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Django Drom, avec Tony Gatlif et Didier Lockwood, Grand Théâtre de Provence, Aix-en-Provence, le 12 janvier 2011

Django Reinhardt aurait eu cent ans en 2010. Et sa musique aux semelles de vent, joyeuse, insaisissable, plane toujours sur les routes du monde comme dans les caves où l’on fait du jazz.
Pour lui rendre hommage, Tony Gatlif, le plus“rom” des cinéastes, a bâti un spectacle bigarré, jubilatoire, plein d’extravagances.


Django est un passeur et un inventeur. Il voyageait, il prenait de la musique partout. On dit des musiciens que ce sont des interprètes : ils écoutent une musique et ils la refont. Mais à force de l’interpréter et de la malaxer, ils deviennent des inventeurs. Dans la musique de Django, il y a à la fois ses origines et sa personnalité. Son oreille extraordinaire, son goût pour le jazz lui permettent d’improviser génialement. Mais tous les grands musiciens font ça, Bartok, Mozart... La musique ne vient pas du ciel, mais de l’influence des uns sur les autres. Tony Gatlif

Django Reinhardt aurait eu cent ans en 2010. Et sa musique aux semelles de vent, joyeuse, insaisissable, plane toujours sur les routes du monde comme dans les caves où l’on fait du jazz.
Pour lui rendre hommage, Tony Gatlif, le plus“rom” des cinéastes, a bâti un spectacle bigarré, jubilatoire, plein d’extravagances. Sur scène, il y a des images, des sons, ceux immémoriaux du long cheminement des caravanes tsiganes ; il y a des musiciens bien sûr, Didier Lockwood dont le violon se souviendra de Grappelli, Biréli Lagrène et Stochelo Rosenberg… et beaucoup d’autres.
Gatlif a passé commande à Lockwood d’une adaptation pour quatorze musiciens dans l’esprit swing manouche du Boléro de Ravel. En 1937, Django avait lui-même composé un Boléro s’inspirant de celui de Ravel. Aussi, la nouvelle transcription permettra à des musiciens manouches et de formation classique de tisser un solide pont entre les deux genres.
Et puis il y a Django lui-même, ressuscité sur un écran, un film en forme d’évocation de la vie des tsiganes, un montage d’archives récoltées lors de ses voyages et d’images extraites de sa filmographie. Une fête totalement folle comme devraient l’être toutes les fêtes.

Tony Gatlif

Tony Gatlif © Loll Willems
Tony Gatlif © Loll Willems
C'est dans la rue, comme il aime à le dire, qu'est né Michel Dahmani, alias Tony Gatlif. Enfant débrouillard en quête de liberté, il grandit au sein d'une famille de Gitans andalous, qu'il quitte très tôt pour partir à Alger, puis en France où il débarque à l'âge de quatorze ans. Il découvre le 7e art à l'école, grâce à un instituteur qui projette des films pour captiver l'attention de ses élèves. A Paris et Marseille, entre errance et délinquance, il se faufile dans les salles de cinéma pour y dormir, saisissant au passage des images qui seront déterminantes.
En 1966, une rencontre va précipiter les événements : celle de l'acteur Michel Simon, qui va le conforter dans son envie de faire du cinéma. Il suit des cours de théâtre - il doit apprendre ses textes en phonétique puisqu'il ne sait pas lire - et se retrouve sur scène au TNP en compagnie d'un certain Gérard Depardieu. Dans les loges, il rédige le scénario de La Rage au poing, inspiré de son expérience en maison de correction, qui sera porté à l'écran par Eric le Hung en 1974.
Il passe ensuite derrière la caméra pour La Tête en ruine (1975), puis La Terre au ventre. Ce n'est qu'en 1981 qu'il commence à réaliser des films imprégnés de la culture gitane, et notamment Corre Gitano- tourné au coeur de la communauté gitane d'Espagne - ainsi qu'une trilogie sur le peuple gitan dont le premier volet, Les Princes, le révélera au public.
En 2004,Exils, périple sur la terre d'Algérie, est un retour aux racines. En 2006, il réaliseTransylvaniaprésenté en film de clôture au Festival de Cannes. Tony Gatlif présente en juin 2007 sa création Vertiges, du flamenco à la transe, qui révèle une fois de plus son goût aigu pour les émouvantes fêtes tsiganes.

Pratique

Django Drom, avec Tony Gatlif et Didier Lockwood
12 janvier • 20H30

Tony Gatlif , conception, mise en scène et réalisation filmique
Didier Lockwood, création musicale, violon
Biréli Lagrène et Stochelo Rosenberg, guitares
Ensemble de onze musiciens

Tarif de 8 à 40 €
Réservation 04 42 91 69 69


pierre aimar
Mercredi 15 Décembre 2010
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