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Théâtre du Balcon, Avignon, saison 19/20 éblouissante en devenir

« Je suis certain que cette année encore le Dieu du Théâtre viendra dans ce théâtre nous éclairer de sa grâce tant dans le public que sur scène »


Serge Barbuscia © DR
Serge Barbuscia © DR
Sans jeu de mots, il y avait du monde au Balcon pour la présentation de la saison 2019/20 de cet excellent théâtre avignonnais. Fondé en 1983 par la Cie Serge Barbuscia, le Théâtre du Balcon s’est affirmé comme un lieu permanent et emblématique de la vie théâtrale avignonnaise. Espace de création et de diffusion, le Théâtre du Balcon a contribué à la découverte et à l’épanouissement de nombreux artistes, musiciens, comédiens, auteurs… qui ont su tisser la confiance d’un public exigeant et curieux.

35 ans d’amour
35 ans de vie, de culture, d’amour des mots et d’amour des autres, celui des auteurs, des acteurs et du public, 35 ans de don de soi et de l’enrichissement du don des autres, c’est cela le théâtre du Balcon. Serge Barbuscia, le Directeur du Théâtre et son équipe impriment saison après saison, sur ces lieux emblématiques, la même passion, la même énergie, le même enthousiasme. Ce théâtre respire l’excellence et la fraternité. Ici les saltimbanques et le public ne sont plus seulement face à face, ils communient, ils se rejoignent.
Au Balcon, on aime l’Art sous toutes ses formes. Preuve en est, le déroulement de cette présentation et le propos lu par Serge Barbuscia en ouverture. Le directeur a choisi, non pas de parler de Son théâtre mais du théâtre en général et de ceux qui le portent, les acteurs. Belle leçon d’empathie et de don de soi. C’est cela Serge Barbuscia, un homme qui se donne tout entier aux autres, à tous les autres. C’est pour cela que son théâtre perdure depuis 35 ans avec le succès qu’on lui connaît et des salles pleines à chaque représentation ; l’amitié, la sincérité, la passion, comme fers de lance.

« Il faut être un peu fou, dit Serge Barbuscia, pour créer un théâtre et pendant 35 ans avoir ce souci, l’amour de donner des textes, des paroles des poètes, de revenir vers eux et de les partager avec vous et tant mieux, je suis content d’être fou. »

Vendredi 27 septembre 2019, le Théâtre du Balcon a frappé les trois coups de sa nouvelle saison

Du théâtre bien sûr, mais aussi de la danse, de la lecture, de la musique, des Universités Populaires, en un mot de la vie. La présentation de Serge Barbuscia est émaillée d’interventions musicales – envoûtant bandonéon de Yvonne Hahn jouant du Piazzola sur un texte de Pablo Neruda ou magique instrument oriental dont j’ai oublié le nom servi magistralement- interventions théâtrales - dont l’inénarrable et fantastique prestation de RUFUS- poétiques, ou encore de quelques textes par les artistes présents. C’est un moment ‘entre amis’, un moment de découverte et de fraternité, trop court, tant l’intérêt et le plaisir du public sont palpable.

« L’Art théâtral doit résister à une société virtuelle, à la gloire des écrans et conserver ses ambitions universelles en évitant de se livrer aux stigmates de la mondialisation » Serge Barbuscia

«Beaucoup d’artistes ont des petits vélos dans leurs têtes. Pour moi, ce n’est pas un vélo, c’était une vague. C’est surtout un texte d’Henri Michaux qui disait : Sur une grande route, il y avait une vague, une vague toute seule, une vague à part de l’océan. Elle n’a aucune utilité, elle ne constitue pas un jeu, c’est un cas de spontanéité magique. Je vais vous parler de ma vague. Cette vague toute seule, depuis tant d’années elle est restée en moi, sur toutes les routes. J’ai essayé de l’apprivoiser, tellement inutile et tellement nécessaire, tellement unique et tellement multiple. Avec cette vague et avec les mots d’Henri Michaux j’ai approché pour la première fois des pays lointains, en Europe, Espagne, Portugal, Pologne, puis en Chine, en Corée, au Japon… des territoires étrangers à ma langue, à ma culture, à mon tempérament. Cette petite vague solitaire a su vibrer au-delà des mots, du sens, de la logique. Elle s’est mise à explorer, à tâtonner, à deviner continuant inlassablement sa route en moi et ailleurs sans se soucier du but, du rythme, du sens, curieuse de tout, acceptant toutes les formes, toutes les géométries, toutes les pensées. Et moi comédien, au service des mots, j’ai décidé de suivre cette vague comme une alliance de tous les possibles. Des morceaux de phrases viennent ainsi frapper aux portes de ma mémoire. Des personnages apparaissent et avec eux, dans un désordre total de sens et de chronologie, les paroles de poètes ou dramaturges, oui, ils viennent là chuchoter les mots dits et redits au cours de mes spectacles. Ils sont tous là : Victor Hugo, Pablo Neruda, Federico Garcia Lorca, Guy de Maupassant, pour les plus anciens, mais aussi ceux vivants ou encore vivants il y a peu comme Hélène Pedneault, Christian Pètre, Yves Garnier, Jean-Benoît Patricot, Hugo Horiot, Matei Visniec, la liste serait trop longue. 35 ans, oui, cela fait beaucoup de monde. Ils sont tous là sans aucune retenue, complètement libérés de leurs œuvres, pointant du doigt le chemin à prendre, la phrase essentielle, celle qui reste quand on a tout oublié. Je retrouve alors les odeurs et les mots de mes personnages et lentement je mets des noms à l’oubli. Dans ce mouvement perpétuel, je poursuis ma nécessaire recherche, mon errance, et dans quel espace ? bien sûr, l’espace théâtral, ce cadre noir qui héberge l’imaginaire et fait se succéder sur le rectangle de la scène toute une série de lieux qui sont étrangers les uns aux autres. Hétérotopie rêveuse de Foucault, tu me donnes la main par-dessus la distance …. Dans ce rectangle noir il suffit de quelques acteurs et d’un tréteau pour représenter l’univers dans cet espace imaginaire où se joue la comédie humaine, nous les acteurs, que sommes-nous ? Sommes-nous la dernière figure d’un art de la mémoire et du passé ? Ou au contraire l’expression moderne qui augure ses premiers signes annonciateurs d’une civilisation vieillissante ? Sommes-nous des ancêtres ? L’Art théâtral doit résister à une société virtuelle, à la gloire des écrans et conserver ses ambitions universelles en évitant de se livrer aux stigmates de la mondialisation. Seule la sincérité peut nous guider vers la connaissance profonde, cette sincérité que tout acteur recherche au plus profond de lui-même pour approcher la vérité d’un personnage.
« Lorsque l’acteur se fait mordre par le duende, il porte alors le cri du monde, comme un chant profond dans l’univers. »
A ces mots de sincérité et de vérité j’entends dans les coulisses de mon intime le frétillement de Federico Garcia Lorca… Il a su mieux que quiconque nous parler du ‘duende’. Le duende est universel, il concerne tous les arts. Le duende ne se répète jamais. Il n’est pas fait de technique ni de forme. C’est un geste unique qui fait la différence entre l’imposture et la véritable inspiration. Cet instant unique et magique flirte avec la mort en synthétisant le dehors et le dedans. Tous les artistes connaissent ou recherchent cette exaltation. L’acteur, lorsqu’il répète agite toute son âme. La répétition est un travail d’approche avec sa sensualité et sa réserve. Il s’engage dans une quête redoutable. A la moindre erreur, il peut perdre, mais il avance comme un aveugle, à tâtons. Le jour de la représentation l’acteur doit absolument oublier son rôle. Il doit le redécouvrir, faire renaître en lui toutes les émotions et les sensations. Je dis bien renaître, redécouvrir, recréer. Et s’il a de la chance, alors, peut-être le duende se réveillera en lui. Pour l’acteur, chaque représentation reste un mystère, un combat entre lui et lui. Il croit bien jouer, souvent il ne fait que reproduire une technique apprise. Il ressemble alors à un pantin. Les bons techniciens savent donner le change, mais lorsque l’acteur se fait mordre par le duende, il porte alors le cri du monde, comme un chant profond dans l’univers. Il y a 35 ans, pour certains, je vous ai embarqué avec moi. Nous avons pu ensemble, je l’espère, poursuivre cette petite vague. Peut-être que certains d’entre vous l’ont déjà suivie, d’autres la poursuivront cette petite vague qui cherche désespérément sa route, mais quelle route ? Regardons un instant ce monde qui se fracture entre d’immenses pauvretés et de vrais surabondances, ce monde où les peurs les plus primitives refont surface, où l’intolérance prend des formes multiples : terrorisme, émigration sauvage, fanatisme, communautarisme… Alors quelle route ? Le témoignage bouleversant recueilli par Ariane Mnouchkine ne serait-il pas un signe ? Et voilà que je pense à ceux et à celles dont aucun livre ne parlera jamais, dont aucune histoire ne citera jamais les noms et les travaux engloutis par la violence, l’ignorance et la bêtise. Je pense à cette femme juive qui dirigeait un théâtre dans le ghetto de Vilno, oui un théâtre. Prenant sur sa ration de pain de chaque jour, elle pétrissait et modelait de petites poupées de mie. Et tous les soirs cette femme affamée animait ces apparitions nourrissantes faisant entrer ses acteurs de pain dans son théâtre minuscule devant des spectateurs affamés comme elle et comme elle promis au massacre, tous les soirs, jusqu’à la fin. Il faut garder la trace de cette femme comme une plaie inguérissable. Il le faut, car si nous oublions le petit théâtre de pain du ghetto de Vilno, nous perdons le théâtre. MERCI »

Demandez le programme

Dimanche 6 octobre - 16h00 J'ai Soif
Dans le cadre de la semaine italienne en Avignon.
La compagnie Serge Barbuscia nous fait redécouvrir les écrits de Primo Levi et la musique de Joseph Haydn
dans « J’ai Soif ». Présenté dans de multiples versions musicales, il sera proposé dans sa version originale, au
piano avec Roland Conil. Quand Primo Levi écrit ce texte dans l’enfer des camps, il pense à ‘L’Enfer de Dante’. C’est un texte sur la déshumanisation mais Serge Barbuscia l’a voulu lumineux. Un chef-d’œuvre ! Serge Barbuscia est admirable dans cette pièce intense où se mêlent musique, projection des acryliques de Sylvie Kajman et lumières –ô combien nécessaires- de Sébastien Lebert. La révolte de l’homme. Son cri de liberté face à l’indicible.

Rufus présente Vendredi 11 octobre - 20h00, La Piste de l'Utopiste de Rufus
« Si ça se trouve, je suis mort et je ne m’en suis même pas aperçu. Voilà ce qui m’est tombé dessus quand
j’ai lu ma rubrique funéraire. Elle annonçait que j’étais bel et bien décédé. »
Retrouvez Rufus, sublime, avec une création déjantée et poétique.

Les 15, 16, 21, 22, 23 novembre – 20H Les 17 et 24 novembre – 16H
Comment j’ai dressé un escargot sur tes seins de Matéi Visniec

« Sous la direction éclairée de Serge Barbuscia, Salvatore Caltabiano s'empare avec fougue de cette partition surréaliste pour dispenser une prestation virtuose. » FROGGY'S DELIGHT. Salvatore Caltabiano, grandiose, y est époustouflant.

Samedi 16 novembre à 17h conférebnce Eros et Thanatos
Dans le cadre des représentations de « Comment j’ai dressé un escargot sur tes seins » Présentée par le Dr Catherina KISS, psychiatre et psychanalyste, accompagnée de lectures par le comédien David SIMON.

Mardi 19 novembre 19h lecture Non de Philippe Ruchmann
Le « tout tout de suite » ne risque-t-il pas de nous enfermer un jour dans un rien pour longtemps ? Demain,
c’est maintenant !

Samedi 7 décembre 20h et dimanche 8 décembre 16H Salle Benoît XII
Hugo le visionnaire

Crée en 1996 par la compagnie Serge Barbuscia et l’Orchestre Lyrique de la Région Avignon Provence, ce
spectacle engagé, construit autour des discours politiques de Victor Hugo à l'Assemblée Nationale, est repris
à l'occasion du 35eme anniversaire du théâtre du Balcon. A ne rater sous aucun prétexte.

Vendredi 20 décembre 20h
Charles de Foucauld de Francesco Agnello

Les mots de Charles de Foucauld font résonner les étapes de sa vie dans l’amour de Jésus. Son message est
toujours brûlant d’actualité et intemporel... La mise en scène est simple laissant l’essentiel à la parole et à la musique. L’acteur Gérard Rouzier prend à coeur et à corps le texte ponctué par la partition musicale au Hang jouée par Francesco Agnello. Charles de Foucauld est une vraie rencontre et elle parle au monde. Juste un ambon et un tabouret, l’essentiel est dans le message.

Jeudi 23 janvier 19h et dimanche 26 janvier– 16h
Antoine et Cléopâtre

Dans le cadre du Fest'Hiver organisé par les scènes d’Avignon.
Cette création parle de grandes figures politiques, d’icônes édifiées, détruites, remodelées. Derrière les batailles politiques et militaires, Shakespeare lève le voile sur nos guerres intimes. Parlera-t-on un jour du Fest’Hiver d’Avignon comme on parle du Festival d’Avignon ? C’est fort possible !

Jeudi 6 février – 20h
Mère et Fils

D’après la comédie nocturne de Joël Jouanneau. Dans l’excellente mise-en-scène d’Ivan Romeuf, l’actrice Marie-Line Rossetti y est poignante de vérité.
Ce qui compte, c’est ce silence de sept années, un silence qui a brisé la relation entre une mère et son fils et
instauré entre eux une distance infranchissable.

7, 8 et 9 février « L’autre festival » : celui qui ouvre les livres !
Organisé par l'association Avignon Destination Culture, l'Autre festival présente cette année sa deuxième édition. Le théâtre du Balcon a souhaité rejoindre ce beau projet ayant pour but de réintégrer l’écriture et la lecture

Vendredi 14 février – 20h
Utopia ou la quête d’un nouveau monde de Marie Benguedda
, au profit de l’association Foll’avoine
« Cette année, pour le 14 février, nous aimerions déclarer notre amour … à la planète » (Serge Barbuscia) Et si notre conscience et notre âme nous parlaient ? Si elles nous disaient ce que nous devons faire pour changer notre société ? A travers des mots, très durs parfois, notre conscience et notre âme nous envoient un cri d'alarme dans cette pièce qui unit à la fois la voix, la danse, la musique, le visuel pour nous alerter, nous choquer, nous sensibiliser, nous charmer, nous émouvoir. "L’association Follavoine existe officiellement depuis 2009. Son objet principal est la défense et la protection de la biodiversité et des terres agricoles.

Jeudi 5 mars à 20h
The Po Boys, traditional blues

Le trio joue ce Blues rural qui prend sa source dans le Delta du Mississipi, jusqu'au Blues électrique de Chicago.Influencé par le gospel et les chants de travail, il reprend sur scène des compositions et des reprises de titres qui ont marqué l'histoire de cette musique.

Dimanche 15 mars – 16h
La Graine de Thomas Daviaud et Ursula Burkhad
– Spectacle Jeune Public – Tout public
Dans un petit nid de verdure, une graine germe doucement, pensant se trouver dans un lieu magique de transformation des couleurs.

Vendredi 27 mars - 20h30
Gharnata.

Dans le cadre du 19e festival Andalou organisé par l’Association Andalouse Alhambra

Jeudi 9 avril - 19h
L’Affaire Crochette de Jean-Noël Jeanneney

Dans le cadre des lectures du festival des Universités Populaires du Théâtre.
L'auteur sera présent au Théâtre du Balcon pour une lecture théâtralisée suivie d'un débat ouvert avec le public.

Samedi 16 mai à 20h; dimanche 17 mai à 16h
Carmen avec Octavio de la Roza, Camilla Colella

Le nouveau spectacle de la Compagnie Almamia Danse Project relève le défi et met en scène une Carmen inédite, un pas-de-deux passionné et tragique conçu par le génie créatif du chorégraphe Mauro Bigonzetti, ancien directeur du ballet de La Scala de Milan.

Vendredi 5 juin à 20h et samedi 6 juin à 20h
Le fond de l’air est rouge

Danseurs : Manon Paprotnich et Nadir Benlala. Chorégraphe : Alexandre Lesouëf
(Distribution en cours) Qu’est-ce qui nous anime, en tant qu’Homme ? Qu’est-ce qui nous change, qu’est-ce qui nous transforme ?
Les liens entre les hommes, le rapport à l’animalité sont intrinsèques à la définition de la vie, de l’existence de toute chose. Comment définir celui-ci, entre la lutte, la force, le combat et l’énergie puissante des peuples en mouvement ?
Une nouvelle résistance pour transgresser les attentes, les obligations des corps, des états. Inventer cette danse, la danse de l’homme pour dire présent, pour inventer sa résilience et l’abandon.
Danser face à face avec son humanité, son animalité. Transformer notre force, en faire un tableau vivant.
Danser pour trouver la force, la façon, la vie ou la tendance, parce que ça pourrait changer le monde…


Danielle Dufour-Verna
Mardi 1 Octobre 2019
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