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Grignan, galerie Terres d’Ecritures : Gérard Parent aux écritures

Dans le village de Grignan, si littéraire grâce à son Festival de la Correspondance, si joliment perché, si gracieux grâce aux anglaises bouclées de sa Marquise, Madame de Sévigné pour qui l’ignorerait encore, il manquait une galerie consacrée à l’écriture et à la calligraphie.


Terres d’Ecritures est venue combler ce manque et propose des artistes et des genres résolument modernes, toiles souvent carrées, souvent lumineuses et d’une grande sobriété.
Attirés par les graphismes tourbillonnants de Gérard Parent et son utilisation du noir sur le blanc ( parfois souligné d’un brin d’ocre) nous y avons rencontré son écriture si légère et mobile et sa façon d’emplir la toile comme si le monde avait avant, commencé, et durait encore après, sans s’arrêter à rien.
Autour de lui, des graphismes différents et intéressants, souvent des calligraphies, parce que « écrire c’est déjà mettre du noir sur du blanc » de la gravure, en zébrures, en jeux de reliefs à peine ombrés, œuvres délicates et lumineuses.
La directrice de ce lieu d’art, Christine Macé, a fondé Terres d’écritures en 1999 afin de réunir ici à Grignan, écriture littéraire et écriture calligraphique.
Vinrent alors, Laurent Rebena, Monica Dengo, Ye Xin, Christine Dabadie-Fabreguettes pour la Chine et Abdallah Akar pour la Tunisie. Il fallait proposer calligraphie arabe et calligraphie latine, fondement de notre langue.
Véritable hommage à vertu des mots, les signes, outre le fait qu’ils abolissent les limites du temps et de l’espace, permettent la transmission et la conservation de la pensée du monde. Ils ont donc une incroyable puissance.
Les artistes présentés en ces lieux participent par leurs signes à la puissance de ce mouvement de transmission.
Jacqueline Aimar

Note : La galerie Terres d’Ecritures avoisine le Musée du Livre et de la Typographie.
Grignan, galerie Terres d’Ecritures : Gérard Parent aux écritures

Eloge des sous-bois

Je me suis perdu dans la lumière des sous-bois
J’ai pensé tout haut en marchant.
Tout est rempli.
Les trous de lumière sont des blancs.
Difficile de laisser des blancs.
Je veux remplir, je ne suis pas plein.
Je n’accepte pas cette défaillance.
Petite fenêtre dans une peinture du Caravage.
J’erre.
Je m’enfonce dans l’obscur comme un caillou dans un creux.
Je voudrais être une feuille morte, une racine, un bois mort, un champignon ou juste un peu de terreau.
Comment dire ?
Je m’échappe et je rêve, j’entends la mer : le vent dans les feuilles.
Je marche.
Une arche de bois tordus s’affaisse.
Il y a de l’abandon et de l’humus.
Et la bruyère comme un répit.
Des brindilles et des lichens comme des cheveux en désordre.
Je m’arrête et gratte la terre sous les feuilles pour chercher encore.
Une bête à bon dieu retournée agite ses pattes, je la remets d’aplomb.
Je pense : si j’étais sur le dos, y aurait-il une main qui me remette sur mes pieds?
Car il est difficile d’écrire sur le dos !
Des petites bêtes s’agitent et d’autres minuscules que j’imagine.
La vie est toujours la plus forte.
Un jour peut-être le trait de mon pinceau sera aussi vivant ou mort que ces bois recouverts de mousse.


Gérard Parent, novembre 2009


Pierre Aimar
Lundi 6 Août 2012
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