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« Faces Then ». Portraits de la Renaissance aux Pays-Bas, Bozar Bruxelles, du 6 février au 17 mai 2015

À travers une cinquantaine de portraits exceptionnels issus des Pays-Bas historiques, « Faces Then » dresse un bel aperçu des différents types de portrait et de leur fonction au XVIe siècle. Il s’agit de la première grande rétrospective sur ce thème depuis 1953.


Ambrosius Benson Portrait of a Man c. 1530 Huile sur bois Private Collection
Ambrosius Benson Portrait of a Man c. 1530 Huile sur bois Private Collection
L’art du portrait connut son âge d’or au XVIe siècle. Pendant des siècles, seuls les saints et les souverains bénéficiaient du privilège de voir leur portrait couché sur la toile. Dès la fin du XVe siècle, la part de cet art augmenta de manière exponentielle avec l’économie, et la bourgeoisie fortunée se fit de plus en plus fréquemment immortaliser.

Les œuvres de l’exposition dénotent une qualité esthétique sublime et témoignent de l’excellence de la technique des artistes. La région historique des Pays-Bas (Anvers, Bruges, Bruxelles, Amsterdam, Utrecht, Haarlem…) s’est forgé la réputation d’être l’un des centres les plus importants de l’art du portrait. Des maîtres tels que Quentin Metsys, Joos van Cleve, Simon Bening, Ambrosius Benson, Joachim Beuckelaer et Catharina van Hemessen ont immortalisé leurs contemporains dans des toiles d’une beauté renversante et merveilleusement détaillées, dont le réalisme n’a rien à envier à la photographie.

L’exposition comprend quelques pièces rares, comme le Portrait de dame âgée (Musée des Beaux-Arts de Caen) de Frans Floris de Vriendt, le Portrait de Jan Van Scorel (Society of Antiquaries) d’Anthonis Mor ou encore le Portrait d’homme (collection privée) d’Ambrosius Benson. L’Autoportrait (Galleria degli Uffizi) d’Anthonis Mor est notamment une œuvre de référence dans l’histoire de l’art.

Portrait et identité

Les artistes des Pays-Bas partaient du principe que le monde perceptible était la création de Dieu et qu’il devait être laissé intact. Voilà pourquoi ils aspiraient à une représentation la plus fidèle possible à l’original. Par l’ajout de légères imperfections, telles que des rides, des cicatrices ou des taches de naissance, ils tentaient de saisir les éléments qui font de l’homme un individu. Leur vision était diamétralement opposée aux conceptions des artistes de la Renaissance italienne, comme Botticelli, Michel-Ange ou Léonard de Vinci : ces derniers essayaient d’idéaliser les personnes dépeintes et de rechercher le caractère universel de l’être humain. La confrontation entre les deux visions ouvrit la voie aux expériences : les artistes recherchèrent une synthèse entre ces deux conceptions, et une multitude d’interprétations du portrait, sans précédent, vit le jour à cette époque.

L’aspiration à ladite « représentation pure de la réalité » est inévitablement vouée à l’échec. En effet, toute œuvre d’art s’avère une interprétation artistique de la réalité par son auteur. Par le choix de la pose, des vêtements, du décor ou des attributs, un portrait constitue, en soi, une construction de l’identité de la personne représentée. Ce phénomène soulève des questions passionnantes sur la relation entre la personne dépeinte et l’artiste, sur l’image que la personne illustrée a d’elle-même et sur la manière dont elle veut se présenter au monde extérieur.

Commissaires
Till-Holger Borchert, historien de l’art né en Allemagne et spécialisé dans l’art des XIVe et XVe siècles, est commissaire en chef des musées Groeninge et Arentshuis à Bruges depuis 2003. Il est aussi reconnu en tant qu’auteur d’ouvrages sur l’art des Pays-Bas. L’une des expositions les plus importantes parmi celles qu’il a organisées est Memling’s Portraits (Bruges/New York, Frick Collection/Madrid, Thyssen-Bornemisza). Son ouvrage Meesterwerk a été salué par le Financial Times comme l’un des meilleurs livres d’art de 2014.
Koenraad Jonckheere enseigne l’art baroque du Nord à l’Université de Gand. Il est l’auteur de publications sur le marché de l’art aux XVIIe et XVIIIe siècles, ainsi que sur la peinture historique et de portrait à Anvers au XVIe siècle. Il a été le commissaire de l’exposition sur Michiel Coxcie au musée M de Louvain.

Pratique

« Faces Then ». Portraits de la Renaissance aux Pays-Bas
De 06.02 jusqu’à 17.05.2015
BOZAR – Palais des Beaux-Arts
Rue Ravenstein 23
1000 Bruxelles

De mardi à dimanche: 10h > 18 (Jeudi: 10h > 21h) - Fermé: Lundi


Pierre Aimar
Mardi 27 Janvier 2015
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