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Paris, théâtre de l'Epée de Bois-Cartoucherie : La Cantate à trois Voix, de Paul Claudel, mise en scène Daniele Meyrieux & Tarik Benouarka, du 8 au 20 octobre 2018

« Trois jeunes femmes, la nuit du solstice d’été, sur la terrasse d’un château dans les Alpes, parmi les forêts, les vignes et les moissons, Laeta, Fausta, Beata, l’une latine, la seconde polonaise, la troisième Egyptienne, l’une fiancée, l’autre éloignée de son époux, la troisième veuve (…) rêvent, regardent, conversent et chantent. »


Mélodie Le Blay, Pauline Moingeon Valles, Daniele Meyrieux © DR
Mélodie Le Blay, Pauline Moingeon Valles, Daniele Meyrieux © DR
Ainsi Claudel présente-t-il ce long poème dramatique, écrit en 1911, unique dans son œuvre et dans toute la littérature française par sa perfection mélodique, la profondeur de ses thèmes et la grâce de sa méditation.

Danièle Meyrieux, metteur en scène et comédienne et Tarik Benouarka, compositeur et dramaturge, ont souhaité, pour le 150ème anniversaire de la naissance de l’auteur, remettre en lumière ce véritable chef d’œuvre du répertoire français, peu connu et très peu joué afin de partager avec un public large la beauté de sa langue et la force toute actuelle de ses thématiques.

Ils en présentent une adaptation qui ancre ses sujets éternels de la Femme et du Désir dans une modernité nouvelle et marient la poésie des mots de Claudel à une partition musicale inspirée et sensible, car dramatique, lyrique, mystique, la Cantate est aussi une œuvre musicale.

La pièce de théâtre musicale d'une heure quinze réunit, dans une scénographie originale épurée, trois comédiennes de talent : Danièle Meyrieux, Pauline Moingeon Valles, Mélodie Le Blay et une jeune violoncelliste Eléonore Siala Bernhardt dont l’instrument viendra s’enrouler autour des mots et de la musique.

L’œuvre sera créée au Théâtre de l’Epée de Bois - Cartoucherie Paris du 8 au 20 octobre 2018.

L'argument : Hymne à la Femme et au Désir

Hors du temps, projetées vers une certaine éternité… 3 femmes, aux 3 âges de la vie… 3 visages qui se complètent en un seul, une nuit, se rencontrent… Et chacune laisse alors monter en elle, le long chant de ses attentes… Comme si toute chose était dessinée par son vide, la nuit devient l’écrin de toutes pensées.

Elles invoquent, elles convoquent, l’être absent, l’être aimé… Et chacune a son histoire tandis que peu à peu se tisse, le drame intime qui ressemble au combat du désir et du possible.
C’est Laeta qui parle la première… Elle célèbre le fiancé, le promis… Celui qui n’est encore qu’un rêve et qu’elle ne connaît pas.
A son tour, vient Fausta… L’exilée… Elle parle… puissante, guerrière, elle s’adresse à celui qui est si loin d’elle et qui fut son compagnon.

S’avance enfin Beata, elle murmure le deuil de celui qui n’est plus… son mari et l’amour au-delà de la vie…

Si l’homme n’apparait pas, c’est qu’il est plus vivant, plus présent encore dans l’imaginaire de ces trois femmes.

Il s’agit de la vie comme d’une trajectoire, de l’exil et de la mort, de l’attente, des douleurs, de l’espoir, du destin dont les chemins ne seront pas fixés par les circonstances… mais par l’amour.

L'oeuvre est un hymne à la Femme, au Désir...

La forme : Une pièce de théâtre musicale

Disciple de Rimbaud et de Mallarmé, Paul Claudel, virtuose de l’art poétique, toujours à la recherche des grands secrets de la création, amoureux du dialogue de l’esprit et de l’âme, nous livre avec la Cantate à trois voix une œuvre aux multiples profondeurs.

Le poème, complexe, symbolique et puissant, tranche en apparence avec la simplicité de son argument, mais pour mieux permettre encore d’en révéler le sens.

Dramatique, lyrique, mystique, la Cantate est aussi une œuvre musicale. Aux répliques brèves des dialogues succèdent des cantiques, longs monologues poétiques, centrés sur un thème, où chaque femme à son tour va mêler sa voix à la musique pour célébrer le désir, l’attente et l’espérance.


La quête de Paul Claudel dans « La Cantate à Trois Voix »

Claudel a 44 ans quand au retour d’un séjour à Prague, il passe le mois de juin 1911 au château d’Hostel en Valromey. Là il retrouve les paysages de son enfance et compose cette œuvre singulière « La Cantate à Troix Voix ».

Ayant beaucoup voyagé et de par son expérience de diplomate, il pressent la fin de l’Europe heureuse et le début d’une autre ère, entrevue déjà en Europe centrale, un carrefour de territoires où les peuples se croisent et se heurtent. Ces déchirements seront évoqués, dans la Cantate, par Fausta, la polonaise, l’exilée, qui parle de cette patrie divisée, envahie et meurtrie.

Au cours de cette trêve printanière, Paul Claudel comprend que, lui aussi, aborde une nouvelle époque... Il garde un souvenir brûlant de sa passion pour son « Ysé » mais cette Ysé - Rosalie Vetch, amour impossible rencontré à 30 ans sur le bateau qui les menait à Pékin- a disparu. Et c’est ainsi que le poète dans sa Cantate, et d’ailleurs dans nombre de ses œuvres - le Partage de Midi, le Soulier de Satin…-
va évoquer l’absence et le désir de l’être aimé.

Claudel est homme de Désir. Selon lui, l’amour n’a de beauté que s’il n’est pas accompagné par la satisfaction et il cultive une idée d’amour impossible. L’absence, l’attente sont des feux qui brulent et entrainent au-delà de soi pour une joie sans fin, bien au-delà de la réalité de l’amour lui-même.

Ainsi Claudel crée-t-il dans « La Cantate à Trois Voix » ces trois femmes, trois vestales de l’absence, en un instant suspendu d’éternité, trois facettes de lui-même pour évoquer l’inexprimable amour qu’il a ressenti.

La mise en scène : Danièle Meyrieux et Tarik Benouarka

« La Cantate à trois Voix décrit avec finesse un monde en mutation. Notre société, comme celle de 1911, vit des bouleversements que le grand poète pressent et traduit pour nous. Claudel, comme Shakespeare, Cervantès ou Tchekhov, est capable de décrypter n' importe quel moment de l histoire.

La langue de Claudel, qui passe du quotidien au sacré, de la musique au silence, nous fait faire le saut quantique nécessaire pour percevoir les rapports entre les êtres, entre les peuples.

En écoutant les opéras de Tarik Benouarka, j’ai immédiatement associé la Cantate à trois Voix à son oratorio pour orgue La Légende de Néré et cela m’a inspiré le désir de partager la création de l’œuvre et sa mise en scène avec ce compositeur.

Créer cette nouvelle forme de la Cantate à trois Voix, c’est rendre hommage à ce grand auteur, qu’est Paul Claudel. »
Danièle Meyrieux

Pratique



Pierre Aimar
Lundi 1 Octobre 2018
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