et Scientifique (SPCS) et de la Fédération Nationale de la Presse Spécialisée (FNPS)



Madrid. La collection Thyssen Bornemisza, tradition et prestige d'un héritage, par Jacqueline Aimar

La collection Thyssen Bornemisza présentée à Madrid dans le musée du même nom, se présente comme l'une des plus belles collections privées de peinture au monde, la seconde après celle de la Reine d’Angleterre.


Vista exterior del Palacio de Villahermosa (Museo Thyssen-Bornemisza) de Madrid (España) © Luis García
Vista exterior del Palacio de Villahermosa (Museo Thyssen-Bornemisza) de Madrid (España) © Luis García
Son origine tient dans l'acquisition qu'a faite le gouvernement espagnol, en juillet 1993, de la majeure partie de la collection d'art réunie à Lugano par la famille Thyssen-Bornemisza, en complément des pinacothèques et des collections nationales déjà existantes.

Au fil des générations, la Famille Thyssen-Bornemitsa avait réuni de nombreuses œuvres aujourd'hui exposées dans les salles du musée Thyssen, un superbe bâtiment en bordure du paseo Prado, au n° 8, presque en face d’un autre musée glorieux, le Prado. « C'est l'architecte Rafael Moneo qui rénova et aménagea le palais de Villahermosa, une construction du début du XIXe siècle, pour en faire ce musée. Il a souvent été dit que ce musée était le complément parfait des musées du Prado et du Reina Sofía, car il comble les manques de leurs collections respectives ».

Au musée Thyssen, la collection constituée de très grandes œuvres est entièrement consacrée à l’art européen, de 1290 au Pop art. Elle permet de parcourir les « ismes » de l'art, en commençant par l'impressionnisme. S’il s’agit pour l’essentiel de peintures, on y trouve aussi des sculptures en marbre commandées par August Thyssen à Auguste Rodin. C'est surtout son fils Heinrich qui, profitant des faillites entraînées par la crise de 1929, agrandit considérablement la collection par l'acquisition de tableaux rares des XIVe et XVe siècles ainsi que de primitifs flamands et d'œuvres de la Renaissance allemande ; par la suite, il collectionna aussi la plupart des grands noms de l'art occidental des XVIe, XVIIe et XVIIe siècles.
Hans Heinrich a ouvert la collection sur le XIXe siècle et sur l'impressionnisme, ainsi que sur l'avant-garde du XXe siècle et la peinture américaine du XIXe siècle.

En 2004, Carmen, veuve de Hans Heinrich Thyssen, a enrichi le musée de près de 200 œuvres, notamment de peinture catalane, qui sont exposées à Barcelone.

Récemment, un nouveau bâtiment a été ajouté à ce musée ; il abrite la collection de Carmen Thyssen-Bornemisza, dans 18 salles, dont deux sont destinées aux expositions temporaires. En cet été 2012 un autre bâtiment semblait être en construction.

A foison, des œuvres remarquables

On peut ainsi y voir, de Picasso, un chef-d’œuvre du cubisme analytique, L’Homme à la clarinette, dans lequel la vaste gamme d’ocres et de gris confère à l’ensemble, d’étonnants contrastes dans les tons et de remarquables effets picturaux. Et toujours de Picasso, Les Moissonneurs dans lequel l’artiste donne aux personnages une grande liberté de mouvement, évoquant la santé et l’harmonie.

Georges Braque est également présent au travers d’une marine, l’Estaque et Degas par sa Danseuse basculant ou danseuse verte. Alors que Willem Kalf, offre dans le plus bel effet baroque des effets de transparence, des lueurs opalescentes rares, dans un nuancier très raffiné.

En contraste mais en accord avec l’exposition Hopper toute proche, et de la même époque, un étonnant « New York sous la lune » de Georgia O’Keeffe, proche par les géométries froides et le cadrage très photographique de la vision d’une Amérique vide aux images simplifiées qu’on appelle le précisionnisme. « NY ne peut être peinte comme elle est, mais comme on la ressent. » affirme Georgia O’Keeffe affirmant sa grande passion pour cette ville immense, à la fois pleine et vide des humains. On y trouve également la Mata Mua (autrefois) de Gauguin dans lequel le personnage semble venu des chambres solitaires de Hopper.
L’immense collection infiniment variée offre dans ce beau lieu un infini plaisir de rencontres d’art et d’époques.
Jacqueline Aimar

Museo Thyssen-Bornemisza
mtb@museothyssen.org
Palacio de Villahermosa, Paseo del Prado 8
Madrid, 28014 España
902 760 511


Pierre Aimar
Mercredi 3 Octobre 2012
Lu 345 fois


Nouveau commentaire :


Dans la même rubrique :
1 2 3 4 5 » ... 202





Inscription à la newsletter







Un Ovni dans le ciel d'Arles...