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Jean-Claude Casadesus et la 2eme Symphonie de Mahler

Un coffret chez Evidence désormais de référence


Une Résurrection pour l'éternité

Jean-Claude Casadesus et la 2eme Symphonie de Mahler
Il y a comme çà des enregistrements qui comme un bon vin se découvrent longtemps après leur parution et qui avec le temps se bonifient comme le meilleur cru.
Pour preuve cette Deuxième de Gustav Mahler, un peu passée à la trappe à sa parution voici cinq ans (captations sur deux soirées les 20 et 21 novembre 2015) et que l'on découvre avec le plus grand plaisir.
On ne sort jamais indemne d'une audition de cette Deuxième de Mahler, en public, comme au disque. Première du genre à solliciter un chœur monumental et des voix solistes, autobiographique, cette "Résurrection", parcours semé de vertigineux abîmes, d’épisodes terrifiants, est pleine d’amertume, de crises, de souffrance, d’angoisse, de misère, de mystère, de cynisme même.
L’Urlicht, chanté par la mezzo soliste, recueille, on le sait, toutes les larmes du monde. Et l’apothéose, dans une déflagration cosmique très hollywoodienne avant l’heure, laisse s’épanouir la manifestation du Ciel et se révèle bien comme une ultime offrande, telle une rémission espérée, une aspiration à la sérénité, à la plénitude.
Un français dans cette œuvre mérite curiosité et respect. Dans la belle acoustique de l'Auditorium du Nouveau Siècle à Lille, notre Jean-Claude Casadesus national, international, intergalactique n'y va pas par quatre chemins.
Son souci de diversifier les atmosphères et de mettre en valeur chaque détail inspire d'emblée la sympathie.Si dans le mouvement initial, le second thème s'étire un tantinet, la suite s'oriente vers une rêverie à la Schumann ou une méditation à la Massenet du plus superbe effet, au point qu'on en oublie totalement le tempo initial.
Dans l'Andante, le Länder trouve çà et là la grâce d'une danse de cour cérémonieuse et le Scherzo son humour grinçant.
Le meilleur moment de ce coffret est peut-être l'Urlicht grâce à la voix de velours de la mezzo Hermine Häselbock, au souffle prodigieux, qui lui permet de résister aux tempos funèbres voulus par le compositeur.
Grâce à une prise de son fantastique de clarté et de réalisme, une théâtralisation constante des effets et des climats, Jean-Claude Casadesus atteint ici à des sommets de puissance et d'éclat.
On sait que l’apocalyptique dernier mouvement est un long périple de l’ombre vers la lumière. Ici l'apothéose restera plus hollywoodienne que biblique – qui s'en plaindrait ? - mais la voix angélique d'Olena Tokar remet un peu les choses à leur place.
Les tempi démoniaques du Chef pousseront à l’extrême le jeu des musiciens, le souffle des chanteurs et celui du Choeur Philarmonique Tchèque de Brno, pour une mise en scène d'un Finale pleine de grandeur et à l'efficacité indéniable.



Gustav Mahler (1860-1911) : Symphonie n° 2 Résurrection.
Olena Tokar – Hermine Haselböck
Orchestre national de Lille – Choeur Philarmonique Tchèque de Brno, Peter Fiala
Jean-Claude Casadesus.

2015.  84 ".
Evidence. EVCD027


Christian Colombeau
Mardi 19 Janvier 2021
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