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Louis Philippe et Versailles, exposition du 6 octobre 2018 au 3 février 2019

Pour la première fois, le château de Versailles consacre une exposition d’ampleur à Louis-Philippe qui transforma l’ancienne résidence royale en musée dédié « à toutes les gloires de la France ».


Le roi Louis-Philippe et ses fils sortant par la grille d’honneur du château de Versailles après avoir passé une revue militaire dans les cours, 10 juin 1837, Horace Vernet
Le roi Louis-Philippe et ses fils sortant par la grille d’honneur du château de Versailles après avoir passé une revue militaire dans les cours, 10 juin 1837, Horace Vernet

L’exposition permettra de rappeler ce moment décisif pour Versailles qui connaîtra, dès lors, une nouvelle vie. Elle insistera également sur l’implication directe du roi dans ce projet, sur son goût pour l’histoire et sur sa volonté de mettre en scène l’histoire nationale.

L’exposition sera présentée dans les salles d’Afrique, dont les toiles commandées par Louis-Philippe seront dévoilées au public. En prolongement, elle proposera une véritable plongée dans le Versailles du xixe siècle. Ainsi, les décors de théâtre réalisés pour l’inauguration des Galeries Historiques, le 10 juin 1837, seront montés sur la scène de l’Opéra royal. Le public pourra s’immerger dans les salles des Croisades, la salle des États-Généraux, ou encore la salle du Sacre et la salle 1792, toutesdeux restaurées pour l’occasion. Il verra également les galeries de pierre telles qu’elles étaient à l’époque, les bustes d’origine et les luminaires Louis-Phillipe y étant réinstallés.

Héritier de la famille d’Orléans, Louis-Philippe

a peu d’histoire commune avec le Versailles de l’Ancien Régime. Toutefois, dès son accession au trône en 1830, il marque son intérêt pour le palais et s’emploie à le transformer en monument national. Son but est certes de réconcilier les Français, mais surtout d’inscrire son règne dans l’histoire nationale.
Dès lors, deux Versailles cohabitent. La résidence royale dans le corps central, avec les Grands Appartements restaurés et remeublés, conservent leur appellation et leur destination. L’ancienne monarchie est surtout évoquée dans l’appartement du Roi, avec la chambre qui marque le point d’orgue de la visite. Ailleurs, dans les ailes du Nord et du Midi, des chantiers considérables sont entrepris. Louis-Philippe crée des Galeries Historiques d’une extrémité à l’autre du palais, ponctuant ainsi le parcours d’importants ensembles iconographiques : la galerie des Batailles, de Tolbiac à Wagram, la salle des États-Généraux et la salle de 1792, la salle du Sacre de Napoléon à laquelle répond la salle de 1830 à la gloire du nouveau monarque, et enfin les salles des Croisades et les salles d’Afrique restées inachevées en 1848 à la chute de la Monarchie de Juillet.

Pour la mise en œuvre de ce projet, l’architecte du palais, Frédéric Nepveu s’inspire du vocabulaire décoratif des Grands Appartements, mais utilise de nouvelles techniques, en particulier une structure métallique qui permet l’éclairage zénithal de la monumentale galerie des Batailles.

Le programme iconographique pour Versailles appuie le discours politique de Louis-Philippe qui a hérité de son éducation une conscience aiguë de l’histoire, avivée par la Révolution française et par la sensibilité romantique de l’époque. Les nombreuses œuvres commandées illustrent ainsi une histoire événementielle, ponctuée de noms glorieux. Il fait revivre les héros de la France depuis Pharamond jusqu’aux événements les plus récents de la Monarchie de Juillet. En transformant l’ancienne résidence des Bourbons en musée ouvert à tous, le Roi confirme sa vision pédagogique d’un palais au sein duquel les tableaux se lisent comme un livre d’images, en accompagnement d’un discours politique. Versailles n’est plus seulement un lieu de mémoire, il devient un lieu didactique.

i[Ce que Louis-Philippe a fait à Versailles est bien. […] C’est avoir mis une idée immense dans un immense édifice, c’est avoir installé le présent chez le passé, 1789 vis-à-vis de 1688, l’empereur chez le roi, Napoléon chez Louis XIV ; en un mot, c’est avoir donné à ce livre magnifique qu’on appelle l’histoire de France, cette magnifique reliure qu’on appelle Versailles.]i
Victor Hugo
Feuilles paginées III, dans Œuvres complètes, Paris, le club français du livre, 1967- 1970, t5, p.105-1016



Pratique

commissariat de l’exposition
Valérie Bajou, conservateur en chef au château de Versailles
scénographie, Hubert le Gall

Catalogue de l’exposition
Co-édition château de Versailles / Somogy
Sous la direction de Valérie Bajou



Pierre Aimar
Mardi 11 Septembre 2018
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